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Peroxyde d'hydrogène : Degussa se renforce sur le marché de l'oxydation directe du propylène

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Degussa vient d'annoncer la formation d'une société commune avec l'Américain Headwaters (50-50) dont l'objectif sera de développer et de commercialiser un procédé de synthèse directe de peroxyde d'hydrogène à partir d'hydrogène et d'oxygène.
Le partenariat aura également pour but d'investir dans des unités de peroxyde d'hydrogène de grande capacité afin de permettre aux producteurs de peroxyde d'hydrogène de réduire leurs coûts. Le joint-venture, baptisé Degussa Headwaters, prévoit de finaliser le développement de son procédé d'ici à 2007 et de construire sa première usine en 2008. Le procédé sera dans un premier temps testé et optimisé au sein d'une unité pilote située sur le site allemand de Degussa à Hanau-Wolfgang. Alors que Headwaters et Degussa travaillent depuis plusieurs années sur la synthèse directe du peroxyde d'hydrogène, Shawn Abrams, directeur du segment Active Oxygen du groupe, estime que l'association avec Headwaters permettra d'accélérer le développement du procédé, alors que ce dernier est « déjà dans une phase avancée ». Le dirigeant précise que « ce process devrait permettre de réduire d'un tiers voire de moitié » l'investissement nécessaire à la construction d'une usine de peroxyde d'hydrogène destiné à l'oxydation directe du propylène en oxyde de propylène. Degussa fait partie des plus importants producteurs mondiaux de peroxyde d'hydrogène avec une capacité globale de 550000 t/an, utilisant un procédé faisant appel à l'anthraquinone. Le peroxyde d'hydrogène aqueux ainsi synthétisé est essentiellement destiné à l'industrie papetière, et la nouvelle voie de synthèse ne sera pas utilisée dans cette application. Générant du peroxyde d'hydrogène dissous dans de faibles concentrations de méthanol, il pourra être directement utilisable pour la synthèse de peroxyde d'hydrogène et de caprolactame, de phénol et d'épichlorhydrine. De son côté, Headwaters dispose d'une forte expérience dans le domaine de la nanocatalyse. Il a notamment développé la technologie NxCat, un catalyseur hétérogène à base de métaux précieux. Un savoir-faire qui s'élargit dans la filière de l'oxyde de propylène Ce partenariat permet à Degussa de renforcer sa position dans la chaîne de valeur de l'oxyde de propylène. Le groupe disposera en effet d'une technologie innovante de synthèse du peroxyde d'hydrogène, qui s'ajoutera à celle dont il dispose dans l'oxydation directe du propylène, développée en collaboration avec Udhe. Rappelons que le Sud-Africain Sasol, en association avec Degussa et Udhe, envisage une usine de 60000 t/an à Johannesburg (Afrique du Sud). Afin de répondre à la hausse de la demande pour les polyuréthanes, la taille des unités d'oxyde de propylène en voie de construction est de l'ordre de 250000 t/an, ce qui requiert une unité d'hydrogène de 180000 t/an. Ainsi, Dow et Bayer viennent de lancer la construction à Anvers d'une unité d'oxyde de propylène de 300000 t/an devant démarrer en 2008 ( CPH n°266 ). Elle fera appel au procédé HPPO (Hydrogen peroxide to propylene oxide) et sera alimentée par une unité de peroxyde d'hydrogène de 200000 t/an construite dans le cadre d'une société commune entre Bayer et Solvay. Ce dernier est l'un des principaux concurrents de Degussa dans le peroxyde d'hydrogène, avec toutefois une longueur d'avance. Solvay a développé un nouveau procédé à haut rendement pour le peroxyde d'hydrogène qui sera mis en œuvre chez OY Finnish Peroxides AB, une co-entreprise avec le finlandais UPM-Kymmene et Bayer. BASF, Dow et Degussa ne sont pas les seuls à travailler sur l'oxydation directe du propylène. L'Américain Lyondell travaille sur un autre procédé qui permet de produire ce dernier à partir de propylène, d'hydrogène et d'oxygène. Le groupe dispose actuellement d'une unité pilote au sein de son centre technologique de Newtown Square (Pennsylvanie), mais n'a pas encore d'unité à l'échelle commerciale, ce qui devrait être fait en 2008. Sumitomo a de son côté démarré en 2003 une usine de 200000 t/an à Chiba (Japon), à laquelle Lyondell a accès via son joint-venture Nihon Oxirane.

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