Nous suivre Info chimie

Pétrochimie: Formosa voit très grand en Louisiane

Julien Cottineau

Sujets relatifs :

, ,

Le projet a passé le cap de l'intention. Envisagé dès 2014 et précisé en 2015 (CPH n°730), il a franchi une première étape d'importance. Formosa Petrochemical, filiale du géant taïwanais Formosa Plastics Group (FPG), a annoncé le 23 avril l'acquisition d'un terrain de près de 1 000 hectares à Saint James Parish, en Louisiane (États-Unis), le long du Mississippi et à quelques dizaines de kilomètres du Port of South Louisiana District, décrit comme le plus grand port en tonnages de l'hémisphère Ouest. Comme évoqué il y a près de trois ans, ce projet de complexe pétrochimique nécessiterait toujours un investissement d'un potentiel de 9,4 milliards de dollars (7,7 Mrds € au cours actuel). Désormais baptisé le Sunshine Project, il est mené par FG LA, une filiale de Formosa en Louisiane. Les approbations des différentes demandes de permis pour le complexe sont attendues début 2019, date à laquelle s'enclencherait une période de dix ans de travaux et de développements.
 

Le Sunshine Project est prévu pour se déployer en deux phases. La première consisterait en la construction d'un vapocraqueur sur base éthane, avec en aval des unités de polyéthylène (PE) haute densité, de PE basse densité linéaire, et d'éthylène glycol. Une unité de déshydrogénation de propane (PDH) serait aussi installée, avec en aval une unité de polypropylène (PP). Formosa n'a pas donné le détail. Selon la presse américaine, le vapocraqueur disposerait de capacités de 1,2 million de tonnes par an d'éthylène. ICIS évoque aussi 1,2 Mt/an d'éthylène, ainsi que 400 000 t/an pour chacune des deux unités de PE, 900 000 t/an pour celle d'éthylène glycol, 600 000 t/an pour l'unité de PDH et 600 000 t/an pour celle de PP. Cette première phase pourrait être finalisée dès 2022.
 

La seconde phase consisterait en la construction d'un second vapocraqueur sur base éthane, avec en aval une seconde unité d'éthylène glycol, une seconde de PE haute densité, et une unité de PE basse densité. 1 200 emplois directs pourraient être créés si l'ensemble du complexe entre en activité. 8 000 emplois indirects sont envisagés. Eu égard à la manne de retombées financières sur l'économie locale et en impôts pour ce qui serait le plus grand investissement industriel jamais engagé à Saint James Parish, les autorités locales n'hésiteraient pas à accorder quelques aides. 12 M$ de contributions aux coûts en infrastructures seraient alloués, en plusieurs tranches. Formosa espère aussi pouvoir prétendre à quelques exemptions d'impôts industriels.
 

Le groupe taïwanais n'est pas un nouveau venu sur le sol américain et en Louisiane en particulier. Il recense déjà 410 salariés dans l'état et un complexe de chlorure de vinyle monomère (VCM) et de polychlorure de vinyle (PVC) dans la périphérie de Baton Rouge. Ce complexe, actuellement en phase d'extension pour les lignes de PVC, est détenu par Formosa Plastics Corporation (FPC). Cette autre filiale américaine recense aussi aux États-Unis une usine de dispersions PVC à Delaware City, dans le Delaware, et surtout un grand complexe pétrochimique à Point Comfort, au Texas. Lequel comprend un vapocraqueur, des unités de polyoléfines (PE, PP), des unités de chlore/soude et de dérivés (VCM, PVC, EDC). En 2015, FPC avait annoncé son intention d'ajouter une unité de polypropylène sur ce complexe texan, mais sans détailler le calendrier ni les capacités, et encore moins l'investissement (CPH n°725). Trois ans plus tard, rien n'a encore été confirmé. Un porte-parole de FPC nous a précisé fin avril n'avoir aucun commentaire supplémentaire sur ce sujet par rapport à ce qui avait été annoncé en 2015.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

Chimie européenne : Amélioration possible en fin d’année

Chimie européenne : Amélioration possible en fin d’année

Les résultats du deuxième trimestre de la chimie européenne tombent toujours pendant la trêve estivale, nécessitant de se mettre à jour à la rentrée. Cette année, ils apportent une[…]

31/08/2020 | Edito Hebdo
[Édito Plan de relance] : la chimie et la pharma aux aguets

[Édito Plan de relance] : la chimie et la pharma aux aguets

[Édito] : Quand Reliance se met au vert

[Édito] : Quand Reliance se met au vert

[Édito] : Ineos toujours aussi dépensier

[Édito] : Ineos toujours aussi dépensier

Plus d'articles