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Pétrole : Vers un rééquilibrage du marché favorisant les investissements ?

Par Dinhill On

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L'Institut français du pétrole et des énergies alternatives (IFPEN) a fait un point sur l'évolution et les perspectives du marché pétrolier. Le prix du Brent devrait rester relativement stable en 2017, en fonction du respect des quotas de l'Opep et de la relance de la production de schiste américain.

Depuis 2014, le cours du baril a connu une baisse remarquable de l'ordre de 60 % sur deux ans, engendrée par la stratégie adoptée par les pays de l'organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Une tendance à la baisse qui s'est poursuivie en 2016, selon le panorama proposé le 17 janvier dernier par l'Institut français du pétrole et des énergies alternatives (IFPEN). Alors que certains analystes annonçaient un prix du Brent à moins de 30 $ par baril, il s'est finalement établi à 44 $/b en 2016, contre 52 $/b l'année précédente. Du côté de l'offre et de la demande en pétrole, des interrogations subsistaient autour de la capacité des excédents d'offres à absorber la demande. Le bilan 2016 affiche un excédent de 0,7 million de barils par jour, en net retrait par rapport à 2015, où il était évalué à 1,7 Mb/j. Cela s'explique non seulement par une légère progression de la demande (plus de 96 Mb/j), ainsi qu'un recul de l'offre des pays non-Opep, en particulier aux États-Unis. Un retrait qui a permis aux pays de l'Opep de regagner des parts de marché. Ce rééquilibrage de marché a été perceptible dès le deuxième trimestre 2016, avec un prix du baril compris entre 45 et 50 $/b. « L'accord de novembre 2016 entre les pays de l'Opep et non-Opep a accéléré le rééquilibrage en jouant sur les prix, ce qui a entraîné un prix du Brent supérieur à 50 $/b », explique Didier Houssin, président d'IFPEN. Avant d'ajouter : « Cet accord est la conséquence du changement de politique de l'Arabie Saoudite vis-à-vis de sa production. Il intervient très tard dans l'année, au moment du rééquilibrage annuel du marché ».

 

Une volatilité modérée du marché en 2017

 

L'accord signé en novembre 2016 prévoit une baisse de production du pétrole de 1,8 Mb/j, pays Opep et non-Opep confondus. « Ce sont les pays du Golfe qui feraient le plus d'efforts. Au sein de l'Opep, l'Iran serait la seule épargnée par cet engagement de diminution de production », indique Didier Houssin. Un traitement particulier qui pourrait causer des dissensions au sein du cartel. Autre source d'incertitude : le niveau de l'offre américaine issue du schiste. Si la baisse des cours du pétrole depuis fin 2014 a bien eu un impact sur les pétroliers américains, ils se sont adaptés en renforçant la productivité de leurs puits et en optimisant les coûts de forage. « La reprise des forages américains pourrait permettre la production de 1 Mb/j », précise Didier Houssin.

Sur la base de ces inconnues, deux scenarii de prix sont envisagés en 2017 par l'IFPEN. Dans un premier scenario, le cours du baril atteindrait les 50-60 $, soutenu par le respect des pays de l'Opep et de leurs partenaires (Russie et Mexique notamment) des quotas imposés, ainsi que par une relance des schistes américains entravée par le manque de main-d'oeuvre et de disponibilité des appareils de forage. Le deuxième scenario envisage un prix avoisinant les 40 à 50 $ le baril. Il prévoit une reprise de la production américaine, combinée à un dépassement des quotas fixés dans le cadre de l'accord de novembre 2016. « Le contexte financier et géopolitique ainsi que le traitement conciliant vis-à-vis de l'Iran pourraient remettre en cause l'application de l'accord. De plus, la Libye et le Nigeria qui ne sont pas signataires de l'accord disposent d'une production potentielle de 0,8 Mb/j », explique Didier Houssin. Dans les deux scenarii envisagés, la volatilité des cours est pondérée par les stocks importants. « Le sur-stock actuel compense un déficit de production de 1 Mb/j durant une année. Le déficit de production n'est donc pas forcément synonyme de manque immédiat de disponibilité », poursuit le président d'IFPEN. Avant de conclure : « Dans le cas d'un redressement du prix du baril, les incertitudes du marché seraient levées, et permettraient un réinvestissement au niveau de l'exploration-production ».

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