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Piicto travaille sur la métamorphose de Fos

À Fos-sur-Mer, Dinhill On

La plateforme chimique de Fos-sur-Mer s'apprête à se restructurer en vue d'accueillir de nouveaux arrivants dans le secteur de la chimie. Un site où les différents industriels présents bénéficieront d'utilités et de services mutualisés.

Créé au milieu des années 1960 sur les bords de l'étang de Berre, le site industriel de Marseille-Fos (Bouches-du-Rhône) constituait une zone industrielle de premier ordre jusqu'au milieu des années 1980. « À cette époque, la pétrochimie s'était développée en aval du raffinage. La zone s'étendant sur 10 000 hectares voulait s'appuyer sur deux piliers : la sidérurgie et l'énergie/pétrochimie », raconte Jérôme Giraud, chef du département Développement des projets et filières au sein du Grand Port maritime de Marseille (GPMM). Cette plateforme industrielle permettait de connecter par pipeline la mer Méditerranée, en passant par la Vallée de la Chimie en Rhône-Alpes, Strasbourg (Bas-Rhin) et jusqu'en Allemagne (Karlsruhe). Voulant bénéficier de cette situation géographique stratégique, bon nombre d'acteurs des secteurs du pétrole et de la pétrochimie, tels qu'Arco (qui deviendra LyondellBasell) et l'activité Chlorochimie de PCUK (futur Kem One), s'y étaient installés pour se développer. « Les sites étaient éloignés les uns des autres, afin que les industriels puissent être autonomes, quasiment en autarcie. Ce n'est que bien plus tard que l'on a compris que c'était une erreur », explique Jérôme Giraud. Suite aux chocs pétroliers et aux crises structurelles du raffinage européen, les industriels installés ont dû faire face à des difficultés économiques, ce qui a obligé de ralentir voire arrêter le développement de leur activité dans la région.

 

Mutualiser les moyens pour retrouver une dynamique

 

Face à ces obstacles, les acteurs industriels et des collectivités territoriales ont décidé de profiter de l'opportunité de la transition énergétique pour effectuer un véritable virage dans leur modèle économique. « Il y a eu deux véritables déclics qui ont permis de prendre conscience du potentiel d'attractivité de la région. Tout d'abord, la circulaire Batho relative aux plateformes économiques soumises aux plans de prévention des risques technologiques (PPRT). D'autre part, l'appel d'offres que nous étions tout proches de remporter pour la future implantation européenne du spécialiste américain des fibres de carbone Hexcel », précise Jérôme Giraud. Malgré le résultat défavorable, cet échec a permis d'enclencher une dynamique dans la région. « Le projet Hexcel a aidé à prendre conscience que la stratégie de plateforme intégrée était adéquate, et que Fos-Marseille pouvait accueillir un industriel de la chimie d'envergure internationale », insiste Marc Bayard, délégué général de l'UIC Méditerranée. Un avis que partage Patrick Grimaldi, chef de service Santé, sécurité et environnement chez Kem One : « La perte du projet Hexcel au profit de la plateforme Osiris à Péage de Roussillon a révélé aux acteurs politiques, économiques et industriels, la nécessité et le bénéfice potentiels d'une reconversion de la zone Fos Caban Tonkin en plateforme industrielle ».

Sous cette impulsion, les partenaires ont initié un projet de plateforme structurée et intégrée dénommée provisoirement Piicto (Plateforme industrielle et d'innovation Caban-Tonkin), susceptible d'accueillir des activités classées Seveso. S'appuyant sur les infrastructures existantes et un espace de 1 200 hectares, il a pour ambition de réinventer la zone industrielle portuaire de la région. « L'objectif se décline en trois principaux enjeux : consolider l'écosystème industriel existant en pérennisant la stabilité des acteurs historiques, conforter l'attractivité industrielle du territoire et identifier les opportunités de développement en se donnant les moyens de les concrétiser », explique Marc Bayard (UIC Méditerranée). Avant d'ajouter : « Pour cela, il est impératif de structurer les relations entre les acteurs et d'imaginer un aménagement industriel cohérent et concerté ». Les porteurs du projet ont défini plusieurs axes de travail. D'ici à fin 2014, le projet prévoit de lancer les études de détail pour la construction d'un réseau vapeur commun à tous les industriels de la future plateforme Piicto, ainsi que de mettre en place des services mutualisés. « Tous les industriels présents sur la Piicto pourront bénéficier de synergies au niveau des services, des transports, du gardiennage, de la gestion de déchets, de la formation, etc. La somme de ces synergies aidera ainsi à consolider les sociétés déjà implantées mais aussi à en accueillir de nouvelles, et en particulier les PME », affirme Jean-Philippe Gendarme, directeur du site Kem One de Fos-sur-Mer. Un autre point important est celui d'être capable d'accueillir l'innovation industrielle. La plateforme veut se doter d'un incubateur de projets de R&D, dénommé Innovex. « Cette structure sera en mesure d'accueillir les entreprises et les organisme de recherche depuis le stade de la R&D jusqu'au pilote industriel, en particulier dans les secteurs de l'énergie, la chimie et la chimie verte. Innovex bénéficiera d'une passerelle pour le déploiement industriel d'une technologie sur Piicto, avec tout ce qu'il faut en aval pour l'accueillir », précise Jérôme Giraud. Les autres axes sur lesquels les partenaires doivent encore travailler résident en la structuration de la plateforme (infrastructure, gouvernance, modèle économique) et la construction d'une offre « Plug and Play ». Avec le projet de plateforme Piicto, la région de Fos-Marseille souhaite ainsi redynamiser le territoire industriel. Une vision qui devrait être suivie très prochainement d'actes. Outre le réseau vapeur qui devrait voir le jour, les porteurs du projet ont soumis leur candidature pour des financements. « Nous venons de proposer le projet au volet "Innovation" des Contrats de projets État-région 2014-2020 afin d'obtenir un financement. Nous sommes en très bonne voie pour qu'il soit retenu », affirme Jérôme Giraud (GPMM).

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