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Polyéthylène/La capacité d'Elenac dépassera les 2 Mt en l'an 2000

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Créé officiellement en décembre dernier après une année de gestation sous le nom de Marlène, Elenac, joint-venture 50/50 entre BASF et Shell, veut devenir d'ici à 2010 "le leader européen du polyéthylène en termes de produits et de technologie et figurer parmi les cinq premiers mondiaux", explique Rolf Richter, président d'Elenac. "Nous pensons que sur un marché de commodité, un groupe ne peut survivre sur le long terme qu'en réalisant des économies d'échelle et en essayant de devenir l'un des premiers producteurs au niveau mondial", affirme-t-il. Elenac cherche à atteindre cet objectif à la fois au travers d'investissements et d'acquisitions. Le joint-venture a ainsi fait une offre pour la reprise de l'activité polyéthylène d'Hoechst. "Nous espérons avoir une réponse dès le début du mois d'août", indique Rolf Richter. D'autres producteurs comme BP Chemicals sont également candidats. Une telle opération ferait passer la capacité d'Elenac de 1,4 à 1,9 Mt/an. Elle lui permettrait surtout de multiplier par plus de deux (de 400000 à 900000 t/an) sa capacité de production de polyéthylène haute densité (PEhd), Hoechst ne produisant que ce type de PE. Actuellement, Elenac est un acteur important sur le marché du polyéthylène basse densité (PEbd) avec une capacité de 985000 t/an : 810000 t/an dans le PEbd et 175000 t/an dans le PEbdl (polyéthylène basse densité linéaire). Avec ces 985000 t/an , le groupe détient un peu plus de 15 % du marché européen du PEbd et PEbdl (6,5 Mt/an). Dans le PEhd, sa part du marché européen (4 Mt) plafonne à 10 %. L'activité de Hoechst pourrait permettre à Elenac de franchir le cap des 20 % du marché européen. Ce qui, en terme de concurrence, ne dépasse pas "le niveau critique", estime Rolf Richter qui pense donc que ce projet pourrait obtenir le feu vert des autorités. D'ailleurs, avec ou sans croissance externe, la part du marché du groupe devrait augmenter en l'an 2000, avec la mise en service d'une unité de PEhd d'une capacité de 250000 t/an sur le site de Wesseling (Allemagne), principal site du joint-venture et premier site en Europe pour la production de polyoléfines. Cette unité utilisera le nouveau procédé phase gaz en lit fluidisé hérité de BASF. Le programme d'investissements d'Elenac, qui devrait lui permettre de dépasser les 2 Mt/an de capacité en l'an 2000 (sans compte l'acquisition éventuelle du PE de Hoechst), s'élève à 1 Mrd DM. Il comprend, outre la future unité de PEhd de Wesseling, une unité de PEbd de 175000 à 210000 t/an sur un site européen encore à définir. Berre où, parallèlement, une unité de 110000 t/an sera fermée semble le candidat le plus vraisemblable. Ce programme concerne aussi l'augmentation des capacités de l'un des deux vapocraqueurs de Wesseling (la capacité du site passera de 800000 à 920000 t/an en août) et plusieurs mesures de restructuration. Parmi ces dernières, figure le dégoulottage en cours réalisé par la Cipen, joint-venture avec Exxon sur le site de Notre-Dame de Gravenchon, en Normandie. Ce dégoulottage portera la capacité de PEbdl d'Elenac de 175000 à 210000 t/an d'ici à la fin de cette année. Autre restructuration : à Wesseling, l'un des réacteurs de PEhd (60000 t/an) sera transformé afin de permettre la production de polyéthylène métallocène de type plastomère (densité comprise entre 0,9 et 0,915). Mais cette possibilité
ne sera peut-être pas immédiatement mise à profit du fait de la forte demande de PEhd. Le joint-venture exploite déjà une unité pilote de plastomères métallocènes (15000 t/an) qui utilise le procédé slurry en boucle de Phillips et un catalyseur BASF. Toujours dans le domaine des métallocènes, l'un des axes prioritaires de développement d'Elenac, environ 10 % de la capacité de l'unité de Notre-Dame de Gravenchon sont consacrés à la production de PEbdl métallocènes (densité supérieure à 0,915). Enfin, le troisième grand projet d'investissements d'Elenac concerne la construction d'une unité de taille mondiale de PE métallocènes, utilisant le nouveau procédé phase gaz en lit fluidisé. "Une décision devrait être prise dès l'an prochain", indique le président d'Elenac, qui compte "probablement construire l'unité hors d'Europe". De fait, après avoir engagé la consolidation de ses unité européennes, Elenac cherche également à mondialiser son activité. Au premier plan figurent les projets des deux maison-mères en Chine. Le futur complexe de BASF à Nanjing devrait comprendre une unité de PEbd de 400000 t/an. Shell prévoit à Nanhai deux unités (450000 t/an au total) pour la production de PEbd et de PEhd/PEbdl. Les deux unités pourraient démarrer en 2003. "En 1996, la capacité chinoise de PE a atteint 3,67 Mt dont 1,67 pour le PEbd", souligne Jo Vincken, vice-président chargé des technologies et de la production. "En se basant sur des prévisions de croissance plutôt prudentes, de l'ordre de 5 % par an, nous pensons que la consommation de PE atteindra en Chine 4,77 Mt en l'an 2000 et 6 Mt en 2005", estime-t-il. Toujours hors d'Europe, le joint-venture cherche à participer à un projet de vapocraqueur alimenté à l'éthane. "Nous menons une étude d'ensemble sur toutes les régions où nous pouvons avoir accès à des matières premières moins chères", explique Rolf Richter. Le Moyen-Orient arrive en bonne position mais Elenac s'intéresse également à l'Amérique latine, et notamment au Pérou où Shell s'implante, ainsi qu'à l'Asie du Sud-Est. Ces nombreux projets d'investissements sont motivés par la croissance du marché du PE. Celui-ci devrait doubler entre 2005 et 2010, selon Hartmut Möhring, vice-président chargé des ventes. De 38 Mt en 1995 (9 Mt en Europe, 12 Mt en Amérique du Nord, 11 Mt en Asie), la consommation mondiale devrait passer à 70 Mt en 2010 (25 Mt en Asie, 21 Mt en Amérique du Nord et 12 Mt en Europe). La part la plus importante de cette croissance est due à la demande asiatique. à court terme, Hartmut Möhring est pessimiste. Après un recul des prix enregistré au premier semestre, en partie à cause de la crise asiatique, la tendance est de nouveau à la hausse. "Le marché européen reste en bonne santé et le climat économique est positif", explique le responsable commercial d'Elenac. Ce dernier s'attend dès le mois de septembre à une hausse d'environ 10 pfennig du prix au kilogramme du PE (environ 1,4 DM actuellement). Par type de produit, la demande de PEbdl enregistre les plus fortes hausses. Mais les importantes augmentations de capacités sur ce marché entraînent une plus faible utilisation des capacités (environ 80 %) que pour le PEhd ou le PEbd (90 %) et donc une rentabilité plus faible. A cet égard, les responsables d'Elenac ne font d'ailleurs pas preuve d'un engouement excessif pour le PEbdl, estimant que ce produit ne devrait pas prendre plus de 20 à 30 % du marché du PEbd. Selon les responsables d'Elenac, le PEbd a donc encore un bel avenir, notamment en Asie, et surtout en Chine où le groupe compte bien licencier son procédé tubulaire haute pression qui équipe déjà plus de 80 unités de par le monde. Au niveau des technologies, Elenac détient une excellente position avec son procédé tubulaire haute pression et compte développer maintenant son nouveau procédé phase gaz en lit fluidisé qui équipera la nouvelle unité de PEhd de Wesseling et ensuite la future unité de PEbdl métallocènes encore à l'étude. n De Londres, CC

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