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Port-Jérôme Normandie, une plateforme spécialisée dans la chimie à risques

Organisée autour de la raffinerie d'ExxonMobil à Notre-Dame-de-Gravenchon, la plateforme cherche à accueillir de nouveaux acteurs. 200 hectares sont disponibles pour abriter de grands projets industriels ou des start-up innovantes.

En Normandie, entre Rouen et Le Havre, s'étend un vaste territoire industriel dédié aux secteurs de la chimie et de l'énergie. À son origine, on trouve la raffinerie du groupe américain ExxonMobil, installée à Notre-Dame-de-Gravenchon depuis 1933. La zone est proche de Paris avec un accès fluvial sur la Seine. Au fil des décennies, un vaste réseau d'entreprises s'est implanté dans sa proximité : des industries à risques (Arlanxeo Elastomères, Cabot Carbone, Oril Industrie, Primagaz, Tereos Lillebonne...), des sociétés de logistique, de transport et de stockage (Delisle, De Rijke Normandie, GCA Logistics, Geodis, GRT Gaz, Sonotri...) et des spécialistes du traitement de déchets (Éco Huile, Oreade). Ces entreprises ont eu la particularité de se fédérer, dès les années 70, au sein d'une association baptisée AEPJR pour Association des entreprises de Port-Jérôme et sa région. En janvier 2018, elles étaient au nombre de 32. « Ces entreprises se sont regroupées pour parler de sécurité, de sûreté et d'environnement », résume Sophie Héluin-Oukoloff de Caux Seine Développement. Très tôt, l'AEPJR a permis de faire le lien entre l'administration (en particulier les Dreal) et les industriels pour trouver des solutions pragmatiques face aux problématiques de risques industriels. Cela s'est concrétisé, en août 2014, par la signature du premier PPRT (Plan de prévention des risques technologiques) de grande envergure sur le territoire français. « Cette association nous a permis, par sa maturité et son ancienneté, d'être reconnus par l'administration », ajoute Jean- Philippe Petit, président de l'AEPJR et directeur Risques Industriels, Sécurité et Environnement chez ExxonMobil.

Aujourd'hui, c'est cette même association, l'AEPJR, qui sert d'organe de gouvernance à la plateforme chimique baptisée Port-Jérôme, Normandie. Malgré un périmètre légèrement plus étroit que celui de l'association, elle regroupe néanmoins 22 entreprises majeures sur une surface d'un millier d'hectares, avec un effectif de 6 000 personnes en emploi direct et 15 000 personnes, si l'on ajoute l'emploi indirect.

La grande spécialité de cette plateforme est la « chimie à risques », considérant qu'elle recense 6 établissements Seveso seuil haut et 2 établissements Seveso seuil bas. Les industriels de la plateforme partagent, par ailleurs, de nombreux projets collectifs. Tout d'abord sur le plan de la sécurité, avec notamment un réseau de sirènes d'alerte, des plans de mise à l'abri, un plan de communication d'urgence et des exercices. Mais l'esprit de mutualisation touche aussi la gestion de l'eau avec une installation commune de traitement d'eau de la Seine, permettant d'approvisionner les différentes installations, la gestion de l'énergie avec un réseau de vapeur partagé entre Tereos et Sevede qui est le centre de traitement de déchets.

Une gouvernance souple

Dans le futur, Jean-Philippe Petit n'exclut pas une mutualisation plus poussée, d'autant que la structure juridique qui lie les entreprises - l'AEPJR est une association de loi 1901 - offre toute la souplesse possible. Il cite, par exemple, le cas de deux industriels qui ont pu construire, en 2015, 3 km de réseaux vapeur pour relier leurs deux installations. Mais en attendant de tirer tous les fruits d'une mutualisation, la plateforme cherche aujourd'hui à accueillir de nouveaux acteurs. C'est l'agence de développement économique du territoire Caux Seine agglo qui est à la manoeuvre pour assurer la promotion de la plateforme, notamment à l'étranger. « Nous avons encore 200 ha de foncier disponible », souligne Jean-Philippe Petit. À court terme, un premier projet se profile avec l'installation, sur 27 hectares, de la première unité de production d'hydrogène vert de la société H2V Product. L'investissement est annoncé à 450 ME pour une mise en service en 2021-2022. Ce projet, fortement soutenu par la région, devrait entraîner la création de 200 emplois. Il reste cependant de la place pour de « grands projets industriels », souligne le président. D'autant que, sur ce territoire, les riverains savent vivre en harmonie avec ce type d'installations à risques. Jean-Philippe Petit liste d'autres atouts de la plateforme, comme sa localisation, la multimodalité, la logistique, l'accès à l'énergie et des produits chimiques que l'on ne trouve pas ailleurs. Du reste, la plateforme bénéficie d'un écosystème particulièrement dynamique en matière de formation constitué de clusters (Nov&Tech, Energie Normandie, Fimalin), d'universités et écoles d'ingénieurs (université de Normandie, Insa Rouen, Ensicaen, ISPA, ISMO, ENSPM, IFP training). Les start-up sont aussi les bienvenues sur ce territoire. Si elles ne requièrent pas d'environnement Seveso, elles pourront également s'installer dans l'une des trois zones d'activités en cours d'aménagement dans la proximité. ?

LES 22 SOCIÉTÉS MAJEURES DE LA PLATEFORME

- Air Liquide, France - Arlanxeo, Pays-Bas - Axiplast, Belgique - Cabot Carbone, états-Unis - Casla / La Martiniquaise, France - Delisle, France - De Rijke Normandie, France - Dufour, France - Eco Huile / EPR, France - Egno Chimie, France - Exxon Mobil, états-Unis - Ficobel, France - Géodis, France - Grand Port maritime de Rouen, France - Katoen Natie, Belgique - Morgan Thermal - Ceramics, France - Oreade, France - Oril industrie, France - Primagaz, France - Roll Manutention Service, Belgique - Sonotri / Gca Logistics / Lavaouest, France - Tereos Lillebonne, France

CHIFFRES CLÉS DE LA NORMANDIE

1er rang français POUR LA PÉTROCHIMIE 35 % DE LA CAPACITÉ FRANÇAISE DE RAFFINAGE 80 % DE LA PRODUCTION FRANÇAISE D'ADDITIFS ET DE LUBRIFIANTS 50 % DE LA PRODUCTION FRANÇAISE DE MATIÈRES PLASTIQUES ET D'ÉLASTOMÈRES

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