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PotashCorp à l'assaut de K+S

Julien Cottineau

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PotashCorp à l'assaut de K+S

Le projet Legacy de K+S en construction au Canada

Le géant canadien des engrais est très intéressé par K+S. Malgré une offre de près de 8 milliards d'euros, PotashCorp se heurte au refus du groupe allemand, lequel estime l'offre nettement sous-évaluée et craint pour l'avenir de ses salariés dans le cadre d'une fusion.

Le secteur des engrais est en douce ébullition. Après la tentative avortée de Yara de fusionner avec CF Industries l'an dernier, ou les rumeurs récentes d'un rapprochement des Russes Uralchem et Uralkali, c'est PotashCorp qui fait part de son intérêt pour K+S. Le géant canadien, qui est le plus grand producteur mondial d'engrais en volume, a confirmé fin juin qu'il avait soumis une offre à son concurrent allemand en vue de négocier les termes d'une acquisition. Précisant, que cette offre ne préfigurait en aucun cas une concrétisation à venir.
 

Le 2 juillet, K+S a lui aussi confirmé l'offre, précisant qu'elle s'élevait à 41 € par action. Soit environ 7,8 milliards d'euros. Fin juin, l'annonce par PotashCorp de son intérêt avait fait bondir l'action de K+S, passant de 29 € à plus de 36 € en une séance. Elle évolue depuis autour des 37 €, soit en dessous de l'offre de 41 €.
 

Dans la foulée de la confirmation de l'offre, le conseil d'administration du groupe allemand a indiqué qu'il la rejetait. Elle est considérée comme sous-évaluant nettement la valeur de l'entreprise et comme n'étant pas dans l'intérêt du groupe allemand. Cette valeur de 41 €/titre serait d'autant plus mineure que le gigantesque projet canadien Legacy de K+S, qui doit permettre la mise en service de capacités de 2 millions de tonnes par an de potasse fin 2016 via un investissement de plus de 3 milliards d'euros, représenterait à lui seul une valeur de 11 €/titre. K+S estime même que les bénéfices attendus par Legacy devraient représenter une valeur totale de 21 €/action à l'avenir. D'autre part, le producteur allemand souligne que PotashCorp n'a proposé aucun engagement clair pour la protection des 14 000 salariés de K+S en cas de fusion.
 

PotashCorp a répondu sans attendre, mais sans commenter toute sous-évaluation avancée par K+S. Le groupe canadien assure qu'une fusion permettrait de combiner très rapidement deux entreprises majeures en les transformant en un leader mondial plus diversifié, autant sur les activités que géographiquement, et que sa proposition ne préfigurait « aucune fermeture de mines, réduction de capacités de production, cession des activités de production de sels, ni suppression d'emplois ».
 

Si K+S n'est toujours pas convaincu, les politiques ne semblent pas l'être non plus outre-Rhin. Début juillet, selon Chemical Week, Tarek Al Wazir, ministre de l'Économie du länder de Hesse, où est implanté le siège de K+S, jugeait que le groupe devait rester allemand. Essentiellement pour la sécurité des salariés.

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