Nous suivre Info chimie

PPG livre ses commodités à Georgia Gulf

Julien Cottineau

Sujets relatifs :

, ,

L'industrie chimique américaine poursuit sa consolidation. Après l'absorption de Solutia par Eastman dans le cadre d'une opération de près de 5 milliards de dollars, la seconde plus grande transaction de l'année outre-Atlantique implique PPG et Georgia Gulf. Une opération à 2,1 milliards de dollars (1,7 Mrd €) qui va rebattre quelques cartes. Le géant américain des revêtements va scinder de son périmètre ses activités de commodités : chlore, soude caustique, chlorure de vinyle monomère (VCM) et dérivés, qui trouvent des applications dans les productions de pâtes et papier, le traitement de l'eau, les productions de plastiques et de produits agrochimiques, et la fabrication d'une vaste gamme d'autres produits chimiques. Ces activités ont généré en 2011 des ventes de 1,74 Mrd $, pour un Ebitda de 411 M$, et recensent environ 2 800 salariés. Une fois séparées de PPG, ces commodités seront fusionnées directement avec Georgia Gulf, spécialiste de la chlorochimie et des aromatiques.

« Un nouveau groupe d'environ 5 Mrds $ de chiffre d'affaires »

Le chimiste d'Atlanta et ses 3 600 salariés ont enregistré l'an dernier un chiffre d'affaires de 3,22 Mrds € pour un Ebitda de 230 M$. Cette fusion conduira à la création d'un nouveau groupe d'environ 5 Mrds $ de chiffre d'affaires, de 6 400 salariés, et de 40 sites industriels, tous implantés en Amérique du Nord à l'exception d'une unité taïwanaise de produits chlorés, issue de PPG. Ce groupe, qui n'a pas encore de nom, se positionnerait d'emblée comme le 3e plus grand producteur de chlore et le n°2 du VCM en Amérique du Nord. Selon Paul Carrico, p-dg de Georgia Gulf, ce futur champion « bénéficiera d'une intégration et d'une échelle significatives, d'un vaste portefeuille de produits aval, et de l'avantage de gaz naturel nord américain à bas coût », en référence à l'exploitation grandissante des gaz de schiste.

Techniquement, le montage de l'opération est complexe. Georgia Gulf versera 900 M$ en numéraire à PPG, assorti d'un transfert d'actions pour une valeur de 1 Mrd $. Une enveloppe de 95 M$ de reprise de dettes et de 87 M$ d'intérêts minoritaires sera également transférée au nouveau groupe. Au final, le capital de la future entité sera détenu à hauteur de 50,5 % par les actionnaires actuels de PPG et à 49,5 % par ceux de Georgia Gulf.

Pour le chimiste d'Atlanta, cette opération, prévue pour être finalisée fin 2012 voire début 2013, est un petit pied-de-nez au raid manqué de l'Américain Westlake Chemicals. Le Texan avait tenté de le racheter pour 1,3 Mrd $. Or, le nouveau groupe constitué avec les commodités de PPG surclassera Westlake sur deux de ses marchés phares en Amérique du Nord : celui du VCM, où le Texan sera relégué en 5e position, bien loin du futur n°2, et sur celui du polychlorure du vinyle (PVC) où Westlake se retrouvera également en 5e position, juste derrière le futur groupe.

Du côté de PPG, l'opération est une aubaine pour la poursuite de sa stratégie de recentrage sur les produits de spécialités et les revêtements. En dix ans, le groupe de Pittsburgh aura vu son activité Revêtements passer de 5 à 12 Mrds $ de chiffre d'affaires, augmentant sa part dans le total des ventes de 54 % à 83 % entre 2001 et 2011. Et la manne obtenue dans le cadre de cette opération avec Georgia Gulf va lui redonner un peu plus de cash pour ses opérations de croissance. Avec plusieurs pistes en vue : des acquisitions, de la croissance organique, du refinancement de dettes ou des programmes de rachat d'actions. De quoi voir l'avenir avec confiance.

 

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

[Édito] : Total garde (pour le moment) Cray Valley

[Édito] : Total garde (pour le moment) Cray Valley

Cray Valley n’est pas à vendre. C’est Total qui l’a affirmé par voie de communiqué, le 21 octobre 2020, pour faire taire des rumeurs lancées par l’organisation syndicale CFDT. En[…]

[Édito] : Quand l’industrie chimique craint un Reach bis…

[Édito] : Quand l’industrie chimique craint un Reach bis…

[Édito] : La génomique célébrée chez les autres

[Édito] : La génomique célébrée chez les autres

Chimie européenne : Amélioration possible en fin d’année

Chimie européenne : Amélioration possible en fin d’année

Plus d'articles