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PPG relance AkzoNobel à 27 Mrds €

Julien Cottineau

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La partie de poker dure. Comme le Néerlandais, l'Américain ne lâche pas le morceau. PPG a brandi, le 24 avril, une troisième offre. Une « dernière invitation », souligne Michael McGarry, le patron de PPG, laquelle doit convaincre les dirigeants du groupe néerlandais de revoir leur « position et de s'engager » pour « créer une valeur et des bénéfices extraordinaires ». L'offre atteint 26,9 milliards d'euros. Soit une valeur de 96,75 € par action, dividende compris, payable en 61,50 € par titre en numéraire et en l'attribution de 0,357 part de PPG pour chaque action cédée. L'offre est supérieure de 17 % à la proposition originale, soumise le 2 mars. Le chimiste néerlandais a accusé réception le jour même et précisé qu'elle serait examinée minutieusement. On a connu des réponses plus enjouées. Mais au moins, cette fois-ci, AkzoNobel n'a pas décliné dans la foulée ni même les jours suivants, en tout cas pas au soir du 27 avril, à l'heure où nous écrivons.


« L'offre s'accompagne de multiples engagements »


Pour rendre l'offre plus séduisante - et plus délicate à décliner - PPG a mis le paquet. D'abord il caractérise le projet de spin-off des spécialités d'AkzoNobel de mauvaise idée, trop risquée. Il aboutirait à la création de deux groupes plus petits qui n'ont pas fait leurs preuves en solo et dont la valeur est incertaine. Un spin-off conduirait à des restructurations, des réductions de flux de trésorerie disponible, et des risques sur la bonne poursuite des stratégies de croissance. L'Américain note au passage que le dévoilement du plan de spin-off, le 19 avril (CPH n°798), n'a eu aucun effet sur le cours de l'action. Elle est restée à environ 78 € par titre. Par contre, elle a bondi au-delà des 82 € sous l'effet de l'offre révisée. Au soir du 27 avril, le titre était toutefois revenu autour des 79 €...
 

PPG est aussi sûr de son affaire. Ensemble, les deux groupes disposeraient d'un avenir radieux. L'Américain évoque des synergies annuelles d'au moins 750 M$, et balaie les éventuels problèmes pour l'obtention des approbations des autorités de la concurrence, se disant certain de pouvoir les résoudre rapidement. Enfin, PPG est prêt à engager une clause de rétractation assortie d'un dédommagement « significatif » s'il renonçait à cette acquisition au final. Par ailleurs, l'offre s'accompagne de multiples engagements. PPG jure qu'il maintiendra les fortes attaches d'AkzoNobel aux Pays-Bas et en Europe. Il promet, entre autres, de ne délocaliser aucune usine européenne aux États-Unis, de conserver le siège des activités matériaux de spécialités et revêtements architecturaux et décoratifs aux Pays-Bas, et celui des revêtements de protection et pour les applications navales au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Il se dit aussi prêt à disposer de deux cotations sur le Nyse et Euronext Amsterdam. Pour les employés, les droits acquis et conventions salariales et sociales en vigueur seraient conservés, et aucun licenciement n'interviendrait aux Pays-Bas dans le cadre de l'acquisition. Enfin, l'Américain s'engage à améliorer les stratégies de croissance en place, à maintenir les niveaux de dépenses de R&D aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, à conserver les engagements en termes de développement durable, ou encore à garder des marques phares comme Dulux ou Sikkens.

Dernière couche de vernis : PPG a souligné ses attaches européennes et néerlandaises, datant de près de 300 ans. Sur 15 Mrds $ de chiffre d'affaires en 2016, plus de 4,1 Mrds $ ont été générés en Europe et 360 M$ aux Pays-Bas. Sur un total de 45 000 salariés, près de 1 000 officient aux Pays-Bas. Et sur 150 usines dans le monde, 45 sont implantées en Europe, notamment à Tiel, Delfzijl, Amsterdam, Uithoorn et Den Bosch. Pour AkzoNobel, la partie de poker s'annonce désormais plus difficile à négocier.

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