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Processium : « Nous investissons beaucoup sur l'intensification des procédés »

Propos par Aurélie Dureuil
Processium : « Nous investissons beaucoup sur l'intensification des procédés »

Pascal Rousseaux, fondateur et président de Processium.

© Processium

L'entreprise créée dans la région lyonnaise en 2002 se spécialise dans la conception et le développement de procédés, dans les secteurs de la chimie et des biotechnologies industrielles. La stratégie repose notamment sur l'intensification des procédés dans ces domaines. Rencontre avec Pascal Rousseaux, fondateur et président de Processium.

Infochimie : Processium a été créé en 2002. Quel développement la société a-t-elle connu depuis ?

Pascal Rousseaux : Aujourd'hui, Processium emploie une quarantaine de personnes. Nous devrions dépasser les 3 millions d'euros de chiffre d'affaires cette année. Nous travaillons pour la chimie et les biotechnologies blanches. Et nous avons d'autres secteurs qui se développent. Notre chiffre d'affaires est réparti entre la chimie (40 %), les biotechnologies (40 %) et les autres secteurs (20 %). Nous travaillons sur deux grands types de services : ceux liés aux développement et à la conception de procédés industriels et ceux liés aux produits.

 

Comment évoluent les secteurs sur lesquels vous êtes présents ?

P.R. : Il est clair que tout ce qui est autour du biosourcé est en train de monter en puissance. Nous sommes entrés sur ce marché en 2007-2008. Il y a vraiment une dynamique. Nous sommes également de plus en plus sollicités sur des secteurs comme ceux de la peinture, de l'automobile, du pétrole, de la pharmacie...

 

Comment se structure votre offre autour des procédés ?

P.R. : Nous aidons les industriels très en amont sur leurs projets. Nous sommes présents pour réfléchir avec eux aux différentes solutions en termes industriels. Nous sommes habitués à travailler avec peu d'éléments. Nous sommes capables d'accompagner les projets en intégrant un certain nombre de critères comme les performances techniques, environnementales, énergétiques, la propriété intellectuelle, les estimations économiques... Cet ensemble de critères est pris en compte en lien avec la stratégie de nos clients. Nous pouvons accompagner nos clients sur la montée en échelle, en partenariat avec les ingénieries, les bureaux d'études, les fournisseurs, les plateformes industrielles. Nous intervenons aussi bien sur des projets entièrement nouveaux, plutôt dans le domaine du biosourcé, que pour l'amélioration de process industriels, qui concerne plutôt la chimie traditionnelle.

 

Sur les procédés, vous êtes coordinateur du projet FUI Deeper. Quel est son objectif ?

P.R. : Nous investissons beaucoup sur l'intensification des procédés. Nous avons été sélectionné dans le cadre de l'appel à projets du FUI en 2015. Ce projet regroupe des industriels comme Bluestar Silicones et Novacap et plusieurs laboratoires de recherche universitaires. Il vise à mettre en place des outils d'aide à la décision. L'objectif est d'identifier très en amont les meilleures technologies de réacteurs dont des solutions innovantes comme les microréacteurs, les réacteurs à ultrasons ou utilisant des micro-ondes, les technologies couplées comme les distillations réactives... Face à ce large panel de technologies qui peuvent potentiellement présenter un intérêt en termes de performance, nous voulons mettre au point un outil qui aide les industriels à prendre les bonnes décisions, le plus en amont possible.

 

Vous proposez également des services autour des produits. En quoi cela consiste-t-il ?

P.R. : L'offre Produit a été constituée au départ pour l'appui à l'activité procédé. Pour concevoir un process, il faut connaître la stabilité thermique des produits, la thermodynamique des mélanges complexes, la cinétique des réactions... Nous avons mis en place une équipe spécialisée au meilleur niveau technique. Aujourd'hui, un certain nombre de clients nous demande la caractérisation de leurs produits. Ils veulent des données sur le comportement des produits, en particulier pour les utiliser en simulation de procédés. Nous avons développé un certain nombre de moyens techniques, notamment des logiciels, des outils de modélisation, des outils de laboratoires... Ces demandes ne concernent plus seulement les procédés mais aussi les produits. Cette offre permet d'orienter les choix quand il y a une problématique liée au produit. Par exemple, aujourd'hui beaucoup de solvants sont utilisés dans les procédés d'extraction ou les formulations. Ces solvants posent de plus en plus de problèmes environnementaux et ils doivent être remplacés. Notre approche permet de limiter le travail expérimental en accélérant le choix des solutions alternatives. Nous avons développé une offre autour de cette thématique. Nous voulons adresser de nouveaux marchés comme l'extraction de produits naturels ou les formulations pour les peintures, les huiles, le nettoyage.

 

Vous avez également une activité nommée e-thermo. Pouvez-vous détailler ce service ?

P.R. : Nous avons développé un logiciel de services en ligne qui stocke les informations, essentiellement physico-chimiques sur les produits de nos clients. Pour chaque client, nous lui permettrons de stocker toutes les données acquises sur ses produits. A cela, nous ajoutons toutes les données disponibles dans la littérature. Nous utilisons ensuite cette base de données pour mettre au point des modèles prédictifs qui permettent d'estimer les propriétés marquantes. Cette approche est très puissante et permet de gagner beaucoup de temps.

 

Vos services ont été cités récemment par Global Bioenergies. Comment êtes-vous intervenus ?

P.R. : Nous sommes très discrets sur nos clients, mais Global Bioenergies a communiqué ces informations. Nous les avons aidés à concevoir leur pilote qui va démarrer en Allemagne et nous avons effectué des tests préliminaires en laboratoire pour purifier leur produit. C'est un exemple qui illustre nos capacités à valider à l'échelle du laboratoire des solutions que nous proposons à nos clients. Nous essayons de trouver les procédés optimaux en termes de performances. Plus généralement, nos offres intéressent tous types de clients. Nous travaillons aussi bien pour les start-up que pour les grands groupes. C'est très varié. Quand un grand groupe se lance, par exemple, dans le biosourcé, ces thématiques peuvent être totalement nouvelles et ses équipes peuvent avoir besoin d'appui. On retrouve finalement des équipes internes quasi équivalentes à celles des start-up.

 

Vous êtes membres des pôles IAR et Axelera et de la plateforme TWB. Que vous apportent ces réseaux ?

P.R. : Grâce aux missions organisées par les pôles de compétitivité IAR et Axelera, nous sommes allés au Brésil, ce qui nous a permis d'y créer une filiale en 2014. Nous sommes actuellement en phase de démarrage. Nous avons recruté un business developer sur place depuis fin 2014 et nous sommes en train de mettre en place une équipe technique. Toujours avec le pôle IAR, nous avons été présents sur le salon Bio World Congress à San Diego en avril où nous avons pu faire une conférence. Cela nous a permis de mesurer l'intérêt du marché américain pour notre offre. De façon globale, nous avons une stratégie d'aller à l'export. Nous avons mis en place une équipe pour ce déploiement. Nous réfléchissons maintenant aux marchés que nous allons viser en priorité. Pour la France, il y a encore de beaux potentiels de développement, également.

PROCESSIUM EN CHIFFRES

2002 CRÉATION À LYON 2005 Membre d'Axelera 2010 MEMBRE D'IAR 2014 Création de Processium do Brasil 3 M€ : CA ATTENDU EN 2016 40 Effectif

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