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Protex associe croissances organique et externe

Propos recueillis par Aurélie Dureuil

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Aux manettes de la société familiale depuis une cinquantaine d'années, Robert Moor, p-dg de Protex International, mène l'entreprise en se montrant « prudemment agressif ».

Info Chimie : Pouvez-vous présenter la société Protex International ?

Robert Moor : Protex International est une entreprise familiale créée en 1932. Au début, Protex signifiait Produits pour le textile. Nous avons diversifié nos activités autour de la chimie de spécialités. Aujourd'hui, nous avons douze activités différentes dans 20 pays. Il s'agit de l'agriculture, l'électronique, les peintures et encres, les commodités, les spécialités chimiques, le papier, le textile, l'agroalimentaire, les biotechnologies, la chimie fine, la parfumerie et le traitement des eaux. Nous faisons de petites choses : ce que les grands ne veulent pas faire et ce que les autres ne savent pas faire.

 

Vous ambitionnez d'atteindre 200 M€ de chiffre d'affaires fin 2015 œndlr, 170 M€ de CA prévu en 2014æ. Quels sont les leviers ?

R.M. : Nous ne sommes pas très loin d'atteindre cet objectif de 200 millions d'euros de chiffre d'affaires. La croissance organique est indispensable et est renforcée par de la croissance externe. Fin octobre, nous avions enregistré une croissance de 8 % au total. Nos deux dernières acquisitions se sont déroulées aux États-Unis avec Mereco et Chartwell. Mereco complémente très bien Protovic America, dans la chimie de l'électronique. Les deux unités vont d'ailleurs être regroupées physiquement. Chartwell représente de nouvelles technologies que nous n'avions pas et que nous allons développer en Europe. Il s'agit de promoteurs d'adhésion exempts de silane. Ces deux opérations illustrent notre stratégie d'acquisitions soit de nouvelles technologies, soit de développement des marchés où nous sommes déjà.

 

Prévoyez-vous d'autres acquisitions ?

R.M. : Pour la croissance externe, le problème est le suivant : nous sommes extraordinairement sélectifs. Il faut satisfaire un certain nombre de critères, ce qui rend les sociétés qui sont intéressantes pour nous difficiles à trouver. Nous avons plusieurs dossiers à l'étude actuellement. J'applique la théorie du vélo : si on ne pédale pas, la bicyclette tombe. Notre objectif est que la croissance externe représente 10 à 15 % de nos ventes actuelles. Il nous faudrait donc ajouter au portefeuille de Protex International une ou deux compagnies par croissance externe.

 

Quels sont les marchés ciblés pour ces opérations de croissance externe ?

R.M. : Nous voulons nous renforcer à l'étranger, avec une priorité sur les États-Unis qui nous semble plus attractifs que beaucoup d'autres pays. Cette attractivité repose sur la facilité d'exercer. Cela ne veut pas dire que nous ne cherchons pas à nous renforcer en Chine, en Corée du Sud, en Indonésie, au Brésil et en Thaïlande. L'Europe ne nous passionne plus beaucoup. Je ne suis pas opposé à de la croissance externe en France, mais il ne reste plus grand chose.

 

Aujourd'hui, comment se répartit votre chiffre d'affaires entre vos différents marchés ?

R.M. : Nous réalisons 18 % de notre chiffre d'affaires aux Etats-Unis, 55 % en Europe et 19 % en Asie. Les 8 % restants se répartissent entre le Brésil, le Pakistan, le Sri Lanka... En termes de secteur d'activités, les spécialités chimiques et les matériaux pour l'électronique sont ceux qui se développent le plus. Et suivant les pays, certaines activités se développent bien. Par exemple, le textile au Brésil et en Corée du Sud. Viennent ensuite les activités additifs pour peinture, et dans une moindre mesure, les produits pour le papier.

 

Ces développements s'accompagneront-ils également de croissance interne ?

R.M. : La croissance organique est indispensable. Notre objectif est d'atteindre 7 % de croissance interne. Nous prévoyons des investissements, notamment en France et en Chine, ainsi qu'aux États-Unis.

 

Pouvez-vous nous détailler vos investissements en France?

R.M. : Nous allons augmenter de 30 % les capacités de production de Protelor, notre usine basée à Saint-Avold (Moselle) en Lorraine. Cet investissement concerne le marché des détergents et du papier. Nous allons investir plus d'un million d'euros sur ce site. Nous allons également injecter 1,5 million d'euros sur le site de Château-Renault (Synthron, Indre-et-Loire) pour augmenter également les capacités. Cette opération est destinée aux marchés des spécialités chimiques essentiellement. Ces deux augmentations de capacités seront opérationnelles au 31 mars 2015 au plus tard. Nous prévoyons peu d'embauches au niveau de la production mais davantage au niveau de la R&D. En effet, ces investissements vont permettre d'augmenter la productivité. Aujourd'hui, nous avons des équipements qui ne tournent pas à pleine capacité. Par ailleurs, nous avons sensiblement restructuré nos activités commerciales et avons nommé des responsables marché afin de dynamiser nos troupes.

 

Vous prévoyez également des investissements à l'étranger. Qu'en est-il ?

R.M. : Toutes nos unités sont petites. Nos filiales couvrent un secteur géographique et exportent peu. Nous sommes vigilants sur la qualité des produits. Nous sommes implantés dans les pays pour servir les clients qui sont aux alentours. Nous allons augmenter nos capacités sur des sites à l'étranger. Tout sera fini à la fin du premier semestre 2015. Nous avons prévu d'investir 3,5 M€ en Chine, 2M$ aux États-Unis, et 1,5 M$ au Brésil.

 

Vous possédez 12 centres de R&D à travers le monde et y investissez 5 à 6 % de votre chiffre d'affaires. Quelle est l'importance de la R&D pour Protex International ?

R.M. : La recherche et développement française irrigue toutes nos filiales à 80 %. Nos centres de R&D à l'étranger sont plutôt destinés à rendre service aux clients locaux. Aujourd'hui, l'électronique représente une grande part de nos investissements de R&D, près de 15 %. De plus, nous cherchons à nouer des partenariats avec des universités françaises et étrangères. Nous sommes obligés d'être très sélectifs. Nous avons une personne qui est responsable de ces partenariats de R&D avec les universités et les centres techniques.

 

Regardez-vous également les développements de la chimie du végétal ?

R.M. : Nous sommes opposés aux effets de mode. Sauf erreur, la chimie du végétal conduit à des prix de revient élevés, ce qui reste encore problématique.

PROTEX EN BREF

Création en 1932 Chiffre d'affaires : 155 M€ en 2013 (170 M€ prévus pour 2014 et objectif 200 M€ pour 2015), dont 80 % réalisés hors de France. Effectifs : 600 personnes 12 centres de R&D dans le monde (dont 3 en France à Château-Renault (Indre-et-Loire), à Noyant (Maine-et-Loire) et au Mée-sur-Seine (Seine-et-Marne)) 20 sites de production : en France (Château-Renault (Indre-et-Loire), Noyant (Maine-et-Loire), Saint-Avold (Moselle) et Mée-sur-Seine (Seine-et-Marne)), 1 en Italie, 1 en Espagne, 1 au Portugal, 1 au Royaume-Uni, 3 aux États-Unis, 3 en Chine, 2 en Corée du Sud, 1 en Indonésie, 1 en Thaïlande, 1 à Taïwan, et 1 au Brésil. Domaines d'activités : Parfumerie, traitement de l'eau agro-alimentaire, chimie fine, agriculture, textile, spécialités chimiques, papier, peinture et revêtements, électronique, biotechnologies et commodités.

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