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Prudence sur la croissance

Julien Cottineau

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Ce sera mieux que prévu. De 9,5 %, la prévision de croissance pour la chimie en volume sur un an a été revue à la hausse, à + 9,8 %. Soit presque le double de la prévision en début d'année 2010 qui s'établissait à seulement + 5,5 %. L'Union des industries chimiques (UIC) s'est montrée prudente, mais la chimie en France s'est bel et bien redressée. Ce redressement ne rattraperait toutefois que les volumes abandonnés en 2009 (- 9,7 %). Globalement, le secteur renoue avec ses niveaux d'avant-crise. C'est plus un soulagement qu'un cri de victoire. D'autant que la prudence demeure. L'UIC avance une prévision de seulement 2,4 % de croissance en 2011. Il subsiste un « manque de visibilité », regrette Catherine Herrero, responsable des affaires économiques. « Nous sortons d'un contexte de soutien important à l'activité industrielle en France et en Europe qui devait relancer les moteurs de croissance. Mais les nouveaux éléments en Europe font craindre une évolution modérée. Il n'y a pas beaucoup de forts moteurs de croissance qui se profilent et l'environnement économique n'est pas porteur ». Ces dernières semaines, la morosité a regagné le Vieux continent. Entre la fin des divers plans de relance, le retour à l'austérité annoncé par de nombreux budgets nationaux, et les graves difficultés affichées par certains états membres, Irlande en tête, la conjoncture n'est pas radieuse. En France, les grèves contre la réforme des retraites et surtout le blocage du port de Marseille ont de plus affecté financièrement l'industrie chimique. L'UIC chiffre à plusieurs centaines de millions d'euros la perte de chiffre d'affaires, dont plus de 600 M€ juste pour les exportations à partir de Marseille.

Pourtant, les exportations ont bien rebondi cette année. Car si l'Europe fait encore grise mine, c'est plus guilleret, conjoncturellement parlant, dans certaines régions du monde. Comme en Asie, tirée par le rugissant moteur chinois. Les exportations chimiques ont su profiter du regain des marchés extérieurs pour afficher une hausse de 16 % en valeur sur les neuf premiers mois, ce qui a rattrapé la chute de 16 % en 2009. Catherine Herrero juge qu'avec « encore un trimestre à venir, on peut peut-être atteindre les 18 % sur l'année ». Les exports sont d'autant plus cruciaux qu'ils avaient représenté 63 % des 67,6 Mrds € de chiffre d'affaires total de la chimie en France l'an dernier.

Du côté des secteurs, le champion incontestable est celui des savons, parfums et produits d'entretien : + 14,7 % en 2010 et + 4 % en 2011. Les parfums ont fortement rebondi à l'export, tandis que la consommation des ménages a bien soutenu l'ensemble. Fortement impactée dès le début de la crise, la chimie de base a retrouvé des couleurs (+ 7,5 %) et s'inscrit dans la moyenne pour 2011 (+ 2,4 %). Les engrais et les phytosanitaires ont aussi repris des forces grâce au renforcement des prix agricoles et des conditions climatiques, mais ils ont juste retrouvé leurs niveaux de 2006-2007. Les spécialités, elles, accusent le coup. « La diffusion de la reprise est plus longue à s'effectuer dans les spécialités », relève Catherine Herrero. « Elles sont plus exposées à la concurrence internationale. Les grands débouchés comme l'automobile, et surtout la construction, ont aussi du mal à repartir ». Les spécialités ne devraient afficher qu'une croissance modérée de 5,7 %. Avant de retrouver un peu de dynamisme (+ 2,7 %) en 2011. Ce qui ne compensera pas la baisse de 14,4 % en 2009. Certains sous-segments ne retrouveront donc pas leurs niveaux d'avant crise avant 2012. Voire « jamais » prédit l'UIC.

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