Nous suivre Info chimie

Quelques nouvelles du front

Sylvie Latieule Rédactrice en chef

Sujets relatifs :

, ,

De quoi parle-t-on aujourd'hui dans l'industrie chimique ? Cette question m'est souvent posée, lorsque je rencontre des interlocuteurs variés, qu'ils soient issus ou non du milieu de la chimie. En ce début d'année 2018, je leur répondrais sans doute que l'industrie chimique en France tâche de trouver sa place dans deux feuilles de route. La première, relative à la bioéconomie, avait été publiée en 2017 par le précédent gouvernement. Mais la nouveauté porte sur la présentation d'un plan d'action, destiné à faciliter sa mise en oeuvre, à l'occasion du Salon de l'agriculture. Logiquement, le gouvernement doit aider au développement des produits biosourcés dans des applications non alimentaires par différentes voies, par exemple la création de labels, une prise en compte du caractère biosourcé dans les marchés publics, le soutien au développement du biogaz, plus de communication... Est-ce que cela créera massivement de l'emploi et de l'activité économique ? Cela reste à prouver. En France, c'est l'agro-écologie qui a le vent en poupe, là où le Royaume-Uni parle d'agriculture productive, d'emploi et d'investissements en biologie de synthèse pour ne citer que quelques points clés qui nous séparent. La deuxième feuille de route est celle de l'Économie circulaire, sur le point d'être publiée. Élaborée en grande concertation avec de nombreuses parties prenantes, incluant deux consultations publiques, elle laisse encore craindre la marque d'un certain dogmatisme écologique. Il consisterait à privilégier la prise de mesures pour alléger nos consciences (par exemple, décréter le recyclage de 100 % des plastiques) plutôt que de s'inscrire dans une réelle logique économique de création de valeur et d'emplois.

Sur un tout autre sujet, je soulignerais les travaux qui sont en train de démarrer au niveau de l'UIC (Union des industries chimiques) pour relier Responsible Care (RC) et RSE. Tout le monde connait cet engagement de progrès, né au Canada en 1985, auquel les industriels de la chimie ont commencé à adhérer dans les années 1980. Et même s'il est mondialement reconnu par l'ONU comme la contribution de l'industrie chimique aux objectifs du développement, il a encore une forte connotation HSE. D'où cette idée de renforcer la partie « dialogue avec les parties prenantes » pour bien aligner les engagements du RC avec les attentes sociétales. Et de permettre aux entreprises de la chimie, via le RC, de répondre à des questionnements de plus en plus nombreux de leurs clients autour de leur politique RSE.

Dernier point, il semblerait que le syndicat professionnel l'UIC cherche à changer de nom. L'idée était sur la table depuis de longues années, ravivée en 2014 par la publication de l'étude « les mots de la chimie ». À l'époque, un cabinet spécialisé avait été chargé de construire une « carte mentale » à partir de la réaction d'un millier de Français à 180 mots de la chimie. Il était apparu que le mot « chimique » était systématiquement connoté négativement et couplé à des risques supposés pour la santé et l'environnement. En revanche, en tant que science, la chimie bénéficiait d'un certain capital sympathie. D'où la conclusion qu'il était préférable de parler de « chimie » plutôt que d'« industrie chimique ». Dans sa nouvelle dénomination, l'UIC en prendra certainement acte. Finalement en 1963, les fondateurs de ce magazine avaient été bien inspirés de le baptiser « Informations chimie », son nom d'origine qui s'est contracté en « Infochimie ». Un nom logiquement perçu comme sympathique.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

[Édito Plan de relance] : la chimie et la pharma aux aguets

[Édito Plan de relance] : la chimie et la pharma aux aguets

Le plan de relance de l'économie française est encore en cours de préparation. Cependant, on sait qu’il mobilisera 100 milliards d’euros sur deux ans. Un montant à mettre en regard du plan de relance[…]

24/07/2020 | Edito Hebdo
[Édito] : Quand Reliance se met au vert

[Édito] : Quand Reliance se met au vert

[Édito] : Ineos toujours aussi dépensier

[Édito] : Ineos toujours aussi dépensier

[Édito] : La chimie lyonnaise secouée par les municipales

[Édito] : La chimie lyonnaise secouée par les municipales

Plus d'articles