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Recherche : Le CNRS trace les grandes lignes de sa nouvelle politique industrielle

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En 2005, les contrats liés aux innovations ont rapporté près de 600 Mh au CNRS. Sur ce total, seulement 19 % concernent des accords passés avec des industriels, soit 113,4 M€. Un chiffre qui devrait évoluer dans les années à venir grâce à la création en juillet 2006 de la Direction de la politique industrielle (DPI). Cette nouvelle entité remplace et renforce l'ancienne Délégation aux entreprises (DAE).
« Elle a pour objectif de multiplier les contrats de recherche ou de licence avec les industriels afin de mieux valoriser les innovations du CNRS », explique Marc Ledoux, directeur de la DPI. En son sein, la Cellule stratégique de la politique industrielle (Cespi) a pour rôle d'analyser l'opportunité de prendre un brevet, de signer une licence ou de lancer des études stratégiques et économiques. La Cellule opérationnelle de la politique industrielle (Copi) gère, quant à elle, les transferts de technologies, les créations d'entreprises et coordonne l'action du CNRS au sein des pôles de compétitivité. Deux structures complémentaires supportent ces entités: le Fist, France Innovation Scientifique et Transfert (Fist), filiale du CNRS et de l'Anvar, qui s'occupe de la préparation à la prise de brevets, du courtage technologique et du portage de capital pour les jeunes pousses. Et le Réseau du partenariat et de la valorisation (RéSPV) qui aide les structures du CNRS à monter des collaborations de toute nature (entreprises, région, Europe…) et des dossiers de dépôts de brevets. La DPI compte également établir une réelle politique de gestion des brevets, car « un brevet a beaucoup plus de valeur s'il est défendu par une famille de brevets. Ce qui lui confère une meilleure protection et valorisation », explique Marc Ledoux. Multiplier les dépôts de brevets pour mieux protéger les innovations Le CNRS dépose près de 200 brevets chaque année et en détient aujourd'hui près de 2650 principaux. Désormais, le délai de dépôt de brevet ne devrait pas prendre « plus de trois semaines après la déclaration d'invention », garantit Marc Ledoux. Cette mesure a pour but d'encourager les chercheurs à déposer un brevet quand leur découverte s'y prête. Pour cela, nos délégations régionales serviront de relais. En Europe, les chercheurs hésitent à déposer des brevets car cette démarche est longue et retarde la publication de leurs résultats scientifiques, alors que les Américains ont le droit de publier avant de breveter ». Un problème qui se pose moins souvent dans le domaine de la chimie, qui englobe les recherches en pharmacie dans la structure du CNRS. « Les inventions sont plus faciles à breveter car il s'agit la plupart du temps de molécules, et non de processus. C'est dans ce domaine que nos résultats sont les meilleurs: nous y comptabilisons 90 % de retour financiers », constate Marc Ledoux. Des revenus essentiellement portés par le taxotère qui génère à lui seul plus de la moitié de ces retours (sous licence). Et sans lui, les quelques 240 laboratoires spécialisés dans les sciences de la vie et la chimie génèrent 75 % des redevances. Le CNRS veut multiplier les accords-cadres et adapter son offre aux PME/PMI En 2005, cinq accords-cadres ont été signés, dont un dans le domaine de la chimie avec Bayer Cropscience. Ce qui porte à 34 le nombre total de partenariats de recherche spécifiques conclus avec des grands groupes comme Rhodia, Pierre Fabre, Servier, Fournier ou Aventis Pharma. « Nous comptons augmenter les effectifs des services liés aux accords-cadres », précise Annie Guedj, directrice du service des relations aux entreprises. « Et développer les accords avec les industriels étrangers », complète Marc Ledoux. En 2005, les contrats avec des groupes étrangers ont généré 21 M€, contre 92 Mh avec les industriels français. En tête arrivent les sociétés américaines (41 %), allemandes (14 %) et britanniques (12 %). Le CNRS compte également rendre plus accessible l'offre technologique du CNRS, en particulier pour les PME/PMI. Une approche qui se traduit concrètement par la mise en place d'un moteur de recherche appelé “répertoire de compétence” depuis juin 2005. Les Directions régionales de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) assureront également le relais auprès des PME. La création d'entreprise en dernier recours « La création d'entreprises, en aval de l'activité du CNRS, est justifiée lorsqu'un brevet ne trouve pas preneur de licence, car créer une start-up ralentit le processus d'innovation. Nous n'avons donc pas pour objectif d'en créer davantage », explique Marc Ledoux. En 2005, seulement 30 entreprises ont été créées. En tout 246 entreprises ont été lancées par le CNRS, dont 213 sont toujours vivantes. Par secteur d'activité les Technologies de l'information et de la communication (TIC) génèrent le plus d'entreprises, suivi par le domaine du vivant, de la santé et de l'agro-alimentaire (30 %) et de celui des matériaux et de la chimie 14 %.

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