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Recul de 1,4% de la production chimique en France sur les 7 premiers mois 2015

Julien Cottineau

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C'est une mauvaise surprise. Sur les sept premiers mois de l'année, la production chimique en France en volume a fléchi de 1,4 % en glissement annuel. Ce qui n'était pas du tout prévu par l'Union des industries chimiques (UIC). Après une bonne année 2014, ayant affiché une robuste croissance de 2,9 %, l'UIC imaginait 2015 plutôt en rose. D'autant que « nous avons abordé l'année avec des facteurs exogènes favorables », note Philippe Goebel, le président de l'UIC. Entre la baisse des prix du pétrole et des matières premières, la contraction de l'euro face au dollar, et des taux d'intérêts plus bas, cela semblait prometteur. Et une croissance de 2 % paraissait envisageable pour l'année. Désormais, l'UIC ne table plus que sur 0,5 % pour 2015. Ce qui va nécessiter un rebond costaud au second semestre après -1,4 % de janvier à juillet. Toutefois, le point bas aurait été atteint au printemps et la production se serait revigorée depuis.
 

« Les importations ont nettement progressé »


Deux facteurs principaux ont joué les trouble-fête depuis le début de l'exercice. D'abord la demande domestique, qui n'est toujours pas dynamique. Même si certains secteurs industriels, comme l'automobile, ont rebondi, d'autres comme la construction demeurent toujours en dépression. Ensuite, et ce qui constitue une surprise : les importations en volume ont nettement progressé, alors que les exportations n'ont connu qu'une faible augmentation. Surtout, la production en France a été concurrencée aussi bien par les importations depuis la zone euro que celles depuis la zone dollar. Ce phénomène n'avait pas été réellement anticipé. Portées par des prix du gaz particulièrement avantageux, les solutions azotées américaines ont notamment pesé sur la progression des importations et contrebalancé l'aubaine d'un euro plus faible. Si cet avantage monétaire n'a finalement pas été bénéfique pour les volumes, il a paradoxalement fait la différence en valeur. Car dans le même temps, et c'est une bonne nouvelle, le solde commercial de la chimie en France s'est porté à un record de 5,1 milliards d'euros sur sept mois. Soit environ 500 M€ de plus que sur la même période en 2014, qui avait pourtant été une année record et avait abouti à un total de 7,4 Mrds €.
 

Par secteur, à l'exception des spécialités et leur bond de 0,7 % sur sept mois (1,2 % attendu pour 2015), tous les autres secteurs sont dans le rouge. Plombée par des achats d'engrais en berne à cause de conditions climatiques défavorables, par la concurrence internationale, et la faible demande industrielle, la chimie minérale a enregistré de janvier à juillet un recul de sa production de 5 %. L'UIC espère que le secteur limitera le repli à 2 % pour l'année. Après un bon rattrapage l'an dernier (+5,6 %), la chimie organique a souffert depuis le début de l'année d'une série d'incidents techniques et de production, essentiellement au printemps, et d'une demande encore insuffisamment franche. Résultats des courses : -2,5 % pour la production sur les sept premiers mois. Une croissance nulle pour l'année est désormais espérée. Enfin, le secteur des savons, parfums et produits d'entretien a affronté une demande décevante. Après -1 % en sept mois, l'UIC compte sur une reprise qui permettrait d'atteindre +1 % sur l'année. Malgré cette conjoncture morose et ces prévisions revues nettement à la baisse, l'UIC veut toutefois rester positive. Alors qu'à fin 2014, l'ensemble de l'industrie en France était encore loin d'avoir rattrapé son niveau de production d'avant la crise de 2009, la chimie affichait l'an dernier un niveau de 5 % supérieur pour sa production par rapport à son point haut de 2008. Au final, cela ne semble donc pas trop inquiétant.

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