Nous suivre Info chimie

Recycler le polyéthylène des films plastiques usagés

Au Muy, Dinhill On

Le spécialiste français du traitement des déchets a ouvert les portes de son centre de tri du Muy dans le Var. Il y montre son procédé innovant de tri pour valoriser les films en polyéthylène.

Alors que la demande en polymères se fait de plus en plus importante, les industriels du secteur du traitement des déchets sont amenés à investir de plus en plus dans des procédés de collecte, de tri et de valorisation des matières plastiques en fin de vie. C'est le cas de Pizzorno Environnement sur son site du Muy (Var). Depuis fin 2012, la société participe au projet RecyFilms, qui visait à mettre en place une solution technique permettant le tri automatique des films plastiques issus des déchets ménagers. Ce programme a été soutenu à hauteur de 368 000 €, répartis entre les différents partenaires de RecyFilms : Eco-Emballages (25 %), l'Ademe (25 %) et un consortium industriel (50 %). Il est composé de Pizzorno Environnement, Valorplast (société à but non lucratif spécialisé dans le recyclage des plastiques), ainsi qu'Ar-Val et Titech (fournisseurs d'équipements industriels de tri). Ce projet visait en l'occurrence à trier spécifiquement le polyéthylène (PE) des films d'emballages usagés, en vue d'une valorisation. Durant 21 mois, le centre de tri du Muy a traité près de 2 000 tonnes par an de déchets issus de collectivités pilotes pour l'extension des consignes de tri des emballages plastique (Fayence, Brignoles et La Croix-Valmer) ainsi que de collectivités « classiques ».

Pour l'occasion, le site a été équipé d'un module spécifique composé notamment d'un crible balistique, et d'une machine à tri optique infrarouge. « Le crible balistique permet ainsi de trier les déchets à corps creux de ceux à corps plats. Quant au système de tri optique, il aide à séparer les films plastiques en polyéthylène des autres », explique Davide Valour, directeur adjoint de la valorisation chez Pizzorno Environnement. Afin d'optimiser le procédé de tri des films, le centre du Muy a été suivi par Valorplast. « Nous avons accompagné Pizzorno Environnement dans le passage d'une ligne de tri manuel à une autre automatisée. Notre mission consistait également à analyser la qualité des films en flux sortant, et de mesurer le taux de captage avant et après l'installation du module. Enfin, nous étions chargés de la formation des opérateurs, notamment pour le pré-tri des films de dimensions importantes », détaille Xavier Chauvet, délégué régional pour la zone Sud-Est chez Valorplast.

 

Une expérimentation de recyclage réussie

 

Après un peu plus d'une année de mise en oeuvre, les résultats procurés par la nouvelle ligne de tri affichent des résultats « convaincants ». Le taux de captage des films est ainsi maintenu entre 83 et 85 %. En ce qui concerne le flux de films entrants, il se compose de 74 % de films et sacs en PE acceptés, et de 26 % de flux refusés (films plastiques en polypropylène, polychlorure de vinyle, ou complexes). « Les films refusés font l'objet d'une valorisation énergétique », ajoute Xavier Chauvet. En outre, le niveau de pureté du polyéthylène trié par le procédé automatisé est passé de 81 à 92 %, permettant ainsi aux recycleurs une valorisation matière. En outre, la ligne de tri a permis un gain net de productivité au niveau du débit horaire. Il s'est accru de 25 %, passant de 6 à 7,5 tonnes par heure. Le bilan économique du projet est tout aussi satisfaisant, comme le développe David Valour (Pizzorno Environnement) : « Le nouveau procédé est également une réussite industrielle. En effet, il n'engendre pas de surcoût pour le client, le coût du tri s'élevant à 383 à la tonne. En supposant que notre centre du Muy puisse sortir 200 tonnes de films PE par an, le temps de retour sur investissement du module serait amorti en 3,7 années ».

Au travers de cette réussite, le projet RecyFilms a démontré la possibilité de procéder à un recyclage à moindre coût de certains films d'emballage plastique, plus précisément à une nouvelle source potentielle d'approvisionnement en PE. Un succès qui pourrait inspirer d'autres acteurs du domaine, sachant que la transformation des centres de tri a été identifiée par Éco-Emballages comme l'une des « conditions incontournables » à une extension des consignes de tri en vue d'un meilleur recyclage des plastiques.

ÉCO-EMBALLAGES VEUT DOUBLER LE RECYCLAGE DES PLASTIQUES

L'éco-organisme de pilotage du recyclage des emballages ménagers en France a annoncé un plan de relance du recyclage de 90 millions d'euros sur deux ans. Le plan initié par Éco-Emballages prévoit notamment une enveloppe de 45 M€ pour la deuxième phase de son projet d'expérimentation de valorisation des plastiques. Cette somme servira notamment à l'expérimentation actuelle dont le Muy est un des sites pilotes (15 M€) à venir (10 M€). Les 20 M€ restants seront dédiés à la modernisation et à l'accompagnement, l'adaptation des centres de tri, ainsi qu'aux nouveaux projets. Cette tranche d'expérimentation a pour but d'ici au 1er janvier 2016 d'impliquer 20 à 30 centres de tri supplémentaires afin de tripler le tonnage de nouveaux plastiques recyclés. Ce plan s'inscrit dans la volonté d'Eco-Emballages de doubler le taux de recyclage de plastique sur le territoire national à l'horizon 2030, en le passant de 23 à 56 %.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

BASF consolide son activité biotechnologique

BASF consolide son activité biotechnologique

Le leader allemand de la chimie fine BASF a annoncé acquérir Isobionics, spécialiste néerlandais des arômes naturels, et entamer un partenariat avec Conagen, centre de R&D américain dans le domaine[…]

14/10/2019 | BiotechnologiesActualités
Lenzing investit dans une unité d’acide sulfurique plus durable

Lenzing investit dans une unité d’acide sulfurique plus durable

Global Bioenergies reçoit 3,5 M€ de l’Ademe dans le cadre d’Isoprod

Global Bioenergies reçoit 3,5 M€ de l’Ademe dans le cadre d’Isoprod

BioImpulse trouve une alternative aux résines à base de formol

BioImpulse trouve une alternative aux résines à base de formol

Plus d'articles