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RENÉ PICH, PRÉSIDENT DE SNF FLOERGER «La réindustrialisation de l'Europe sur la chimie de spécialité se fera indubitablement dans les 5 à 20 prochaines années.»

Juliette Badina
RENÉ PICH, PRÉSIDENT DE SNF FLOERGER «La réindustrialisation de l'Europe sur la chimie de spécialité se fera indubitablement dans les 5 à 20 prochaines années.»

© © SNF Floerger

L'Europe se désindustrialise lentement au profit des zones de croissance. Les grands industriels de la chimie y contribuent. Seules des activités très innovantes qui vont dans le sens du développement durable ont des chances de se maintenir.

« J'identifie aujourd'hui deux freins majeurs à la chimie européenne : la délocalisation asiatique, et la multiplication des réglementations européennes, notamment la mise en place du système Reach. Une bonne partie de la pétrochimie va disparaître d'Europe. Au bénéfice de l'Arabie saoudite, dont les coûts de production sont moitié moindres. En ce qui concerne les autres productions chimiques, nous reviendrons certainement dans les prochaines années à une production européenne. Au bénéfice des grandes plateformes belges (Anvers), néerlandaises (Amsterdam) ou allemandes (Lugwigshafen ou Leverkusen) situées au cœur de l'Europe. La France, elle, n'a pas su saisir les opportunités de développement de zones industrielles chimiques. La zone portuaire de Dunkerque était pourtant une candidate idéale, avec une place centrale pour desservir l'Europe. Mais aujourd'hui, même Total ferme sa raffinerie ! Et si la France veut avoir sa place dans la réindustrialisation de l'Europe sur la chimie de spécialités dans les prochaines années, nos politiques doivent d'ores et déjà songer à un plan d'investissement à long terme pour dégager des zones industrielles adaptées pour y accueillir toute la chimie. Il faut s'en donner les moyens. Mais la chimie fait peur. Un autre constat : l'Hexagone manque cruellement de chimistes de spécialités. Pour preuve, avec un chiffre d'affaires supérieur au milliard d'euros, nous sommes le troisième chimiste français de spécialités. Ce qui, ne nous le cachons pas, est ridicule par rapport à nos voisins ! Depuis nos débuts en 1967 avec la reprise d'une petite société stéphanoise de 22 employés, nous nous étendons uniquement par croissance interne. Les polyacrylamides représentent 95 % de notre chiffre d'affaires. Nous détenons aujourd'hui 40 % de la production mondiale en ce composé. Cela a été une véritable chance pour nous d'être dans le domaine de l'eau. Il s'agit d'un secteur en croissance perpétuelle, contrairement à celui des peintures par exemple qui dépend de la santé des secteurs industriels de l'automobile ou du bâtiment. Nous n'avons aucun besoin de nous diversifier, contrairement à la plupart des sociétés de chimie de spécialités qui doivent tourner avec cinq types de produits différents pour absorber les cycles. »


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