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Résultats/BASF supprime également 4 000 emplois

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Le numéro un mondial de la chimie BASF, à l'instar de ses concurrents, souffre du ralentissement mondial : outre une révision à la baisse de ses objectifs de résultats, le groupe allemand compte supprimer 4 000 emplois dans le monde pour tenter de sortir la tête de l'eau. Quelques semaines auparavant, il avait annoncé la fermeture de dix sites et de quatorze usines dans le monde. Ainsi le site de Birkenhead (Grande-Bretagne) touché par un incendie ne sera pas reconstruit, la production de l'unité d'Anheim (Pays-Bas) sera transférée vers Ludwigshafen et deux sites américains, les productions d'acryliques au Texas et de vitamines en Caroline du Nord vont être arrêtées (Chimie hebdo n°135, p 26). Ce plan de restructuration devrait permettre à BASF d'économiser 400 millions d'euros par an. Ses dirigeants ont annoncé que le bénéfice opérationnel pour l'année 2001 serait en recul par rapport à l'année précédente en raison du tassement de la conjoncture, des prix élevés des matières premières et d'une politique de déstockage chez les clients. Le bénéfice net pourrait cependant enregistrer une hausse de 10 % si les conditions s'améliorent. Plus inquiétant encore : selon le président du directoire de BASF, Jürgen Strube, " une amélioration significative de la conjoncture économique sera nécessaire " ainsi que " d'importants efforts " de la part du groupe pour parvenir à atteindre ses objectifs à moyen terme. A savoir, une hausse d'au moins 10 % par an en moyenne du bénéfice opérationnel de 2000 à 2002. " Nous y verrons plus clair en septembre ", a-t-il prudemment ajouté. Cependant, la décision est déjà prise de réduire les investissements de 400 M€ à environ 2 Mrds € en 2002. Le tableau s'est considérablement noirci pour BASF au deuxième trimestre. Le chimiste a vu son bénéfice net sombrer de 97,5 % à 11 millions d'euros pendant cette période, plombé par une charge de près de 450 M€ liée à ses efforts de restructuration. Hors charges de restructurations, le bénéfice opérationnel semestriel a reculé de 5,1 % à 1 713 M€ et de 41,2 % à 1 093 M€ après éléments exceptionnels. Son chiffre d'affaires a chuté de 7,1 % à 8 329 millions d'euros au deuxième trimestre (+7,2 % sans les activités désinvesties ou en cours de désinvestissement cette année : fibres industrielles, colorants textiles, polyoléfines, pharmacie) et augmenté de 1 % sur le semestre. " Nous entamons la plus importante restructuration de notre histoire ", s'est justifié John Stickings, responsable de la division Europe de BASF. " Toutes les régions du monde seront touchées par les suppressions d'emplois ", a-t-il ajouté. Ainsi, le groupe allemand, qui avait déjà prévu l'an dernier quelque 2 800 suppressions de postes, va devoir encore réduire ses effectifs de 1 200 emplois supplémentaires au cours des dix-huit prochains mois. Soit, au total, 3,8 % de ses effectifs mondiaux. Dans ce cadre, " nous ne pouvons pas exclure la France ", a précisé J. Strube, même si BASF ne prévoit " pas de grandes coupes " dans les quelques centaines d'emplois que compte le groupe dans l'Hexagone. " Seul le site de Levallois - où sont concentrées des activités de service - sera concerné ", a souligné J. Stickings, et " nous mettrons en place des plans sociaux, après avoir discuté avec les syndicats. " BASF a enregistré un recul notable de son chiffre d'affaires sur ses deux principaux marchés, l'Europe (-11,1 %) et l'Amérique du Nord (-5,2 %). La branche agrochimie et nutrition a réalisé un bénéfice opérationnel de 378 M€ sur le semestre (+24,3 %) pour un chiffre d'affaires de 3 624 M€ (+12 %) mais les marchés attendaient une meilleure performance en raison de l'intégration d'American Home Products. Le secteur le plus touché reste cependant la division Plastique et fibres, dont le chiffre d'affaires a chuté de 27 % au deuxième trimestre et de 24,5 % (à 4 313 M€) sur les six mois. Le bénéfice opérationnel a enregistré une forte chute (72 %) sur le semestre à 137 millions d'euros ; le point faible étant le recul important enregistré dans les styréniques et les fibres. Le secteur chimie a enregistré une hausse de 7,4 % de son chiffre d'affaires à 2 265 M€, mais son bénéfice opérationnel a reculé de 40,1 %, en raison essentiellement de la faiblesse de la pétrochimie. Le chiffre d'affaires des colorants et produits d'ennoblissement a augmenté de 1,7 % (4 206 M€) mais son bénéfice opérationnel a chuté de 85,5 % (à 50 M€), touché notamment dans son domaine des monomères et des dispersions pour papier. En revanche, avec des progressions de plus de 50 % en CA comme en résultat opérationnel au premier semestre, le secteur "gaz et pétrole" du groupe a réalisé de bonnes performances, profitant du prix des matières premières et du niveau élevé du dollar.

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