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Résultats/Bayer va supprimer au moins 1 800 emplois, fermer 15 sites de production

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Bayer, en pleine tourmente suite au retrait, annoncé le 8 août, de l'anticholestérol Baycol/Lipobay (voir p.16), l'un de ses médicaments vedettes, veut supprimer au moins 1 800 emplois (dans une première phase) et fermer 15 sites de production dans le monde. Ces mesures sont cependant sans lien direct avec le retrait quasi-total de ce médicament, souligne Bayer qui affirme que son programme de réduction des coûts et d'amélioration des structures est le complément d'un programme déjà prévu d'amélioration de la rentabilité à long terme face aux évolutions conjoncturelles. Le groupe n'avait cependant jamais mentionné officiellement auparavant l'existence de ce programme, qui doit permettre de réaliser des économies annuelles de 1,5 milliard d'euros en 2005. Ces mesures ne prennent pas encore en compte l'impact à venir du retrait du Baycol/Lipobay. Ce programme répond en revanche directement à une chute importante des résultats. Le groupe de Leverkusen a enregistré un bénéfice opérationnel avant éléments exceptionnels de 1,5 Mrd € (-23 %) au premier semestre. Sur cette période, le bénéfice net est en baisse de 3 % en glissement annuel, à 1 Mrd €. Ce chiffre tient compte de gains exceptionnels liés à la vente pour 300 M€ de 50 % de la société pétrochimique Erdölchemie en mai dernier. Au premier semestre, le chiffre d'affaires du groupe a atteint 15,6 Mrds € (+8 %) sans tenir compte d'Erdölchemie et des fibres, dont 5,7 Mrds € dans les polymères (+8,6 %), 4,9 Mrds € dans la santé (+3,8 %), 2,5 Mrds € dans la chimie (+18,6 %) et 2,1 Mrds € dans l'agriculture (stable). Au deuxième trimestre, le chiffre d'affaires a progressé de 2 % à 8,07 Mrds €. Pour le seul deuxième trimestre, la chute du bénéfice opérationnel a atteint 44,8 % par rapport à la même période en 2000 à 508 millions d'euros. Ce résultat est nettement inférieur aux prévisions des analystes, qui attendaient un bénéfice opérationnel compris entre 718 et 860 M€. Au deuxième trimestre, le bénéfice net a progressé de 18,2 % sur un an à 564 M€. Pour l'ensemble de l'année, le groupe a largement revu à la baisse ses prévisions de 3 Mrds €. " Cette baisse est très décevante ", a admis Manfred Schneider, président du directoire du groupe. " L'amélioration attendue de la conjoncture ne s'est pas encore matérialisée ", a-t-il expliqué. La conjoncture s'est révélée morose, marquée par un tassement de la demande et une hausse du prix des matières premières qui n'a pu être répercutée sur les produits vendus aux clients. Le retrait du Baycol/Lipobay représente cependant un coup dur supplémentaire pour le groupe puisque ce médicament aurait dû générer un chiffre d'affaires d'un milliard d'euros cette année. D'autant plus que c'est la deuxième fois depuis le début de l'année que Bayer doit retirer un médicament du marché. Le Konegate, un anti-hémophilique, s'était déjà attiré les foudres de la Food & Drug Administration (FDA) américaine qui y avait détecté des bactéries. Cette première mésaventure qui coûte au groupe 350 M€ s'est déjà fortement répercutée sur les résultats de la division Santé du groupe. Au premier semestre, le bénéfice opérationnel du secteur santé a chuté de 39 % à 400 M€ et sa marge opérationnelle n'a pas dépassé 9 % contre 15,3 % au premier semestre 2000. Or, avec le retrait de Baycol, " les bénéfices de la division Santé vont vraisemblablement être de 40 % à 50 % inférieurs à nos prévisions, et nous ne pourrons pas réaliser une marge de 20 % en 2002, comme nous le pensions ", explique le groupe. Bayer devrait subir un préjudice à hauteur de 600 à 650 M€ sur ses bénéfices 2001 du fait du retrait du Lipobay/Baycol, a déclaré son directeur financier Werner Wenning. Sur ce montant, 250 à 300 M€ sont des coûts exceptionnels, a-t-il précisé. Le programme de réduction des coûts doit permettre dès cette année des économies d'un " montant à trois chiffres en millions " dans les secteurs santé, polymères et chimie, affirme le groupe allemand. En 2002, Bayer en espère près de 1 milliard d'euros et en 2005 jusqu'à 1,5 milliard d'euros. Le tribut le plus lourd sera payé par le secteur des polymères qui verra la fermeture de quinze de ses sites de production et la suppression de 1 800 emplois au niveau mondial. Plus de 700 millions d'euros doivent être économisés en 2005 dans cette seule division, précise Bayer. Le groupe espère en outre économiser chaque année 600 millions d'euros dans le secteur de la santé, entre autres, en recourant à la fermeture de certains sites de production, sans en spécifier le nombre. Des suppressions d'emplois supplémentaires " ne sont pas exclues ", a indiqué Bayer. Dans le secteur de la pharmacie, Bayer prévoit d'" optimiser le développement des médicaments et de réorienter la commercialisation ". Le secteur parapharmacie notamment réalisera de fortes économies grâce à la concentration de ses sites. Les 200 M€ d'économies restantes concernent le secteur de la chimie. Bayer précise cependant qu'une grande partie de son programme de restructurations concerne les filiales étrangères, citant en exemple Bayer Corporation aux Etats-Unis. En Allemagne en revanche, le groupe entend respecter les accords passés avec les syndicats qui excluent les licenciements économiques jusqu'en 2004. Le secteur phytosanitaire, très rentable, ne sera pas remis en question. Bayer répète d'ailleurs qu'il maintient son intention d'acquérir le groupe d'agrochimie Aventis CropScience. Au niveau des suppressions d'emplois, Bayer, devrait finalement supprimer " plus de 4 000 emplois d'ici à 2005 ", soit 3,3 % de ses effectifs mondiaux, a indiqué le groupe : " nous avons déjà supprimé 2 000 emplois dans le monde l'an dernier, et nous prévoyons de supprimer plus de 4 000 emplois (supplémentaires) d'ici à 2005 ". " Nos cadres dirigeants verront leur salaire baisser ", a également averti M. Schneider. Bayer n'est pas le seul à devoir réduire la voilure. Son principal concurrent en Allemagne, BASF, vient d'annoncer la suppression de 4 000 emplois dans le monde pour faire face au ralentissement de son activité (voir page suivante). Conséquence de cette crise : Bayer a vu 7 milliards € de capitalisation boursière partir en fumée en 24 heures le jour suivant le retrait de son médicament phare contre le cholestérol qui va lourdement peser sur ses résultats et a annoncé le report de son entrée à la Bourse de New York à " début février 2002 ". La cotation à Wall Street était prévue initialement le 26 septembre. Cette décision est " la conséquence des développements qui se sont produits à la suite de l'arrêt de la commercialisation de l'anticholestérol Baycol/Lipobay ", a expliqué le groupe de Leverkusen. " Les conditions pour notre entrée en Bourse ont été profondément modifiées au cours des derniers jours ", a ajouté M. Schneider. Entre le retrait du médicament le 8 août et le 16 août, la capitalisation boursière de Bayer a fondu de plus d'un quart. " Nous ne voulons pas entrer en Bourse sur ce qui est, pour nous, le marché des capitaux le plus intéressant au monde sans avoir apporté des réponses convaincantes aux questions qui se posent ", a-t-il fait valoir. " Nous avons besoin de temps pour cela ", a-t-il ajouté.

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