Nous suivre Info chimie

Résultats/Ciba Specialty Chemicals s'attend à une année 1999 difficile

Sujets relatifs :


Ciba Specialty Chemicals (CSC) devrait connaître en 1999 un nouvel exercice en recul. Rolf Meyer, le président du groupe, est plutôt pessimiste et estime que la tendance négative du second semestre "devrait se poursuivre" avec "une croissance de la demande qui devrait plafonner entre 0 et 1 % et des réductions de prix supplémentaires". Alors que certains producteurs s'attendent à une remontée à partir du milieu de l'année, R. Meyer pense que l'industrie chimique "n'aura pas atteint son niveau le plus bas à la mi-1999" et que la marge actuelle du groupe avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissements (Ebitda) " ne pourra être maintenu. Il faudra probablement concéder un point ou un peu plus". Ce qui rendra d'autant plus difficile à atteindre l'objectif de rentabilité fixé par le patron de CSC. R. Meyer vise une marge opérationnelle (Ebitda/chiffre d'affaires) de 18 à 20 %. Hors l'an dernier cette marge n'a pas dépassé 16,1 % (contre 15,7 %) et serait restée stable sans les activités de traitement des eaux d'Allied Colloids, le groupe britannique acquis en cours d'année. Grâce à l'apport des nouvelles activités, le bénéfice opérationnel (Ebitda) est ainsi passé de 1231 M FS en 1997 à 1356 M FS en 1998. En revanche, le bénéfice net (avant charges) a reculé de 35 % à 369 MFS (231 M d'euros) en raison d'un accroissement des frais financiers qui sont passés à 372 M FS, lié à l'acquisition d'Allied Colloids. Le groupe enregistre même une perte nette de 739 M FS (contre un bénéfice de 293 M FS en 1997) après la prise en compte de 1002 M FS de charges exceptionnelles (liées également à Allied Colloids) et de 137 M FS pour restructuration, dont 90 M FS pour le regroupement des colorants et pigments au sein d'une nouvelle division " colors ". La cure d'amaigrissement, qui a déjà commencé, se traduit pour l'ensemble du groupe par la suppression de 1100 postes et devrait permettre une économie de 150 M FS en 1999. La déception provient surtout de la conjoncture qui, souligne R. Meyer " s'est nettement détériorée au second semestre et surtout sur les deux derniers mois ". Ce ralentissement économique a entraîné un recul du bénéfice opérationnel au second semestre et s'est traduit par une baisse de 3,5 % des prix sur l'année. La crise asiatique est responsable d'une baisse des ventes d'environ 170 M FS. En outre CSC a souffert d'un renchérissement du franc suisse qui lui a coûté 100 à 130 M FS de bénéfice opérationnel et 3,5 points de chiffre d'affaires. La croissance du chiffre d'affaires -de 8 % à 8423 M FS- est due à une augmentation des ventes en volumes (+ 4,5 %) et surtout à l'accroissement du périmètre d'activité (+ 10,2 %). Outre l'acquisition d'Allied Colloids, Ciba a échangé ses additifs pour vinyl contre les résines époxy de Witco. Les effets du ralentissement économique ont été ressentis différemment selon les marchés finaux. Le domaine des plastiques connaît "de bonnes perspectives de croissance à moyen teme", tout comme l'automobile, les encres et peintures, souligne le groupe. En revanche plusieurs secteurs comme les plastiques, l'automobile, le textile et le papier souffrent de surcapacités. La situation est particulièrement critique sur le marché du textile qui a connu " un recul de 13 à 15 % l'an dernier et même de 30 % dans la laine", remarque R. Meyer. Le polyester a également souffert avec une chute de 50 % des prix. En outre l'Asie a augmenté de 40 % ses exportations de fils vers les Etats-Unis qui ont été durement touchés. Le marché américain du textile a perdu 11000 emplois en 1998 et l'hémorragie se poursuit, notamment avec l'annonce récente de la fermeture de 50 % de l'outil de production de Levi's. En conséquence, le marché mondial des colorants textiles s'est replié de 13 % et les ventes de CSC ont reculé de 6 % "ce qui montre cependant que le groupe a réussi à gagner des parts de marchés", remarque Michael Jacobi, directeur financier de CSC. Ce secteur a connu une baisse de sa marge opérationnelle qui est passée de 12,8 % du chiffre d'affaires en 1997 à 6,6 % l'an dernier. Afin d'en rétablir la rentabilité, CSC a à la fois engagé un programme de réduction du personnel et décidé de fusionner les colorants textiles et les pigments au sein d'une seule division afin de faire jouer les synergies dans la mesure ou 70 % des matières premières se recoupent. Les pigments qui ont enregistré des ventes en légère hausse et une marge opérationnelle de 21 % sont l'élément moteur de la division, grâce notamment à un environnement porteur dans l'automobile. L'ensemble de la division "colors" a enregistré l'an dernier un bénéfice de 335 M FS (- 18 %) pour un chiffre d'affaires de 2344 M FS (- 5,6 %) L'autre maillon faible du portefeuille de CSC sont les résines de base pour polymères (essentiellement les résines époxy) qui sont tombées dans le rouge l'an dernier (après charges pour restructuration). En juillet dernier, CSC avait annoncé la possibilité de se dégager de cette activité qui représente un chiffre d'affaires d'environ 1 Mrd FS et où il se place au troisième rang mondial. Depuis, CSC a surtout cherché à réduire les coûts sur un marché surcapacitaire marqué par la fusion de plusieurs clients. "Une cession paraît actuellement difficilement envisageable" estime M Jacobi dans la mesure où le numéro deux du secteur, Shell -le numéro un étant Dow Chemical- cherche également à céder ses résines époxy. L'ensemble de la division polymères de performance qui comprend, outre les résines de base, des produits à plus forte valeur ajoutée comme des systèmes formulés, a enregistré l'an dernier un recul de 40 % de son bénéfice à 118 M FS et un CA en hausse de 10,1 % (grâce à l'intégration des activités de Witco) à 1791 M FS. Définis comme des secteurs à faible croissance, les colorants pour textiles et les résines époxy devraient voir leur part dans le portefeuille se réduire. "Nous voulons exploiter les possibilités de croissance sélective", a expliqué R Meyer qui a sélectionné cinq métiers porteurs "qui représentent la moitié de notre chiffre d'affaires et auxquels nous allons consacrer deux tiers de nos ressources en investissements et en recherche et développement". Il s'agit des additifs pour plastiques, des produits de traitement des eaux, des additifs pour peintures, des produits de soin et pour la maison et des pigments pour encres, peintures et plastiques. La division additifs, qualifiée de " succes story " par le groupe a enregistré l'an dernier une marge opérationnelle record de 24,5 % (contre 21,5 % en 1997), "dans la marge supérieure de ce que l'on peut faire", estime M. Jacobi, avec un bénéfice en hausse de 6,5 % à 539 M FS et un CA en recul de 6 % à 2199 M FS (+ 1 % à périmètre comparable). La nouvelle activité de traitement des eaux, héritée d'allied Colloids et qui sera cette année intégrée dans les additifs, enregistre sur neuf mois un CA de 722 M FS et un bénéfice de 142 M FS. Malgré un recul de la demande et des prix dans les produits destinés aux secteurs, pétroliers, miniers et pétroliers, la marge bénéficiaire est en légère hausse. La division produits de consommation (produits de soin, produits d'ennoblissement pour textile, additifs pour détergents, antimicrobiens,..) a réalisé un CA de 1370 M FS (+ 0,3 %) et un bénéfice de 210 M FS (+ 7,1 %). Les performances sont contrastées entre les produits pour textile qui ressentent la crise du marché et les azurants optiques en pleine croissance. Parallèllement au recentrage du portefeuille sur cinq secteurs clés, CSC poursuit sa politique de réduction des dépenses qui sera à la fois marquée par une amélioration de la chaîne d'approvisionnement et surtout une forte baisse des investissements qui ont déjà reculé de 523 M FS en 1997 à 459 M FS en 1998 (de 6,7 % du CA à 5,4 %). CSC va de nouveau réduire son budget de 100 MFS en 1999. "Il n'est plus question d'accroître les capacités [...] Nous pouvons ralentir le rythme après les importants investissements réalisés lers années précédentes", explique R Meyer qui vise un budget moyen compris entre 350 et 450 MFS pour les prochaines années. n De Zurich, Cyrienne Clerc

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

Arkema rachète 550 M€ d'actifs à Total

Arkema rachète 550 M€ d'actifs à Total

Par cette acquisition, Arkema met un peu plus le cap vers les spécialités et se garantit 900 M€ de chiffre d'affaires supplémentaires à l'horizon 2015.Le groupe Arkema annonce un projet d'acquisition des résines pour revêtements (peintures,[…]

Construction d'un pilote de PEKK  à Serquigny

Construction d'un pilote de PEKK à Serquigny

Bayer MaterialScience veut doubler ses ventes en Asie

Bayer MaterialScience veut doubler ses ventes en Asie

Dow Corning et Wacker inaugurent leur site chinois

Dow Corning et Wacker inaugurent leur site chinois

Plus d'articles