Nous suivre Info chimie

Résultats/Le recul de la demande et les charges de restructurations plombent BASF

Sujets relatifs :


BASF, a enregistré au troisième trimestre une baisse de 57 % de son bénéfice opérationnel avant éléments exceptionnels à 328 millions d'euros, alors que les analystes misaient sur un chiffre supérieur compris entre 336 et 474 Meuros et prévoit pour 2001 des charges de restructuration de l'ordre de 850 Meuros. Liées aux 4 000 suppressions d'emplois déjà programmées ainsi qu'aux réductions de capacités de production, celles-ci vont fortement peser sur les résultats du groupe en 2001. BASF a aussi annoncé qu'il allait fermer à titre temporaire plusieurs unités de production sur son site principal de Ludwigshafen pendant la deuxième quinzaine de décembre et le début janvier. D'autres usines du groupe dans le monde pourraient en outre faire l'objet de mesures identiques (voir p.1). " 2001 a été une année sans précédent pour l'économie mondiale ", a estimé le patron du groupe, Jürgen Strube. " Nous nous sommes adaptés à ce climat économique difficile et nous avons pris nos précautions ", a-t-il ajouté. Le groupe de Ludwigshafen a cependant enregistré au troisième trimestre 2001 un bénéfice net de 123 Meuros, en hausse de 21,8 % sur un an. Mais cette progression s'explique quasi-exclusivement par des gains exceptionnels liés à la cession de sa pharmacie à Abbott. Le chiffre d'affaires ressort à 7 199 Meuros, en baisse de 21,7 %, le changement de périmètre lié à la vente de la pharmacie comptant pour 16,9 %. Sur les neuf premiers mois de l'année, le gain exceptionnel lié à la vente de sa pharmacie gonfle de 6 121 Meuros son bénéfice net qui ressort ainsi à 6 327 Meuros contre 1 013 Meuros sur la même période de 2000. Sans ce bénéfice exceptionnel, le bénéfice net aurait été plus proche des 200 Meuros. Sur les trois premiers trimestres, le chiffre d'affaires recule de 6,8 % à 24 817 Meuros et le bénéfice opérationnel de 39,5 % à 1 407 Meuros. BASF avoue cependant ne pas savoir quand s'opérera un retournement de tendance. Et, pour les mois à venir, les pronostics ne sont guère optimistes. Le groupe prévoit ainsi une nouvelle baisse de son chiffre d'affaires et de ses bénéfices au quatrième trimestre par rapport au troisième trimestre. Et " sur l'ensemble de l'année, le chiffre d'affaires et le bénéfice opérationnel avant exceptionnels seront clairement plus faibles qu'en 2000 ", a-t-il précisé. Le groupe allemand compte cependant économiser 240 Meuros l'an prochain, soit 50 Meuros de plus que le chiffre annoncé en août dernier grâce à ses restructurations. Par ailleurs, la mise en place d'une nouvelle organisation devrait également lui permettre de dégager des économies de coûts supplémentaires de 400 Meuros. Le groupe a en outre annoncé une réduction de 400 Meuros de ses investissements l'an prochain qui s'explique par un recul de la demande qui entraîne BASF à limiter la construction de nouvelles capacités. Mais aussi par la comparaison avec les années précédentes qui avaient enregistré une hausse exceptionnelle des investissements comme ceux réalisés en Louisiane dans les polyuréthanes et dans le vapocraqueur commun avec Atofina à Port Arthur, unités qui sont dorénavant terminées. Au total les investissements prévus sur les cinq prochaines années devraient être inférieurs de 20 % à la moyenne des cinq dernières années. Cependant le site de Ludwigshafen restera privilégié, bénéficiant de 25 % des investissements en 2002 (20 % en 2001) avec le passage de l'électrolyse chlore/soude à la technologie membranes, de nouvelles capacités dans la soude, la construction d'une unité de polyvinylimine et des projets dans les pigments. Pour expliquer le recul de ses ventes et de ses bénéfices, BASF met en avant la faiblesse de ses marges : " il est pratiquement impossible d'imposer des hausses de prix " alors que dans la pétrochimie, les coûts " ont souffert de la volatilité des prix des matières premières ", explique J. Strube. Le groupe a continué d'enregistrer un important recul de son chiffre d'affaires sur ses deux principaux marchés, l'Europe (-25,9 % au troisième trimestre, -10,6 % sur neuf mois) et l'Amérique du Nord (-24,5 % sur trois mois, -5 % sur neuf mois). Seules les ventes en Asie Pacifique ont augmenté de 7,4 % au troisième trimestre et de 11 % depuis le début de l'année, en raison notamment du démarrage de nouvelles capacités. D'importants investissements débutent par ailleurs en Chine à Nanjing et Caojing (Chimie Hebdo n°144, p.4 et n°145, p.1). La division la plus touchée a été celle des plastiques et fibres (première division du groupe avec 6,2 Mrds euros de CA sur neuf mois) avec un recul des ventes de 34,7 % au troisième trimestre et du bénéfice opérationnel de 94,5 %. Sur les neuf mois, les ventes chutent de 28 % et le bénéfice opérationnel de 79,6 %. " Bon nombre de clients ont prolongé les arrêts estivaux et réduisent leurs stocks " face à la baisse de la demande, explique J. Strube. Les fibres ont pris de plein fouet le recul de la demande tandis que les styréniques et les polyuréthanes ont réussi à stabiliser leurs ventes mais ont vu leurs prix faiblir ainsi que leurs marges. BASF a réagi en fermant une unité obsolète de Styrodur à Anvers. Cependant, les anciennes unités sont remplacées par des unités plus compétitives comme celle de diisocyanate de toluène à Geismar (Louisiane) ou de styrène à Ludwigshafen (capacité de 550 000 t/an). La division Chimie a réussi à augmenter son chiffre d'affaires sur les neuf mois (+3,6 %) malgré un recul de 3,4 % au troisième trimestre. Mais la chute des marges dans la pétrochimie - surtout marquée en début d'année en raison du prix fort du pétrole - a fait reculer le bénéfice opérationnel de la division de 34,7 % sur les trois trimestres et de 18,5 % au troisième. Le bénéfice est également entamé par les coûts liés aux démarrages du vapocraqueur de port Arthur et des unités d'alcools oxo et de plastifiants en Malaisie. Les produits inorganiques, et notamment les spécialités pour l'électronique, ont en revanche connu une évolution positive. Dans les Produits de performance, " la fusion des spécialités chimiques et des colorants a permis de réaliser d'importantes synergies ", souligne J. Strube. Cependant les ventes ont reculé de 8,6 % au troisième trimestre et de 1,9 % sur neuf mois. Parallèlement, la division enregistre un recul de 37,7 % de son bénéfice opérationnel au troisième trimestre et de 70,9 % sur neuf mois. La division Agrochimie et nutrition a enregistré un recul limité de ses ventes sur neuf mois (- 3,9 %) malgré une chute de 35,2 % au troisième trimestre. Sur neuf mois, la division enregistre en revanche un bénéfice opérationnel de 254 Meuros contre une perte de 132 Meuros l'an dernier. La division a bénéficié d'acquisitions dans l'agrochimie (American Cyanamid) ce qui explique une hausse de 53,8 % de ventes agrochimiques sur neuf mois et dans les vitamines (Takeda). Cette dernière opération a permis une hausse de 18,4 % des ventes dans la chimie fine depuis le début de l'année. Mais ces acquisitions ont été compensées par la vente de la pharmacie qui représentait, l'an dernier sur neuf mois, un chiffre d'affaires de 1 768 Meuros.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

Les persulfates pointés du doigt en décoloration capillaire

Les persulfates pointés du doigt en décoloration capillaire

L'agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) recommande de « réduire au maximum » et « dans les meilleurs délais » les persulfates d'ammonium, de potassium et de sodium, notamment[…]

Des tensions géopolitiques qui raffermissent les cours du pétrole, sans excès

Des tensions géopolitiques qui raffermissent les cours du pétrole, sans excès

La Métropole de Lyon dévoile les 14 lauréats de son Appel des 30

La Métropole de Lyon dévoile les 14 lauréats de son Appel des 30

Solvay réorganise son comité exécutif

Solvay réorganise son comité exécutif

Plus d'articles