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Retour des grands projets pétrochimiques en Chine ?

Julien Cottineau Rédacteur en chef de Chimie Pharma Hebdo jcottineau@infopro-digital.com

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La chronique de Julien Cottineau

Il y a encore dix ans, la pétrochimie américaine était moribonde. Les projets s'empilaient en Chine. Mais la révolution des gaz de schiste a complètement rebattu les cartes. Nombre de projets pétrochimiques sont en suspens en Chine et il est à parier que de nombreux ne sortiront plus des cartons. En parallèle, l'industrie chimique américaine a retrouvé un incroyable dynamisme. L'American Chemistry Council (ACC) calculait, mi-septembre, que les montants cumulés des investissements annoncés dans la chimie et les plastiques aux États-Unis atteignaient 202,4 Mrds $ depuis 2010 ! Surtout, 53 % de ces investissements sont déjà finalisés ou en cours d'implantation, et 41 % en phase de planification. À l'inverse, les projets de vapocraqueur en Chine sont aussi rares que ceux d'exploitation de gaz de schiste en Europe.

Pourtant, trois grands projets ont été annoncés en Chine, cet été. En juillet, BASF dévoilait un protocole d'accord pour un second Verbund chinois. Ce projet de 10 Mrds $ porte sur un vapocraqueur de 1 Mt/an, avec toute une panoplie d'unités en aval. Début septembre, ExxonMobil a signé un accord-cadre pour un vapocraqueur flexible de 1,2 Mt/an, accompagné de capacités de polyéthylène et de polypropylène. Enfin, mi-septembre, Sabic a conclu un protocole d'accord pour un complexe pétrochimique de taille mondiale dans le Fujian. Mais sans en dire plus.

Les pétrochimistes pourraient-ils ainsi se remettre à investir massivement en Chine ? Rien n'est moins sûr. Patrick Pouyanné ne semble pas y croire. Le 25 septembre, lors d'une présentation aux investisseurs à New-York, le patron de Total s'est dit d'ailleurs « surpris de voir des entreprises annoncer des projets sur base naphta en Chine, aujourd'hui. Ce n'est pas une matière première avantageuse ». Notons que l'idée de BASF repose sur un complexe très diversifié avec beaucoup d'intermédiaires et de spécialités en fin de chaîne. Soit une vision beaucoup plus large et avale qu'un simple complexe pétrochimique. Le projet ExxonMobil repose de son côté en partie sur des apports en GNL. Pour Sabic, dans tous les cas, les réserves énergétiques de l'Arabie Saoudite devraient lui conférer un avantage compétitif, même en Chine. Ainsi, ces trois projets chinois relèvent sans doute plus d'une loi des séries que d'une réelle tendance.

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