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Rétrospective Chimie 2016 : Agrochimie, engrais et gaz industriels trustent les opérations géantes

La rédaction

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L'année 2016 a été riche en opérations d'envergure. Si la chimie de spécialités a généré des consolidations majeures, les transactions dantesques se sont concentrées dans l'agrochimie, les engrais et les gaz industriels. Façonnant au passage de nouveaux leaders mondiaux.

 

(Cliquez sur les titres pour retrouver et consulter les articles)

 

JANVIER 

 

Solvay renonce au recyclage des terres rares
 

Le chimiste belge décide de stopper ses deux unités de recyclage de terres rares en France, à Saint-Fons (Rhône) et La Rochelle (Charente-Maritime). Le premier site se recentrera sur son activité historique de vanilline, le second sur les formulations à base de terres rares.

 

FÉVRIER 


Raid de ChemChina sur Syngenta
 

Le groupe chinois lance une offre de plus de 43 milliards de dollars sur le géant suisse des phytosanitaires qui avait résisté en 2015 à des tentatives de Monsanto. Cette fois-ci Syngenta est séduit par le projet de ChemChina. Mais la finalisation de l'opération n'est toujours pas achevée en ce début 2017.

 

AkzoNobel reprend les revêtements industriels de BASF
 

Le groupe néerlandais s'engage à débourser 475 M€ pour la reprise de l'activité de revêtements industriels de BASF, plus focalisé sur les revêtements automobiles. AkzoNobel reprend dans ce cadre deux usines au Royaume-Uni et en Afrique du Sud.

 

MARS

 

Premières livraisons d'éthane américain pour Ineos
 

L'Ineos Intrepid, premier des navires de la flotte du pétrochimiste européen pour l'importation d'éthane américain en Europe, débarque le 23 mars à Rafnes en Norvège. À la fin de l'été, Ineos amorcera ses premières livraisons sur son complexe écossais de Grangemouth.

 

Sherwin-Williams offre 11,3 Mrds $ pour Valspar
 

L'Américain Sherwin-Williams lance une offre de 11,3 Mrds $ pour s'emparer de son compatriote Valspar. L'opération permettrait de créer un nouveau leader mondial des peintures et revêtements, devant PPG. La transaction doit être finalisée au premier trimestre 2017.

 

Novacarb construira en Asie
 

Le groupe français Novacap, dont Eurazeo prend le contrôle en avril, annonce fin mars que sa filiale de chimie minérale construira sa première usine à l'étranger. Novacarb envisage d'implanter une usine de 70 000 t/an de bicarbonate de soude à Singapour dont la mise en service est prévue pour mi-2017.

 

AVRIL

 

Naissance d'Arlanxeo
 

Constitution officielle d'un nouveau géant des caoutchoucs. Arlanxeo, au chiffre d'affaires annuel d'environ 3 Mrds € est détenu à parts égales entre Lanxess et Saudi Aramco, allégeant le premier de sa dépendance aux caoutchoucs tout en diversifiant le portefeuille du second.

 

Arkema cède une partie de Ceca
 

Le chimiste français Arkema accepte l'offre de l'Américain Calgon Carbon pour la reprise de son activité Charbons actifs et agents de filtration, intégrée à sa filiale CECA. L'opération est évaluée à 145 M€.

 

Lanxess acquiert les désinfectants de Chemours
 

Pour 210 M€, le chimiste allemand fait l'acquisition de l'activité Clean and Disinfect du groupe américain.

 

MAI

 

Deal à 3,8 Mrds $ entre Evonik et Air Products
 

Le groupe allemand propose 3,8 Mrds $ pour l'acquisition des spécialités et additifs pour revêtements d'Air Products. Le groupe américain poursuit ainsi son recentrage sur les gaz industriels.

 

Airgas incorporé à Air Liquide
 

Finalisation de l'acquisition d'Airgas par Air Liquide pour 13,4 Mrds $, débouchant sur la création du leader mondial des gaz industriels.

 

Bayer s'attaque à Monsanto
 

Démarrage d'un des plus grands feuilletons de 2016 avec l'annonce publique d'une offre de 62 Mrds $ de Bayer pour s'emparer de Monsanto et créer le leader mondial de l'agrochimie. Le bras de fer va durer tout l'été.

 

CF Industries et OCI renoncent à fusionner
 

Face aux mesures de l'administration Obama pour limiter l'évasion fiscale, CF Industries et OCI abandonnent leur projet commun de fusionner. Cette opération qui était évaluée à 8 Mrds $ et avait été initiée en 2015 aurait abouti à la création d'un géant mondial des engrais azotés.

 

JUIN

 

Westlake s'empare d'Axiall
 

Après des mois de négociations, l'Américain Westlake Chemical s'empare de son compatriote Axiall pour 3,8 Mrds $. Réunis, les deux groupes forment un acteur majeur du chlore et du PVC en Amérique du Nord.

 

Chemetall rejoint BASF
 

Le géant mondial BASF lance une offre de 3,2 Mrds $ auprès d'Albemarle pour l'acquisition de sa division Chemetall, centrée sur les traitements de surfaces métalliques. L'opération sera finalisée en décembre.

 

Sun Products dans le giron d'Henkel
 

Pour 3,2 Mrds €, l'Américain Sun Products rejoint le groupe allemand. L'opération permet à Henkel de se positionner comme numéro 2 des lessives en Amérique du Nord.

 

JUILLET

 

Arkema acquiert Den Braven
 

Le chimiste français offre 485 M€ pour la reprise du Néerlandais Den Braven. L'opération, finalisée en décembre, permet à Bostik de se renforcer dans les mastics de haute performance.

 

AOÛT

 

Amorçage du rapprochement Linde-Praxair
 

Les géants allemand et américain des gaz industriels entament des négociations exclusives en vue d'une fusion. Négociations qui échouent à la fin de l'été et provoquent certains remous chez Linde, avant d'être relancées à l'automne et d'aboutir à un accord fin décembre. Ensemble, Praxair et Linde devraient former le nouveau leader mondial des gaz industriels.

 

SEPTEMBRE

 

Bayer remporte la mise pour Monsanto
 

Après des mois de tractations et une montée des enchères, Monsanto accepte une offre colossale de 66 Mrds $. Bayer s'engage dans la plus grande acquisition de son histoire pour former le numéro 1 mondial de l'agrochimie. L'opération a mauvaise presse en Europe et les écueils politiques promettent de ne pas rendre aisée la finalisation.

 

Agrium et PotashCorp fusionnent
 

Les deux géants canadiens des engrais s'accordent sur une fusion. Une opération dantesque de 36 Mrds $. Avec Agrium, PotashCorp consolidera bien plus fermement sa position de leader mondial des engrais.

 

Chemtura repris par Lanxess
 

Le groupe américain de spécialités est séduit par une offre de 2,4 Mrds € proposée par Lanxess. Le groupe allemand espère ainsi se positionner comme un champion international des additifs.

 

OCTOBRE

 

Jean-Pierre Sauvage nobelisé
 

Professeur émérite de l'université de Strasbourg, le Français Jean-Pierre Sauvage décroche le prix Nobel de chimie aux côtés de l'Écossais Fraser Stoddart et du Néerlandais Bernard Feringa pour la conception et la synthèse de machines moléculaires.

 

Total cède Atotech à Carlyle
 

Le groupe français poursuit son désengagement des spécialités chimiques. Total accepte l'offre de 3,2 Mrds $ de Carlyle pour lui céder Atotech, leader mondial de la chimie de métallisation. Outre la pétrochimie, Total ne détient plus qu'Hutchinson dans le domaine de la chimie.

 

Catastrophe à Ludwigshafen
 

Quatre personnes perdent la vie et environ trente sont blessées sur le gigantesque complexe allemand de BASF à Ludwigshafen à la suite d'une explosion accidentelle lors de travaux sur des pipelines d'éthylène.

 

NOVEMBRE

 

Total et Corbion se lancent dans le PLA
 

Le groupe néerlandais Corbion s'associe au géant pétrochimique français pour ses projets thaïlandais dans la polymérisation d'acide polylactique (PLA). Ce qui permet à Total de signer son entrée industrielle dans le domaine des bioplastiques.

 

DÉCEMBRE

 

Solvay cède Acetow à Blackstone
 

Pour 1 Mrd €, Solvay décide de céder sa division Acetow, géant mondial des câbles d'acétate de cellulose, au fonds Blackstone. L'opération doit permettre au chimiste belge de continuer de recentrer son portefeuille vers des spécialités à haute valeur ajoutée tout en réduisant sa dette.
 

INTERVIEW ...Trois questions à Jean Pelin, directeur général de l'UIC

Que retenir de l'année 2016 ?

L'année aura été marquée par quelques bouleversements géopolitiques, comme le Brexit, l'élection de Donald Trump. 2016 aura aussi été une année où le prix du pétrole est resté bas, en moyenne à 43 $ le baril. C'est un élément majeur pour la chimie, avec une conséquence positive sur l'ensemble de l'aval. Dans ce contexte, l'industrie chimique en France a plutôt bien tiré son épingle du jeu. Malgré les grèves du deuxième trimestre, la croissance devrait au moins atteindre 1 % en volume. Ce n'est pas l'euphorie mais nous restons sur notre dynamique de consolidation. Certains marchés aval ont bien marché, en particulier avec la reprise de l'automobile ou encore de la construction en fin d'année. En valeur, les prix ont baissé dans un contexte de pétrole bas, mais les marges ont été restaurées. En France, on a aussi ressenti une impulsion sur la thématique de l'industrie du futur. Sous l'influence des pouvoirs publics, il y a eu une vraie sensibilisation des industriels afin d'accélérer le processus de numérisation, une meilleure intégration de la supply chain, un nouveau système de management. Nous avons dû encore une fois faire face à une stigmatisation des produits chimiques en 2016. Il y a eu tous les débats liés aux perturbateurs endocriniens avec les critères publiés par l'UE en juin, mais cela a continué toute l'année. C'est un processus d'attaque purement émotionnel contre les entreprises de la chimie en France.

Quels sont les enjeux pour 2017 ?

Les cours du pétrole devraient repartir à la hausse. Nous sommes très sensibles à cette évolution qui a un impact sur les marges, sur le développement de la chimie du végétal, ou encore sur la manière dont les gouvernements abordent, par exemple, la fiscalité énergétique. Ils devraient évoluer dans une tranche de 50 à 60 $/b. Les Américains vont reprendre les forages de gaz de schiste, offrant ainsi aux entreprises aux États-Unis une énergie plus compétitive. Par ailleurs, le Brexit va rentrer dans le dur. On devrait en voir les premières conséquences, comme l'impact sur les dépenses d'investissement et sur les flux d'achat et de vente de produits. Au niveau réglementaire, deux gros enjeux sont en vue : les perturbateurs endocriniens, bien sûr, ainsi que les modifications sur le système des échanges de quotas de CO2 (ETS) pour la période 2020-2030. Certains déploreront que nous soyons sur la défensive sur ces sujets, mais nous devons être attentifs car les réglementations ne prennent pas suffisamment en compte les enjeux industriels. Il faut éviter toute sur-réglementation. Du côté des entreprises, des restructurations pourraient se poursuivre, notamment dans le domaine de la chimie fine. Certains acteurs de taille moyenne se demandent comment se reconfigurer par rapport à ce que fait la big pharma. 2017 sera l'année de la présidentielle en France.

Comment l'UIC se prépare ?

Nous allons évidemment interpeller, soit directement soit avec d'autres fédérations industrielles, les candidats ou leurs équipes sur les éléments nécessaires à une vraie politique industrielle. Les candidats doivent comprendre que la chimie est un secteur d'avenir qui sait se renouveler et qui jouera un rôle dans l'industrialisation et la ré-industrialisation du pays. Il faut sensibiliser sur les enjeux de l'industrie, dont la part dans le PIB est tombée de 15 % à 12 %, et de la chimie en particulier. Nous avons réalisé en 2016 une étude qui a identifié les leviers permettant de tripler la croissance de la valeur ajoutée de notre secteur : une simplification et une cohérence réglementaires, le maintien et le développement de l'innovation, et la question des infrastructures, notamment le fret, et les plateformes. Ce sont des sujets majeurs qui doivent être entendus par les pouvoirs publics. Du côté de l'énergie, l'essentiel est que soient maintenues les conditions correctes qu'ont les industriels énergivores et électro-intensifs. Mais avant tout, nous avons besoin d'un ministère de l'Industrie, en regroupant a minima l'industrie et l'énergie. Voire une partie de l'environnement. Cessons d'opposer les dogmes de l'environnement et du développement industriel.

Propos recueillis par Julien Cottineau

 

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