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Rhodia détaille son programme de restructurations

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Tout en annoncant ainsi « le plus mauvais résultat historique de Rhodia », Jean-Pierre Clamadieu s'est livré au difficile exercice qui consistait à expliquer le processus de négociations en vue du refinancement de la dette et le programme de restructuration adoptées par le groupe. La renégociation de la dette était le premier objectif pour la nouvelle direction de Rhodia. Une ligne de crédit de 1,4 milliard d'euros, dont 1 milliard d'euros a déjà été utilisé, et un placement obligataire de 249 millions d'euros auprès d'investisseurs aux Etats-Unis sont assortis d'objectifs et de contraintes financières (covenants) que le groupe ne pourra pas assurer fin 2003. « Le challenge est de trouver des modalités afin de remplacer ces deux lignes de financement par une ligne bancaire à moyen terme ». Le montant de 1 milliard d'euros de crédits bancaires déjà utilisé est en cours de renégociation et Rhodia compte le remplacer par un ligne bancaire à moyen terme de 700 millions d'euros, les 300 millions d'euros restants devant être remboursés grâce au produit des premières cessions. Le marathon engagé avec les banques a déjà permis à la direction de Rhodia de définir les grandes lignes d'un accord qui lui permettrait de garder les lignes de crédits existantes jusqu'à la mi-2004. Cette ébauche d'accord a été obtenue avec un groupe de travail de trois banques et J.-P. Clamadieu est « confiant sur l'issue des négociations ». Une bonne nouvelle qui a permis au titre Rhodia de remonter le 30 octobre après trois semaines de chute ininterrompue. Des rumeurs d'augmentation de capital, néfastes au cours du titre, avaient également couru la semaine précédente, mais le directeur général de Rhodia a indiqué que le groupe n'envisageait pas une telle opération « dans les conditions de marché actuelles ». Ce qui a également contribué à rassurer les marchés. Prochaine étape pour Rhodia : une thérapie de choc qui va se traduire par des cessions pour un montant de 700 millions d'euros et des économies de 165 millions d'euros (des montants revus à la hausse par rapport aux chiffres annoncés en octobre). Un montant de 700 millions d'euros de cessions avant la fin 2004 Concernant les cessions, une opération « est déjà bien engagée » et devrait aboutir à une annonce en début d'année prochaine et d'autres processus sont en cours. Le groupe ne s'en tient plus au désinvestissement d'activités non stratégiques mais compte désormais céder des « actifs bien valorisés » et « attractifs » selon J.-P. Clamadieu qui n'a pas voulu dévoiler l'identité des activités mises sur la sellette. Elles font partie d'un ensemble de 1,3 milliard d'euros d'actifs identifiés comme susceptibles d'être cédés. « Ceci permettra de sélectionner au sein de cet ensemble les activités les mieux valorisées et d'assurer l'objectif de cession de 700 millions d'euros à fin 2004 », précise J.-P. Clamadieu. Un autre marathon en perspective. Seule certitude, le groupe compte conserver ses polyamides. De source syndicale, les silicones resteraient également dans le portefeuille du groupe. Au petit jeu des supputations, il semble aussi probable que le groupe conserve son activité "acetow", génératrice de cash, tout comme la filière vanilline où il dispose d'une position de leader mondial. En revanche, Rhodia pourrait essayer de céder sa chimie fine pharmaceutique qu'il vient de restructurer en fermant notamment une unité d'aspirine et une unité de paracétamol. L'activité de synthèse à façon est un boulet dont le groupe pourrait chercher à se défaire, mais la conjoncture du secteur est actuellement très défavorable et d'autres groupes comme Dynamic Synthesis (filiale de mg) sont déjà en vente. Une réduction des coûts de 17 % a déjà été réalisée au sein de cette activité de chimie fine à façon, rappelle le directeur général de Rhodia qui entrevoit « des signes de renforcement de la position » du groupe et précise que plusieurs contrats viennent d'être signés au cours des dernières semaines, « dont un pour un montant de près de 10 millions d'euros ». Une économie de coût de 165 millions d'euros Deuxième volet du plan de restructuration : les réductions de coûts. Rhodia compte réduire de 165 millions d'euros d'ici à 2006 les coûts de l'ensemble de ses fonctions support, soit une réduction de 20 % (sur la base de référence de 850 millions d'euros en 2003). Les services marketing et finances devront économiser 30 millions d'euros, les services financiers, 25 millions d'euros, les ressources humaines et la communication, 23 millions d'euros, les services informatique, 20 millions d'euros, la R&D, 16 millions d'euros, les supports industriels, 14 millions d'euros, les services achat, 12 millions d'euros, la direction générale, 11 millions d'euros. Au niveau "corporate", cette cure d'amaigrissement va se traduire par une division par deux des coûts, d'ici à la fin 2004. Pour réussir ce programme, les dirigeants de Rhodia ont simplifié la structure du groupe et porté de 17 à 9 le nombre "d'entreprises", dont les directeurs sont en cours de nominations. Ces derniers seront directement rattachés au directeur général et au directeur général adjoint. Ainsi, un échelon hiérarchique, celui des directeurs de divisions, est supprimé. Le groupe maintient aussi son plan de rationalisation industrielle avec pour objectif de réduire le nombre de ses « sites et/ou d'ateliers non compétitifs », et réaliser ainsi une économie cumulée de 80 millions d'euros en 2006, dont 35 millions d'euros dès 2005. Parallèlement, les investissements vont continuer à être strictement contrôlés « afin que chaque euro dépensé apporte le meilleur niveau d'investissement », explique le directeur général du groupe. En 2003, les investissements ne devraient pas dépasser 250 millions d'euros (contre 374 millions d'euros en 2002 et 483 millions d'euros en 2001). Ces diverses mesures auront inévitablement un impact sur l'emploi. « Il faut attendre la mi-décembre pour avoir une vision de ce que seront les réductions d'effectifs », a déclaré J.-P. Clamadieu. Mais les syndicats ont commencé à faire leurs comptes et envisagent la suppression de 3 000 emplois dans le monde. « Un prochain comité de groupe européen est convoqué le 10 décembre, date à laquelle chaque entreprise aura pu chiffrer les impacts sur ses effectifs », a précisé Michel André, délégué du syndicat CFE-CGC. Rappelons que Rhodia a déjà réduit ses effectifs de quelque 1 000 salariés qui sont passés ainsi de 24 523 en 2002 à 23 598 en juin 2003, grâce aux restructurations et aux cessions.

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