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Rhodia : une restructuration à marche forcée

Cyrienne Clerc
Le temps est sans nul doute une des denrées les plus rares pour Rhodia. Du temps pour réaliser les 700 millions d'euros de cessions annoncés, sans pour autant brader les actifs. Du temps pour refinancer sa dette à de meilleures conditions. Du temps encore pour réaliser un programme de restructurations massives. Et cette marche à rythme forcé débute pour Rhodia par l'annonce de résultats catastrophiques pour le troisième trimestre. Un trimestre « tout particulièrement morose, le plus mauvais que Rhodia a connu depuis sa création », précise Jean-Pierre Clamadieu, nouveau directeur général. Le chiffre d'affaires a plongé de 10,1 % à périmètre comparable et son bénéfice d'exploitation de 60 %.
Premier obstacle : les banques. Rhodia doit renégocier avant la fin de l'année une ligne de crédit de 1,4 milliard d'euros (dont 1 milliard d'euros déjà utilisé) auprès d'un pool bancaire et un placement obligataire de 249 millions d'euros auprès d'investisseurs américains. Tous deux sont assortis de covenants ­ des objectifs financiers que le groupe s'est engagé à tenir ­ et qui ne pourront pas être respectés fin 2003. L'objectif du groupe est d'assouplir ces covenants pour conserver sa ligne de crédit jusqu'à la mi-2004, avant de la remplacer par une ligne de crédit à moyen terme de 700 millions d'euros. Ce marathon est en passe d'aboutir : « nous avons les grandes lignes d'un accord de principe », affirme J.-P. Clamadieu qui doit maintenant convaincre les investisseurs américains. Parallèlement, des négociations sont déjà engagées pour céder des actifs. Rhodia a ciblé un ensemble d'activités susceptibles d'être cédées qui représente un montant total de 1,3 milliard d'euros et se fixe, sur cet ensemble, un objectif de 700 millions d'euros de produits de cession avant la fin 2004 (contre 600 millions d'euros annoncés en octobre). Pour réaliser cet objectif, le groupe va céder « des actifs auparavant considérés comme stratégiques » et « des actifs parmi les mieux valorisés », avoue le directeur général du groupe. C'est-à-dire des activités attractives pour un acheteur éventuel, mais si possible pas trop génératrices de cash, une autre denrée rare pour Rhodia. Le cash-flow du groupe a reculé de 120 millions d'euros au troisième trimestre, du fait des mauvais résultats d'exploitation et des charges de restructuration. Seuls les produits des cessions réalisées et le remboursement d'une « avance actionnaires » de Butachimie ont permis au groupe de maintenir sa dette au même niveau que l'année précédente à 2,1 milliards d'euros. Enfin, toujours dans un laps de temps record, Rhodia s'engage à tailler à la hache afin d'économiser 165 millions d'euros (soit 15 millions d'euros de plus que le montant annoncé en octobre). Sur l'ensemble des fonctions supports (marketing, finances, direction, R&D, achats...), les coûts devront être réduits de 20 % en deux ans. Au niveau du corporate, les coûts seront même divisés par deux. A ce montant viennent s'ajouter 80 millions d'euros d'économies qui devront être réalisées au sein des activités industrielles. « Rhodia était structuré comme un groupe de 10 milliards d'euros de CA, alors qu'il aura une taille qui est plutôt de 5 milliards d'euros », conclut J.-P. Clamadieu. CYRIENNE CLERC *

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