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Rien ne se perd, tout se transforme

Jacques Haas
Rien ne se perd,  tout se transforme

Les boues d'épurations générées à Lestrem sont épandues sur les cultures de la région.

© © Roquette

La bioraffinerie de Roquette à Lestrem cherche la valorisation dans tous ses postes de déchets. Et produit du biogaz à partir de ses rejets de process.

Aucun déchet de matières premières végétales... C'est l'objectif atteint par Roquette à Lestrem, dans le Pas-de-Calais. Dans cette bioraffinerie, tous les éléments constitutifs des grains de maïs et de blé sont séparés (amidon, protéines... ) et revendus vers des applications alimentaires, animales, pharmaceutique ou encore papier et carton. Elle utilise l'amidon mais aussi l'enveloppe des grains. La plus grande bioraffinerie d'Europe utilise plus de 6 000 tonnes de maïs et de blé par jour. « Au final, les déchets issus du process ne représentent que 0,2 % du tonnage de produits finis », se félicite Anne Lambin, responsable développement durable de Roquette à Lestrem.

L'entreprise nordiste vise à produire le moins de déchets possible. Ceux-ci sont alors valorisés dans des filières spécifiques et agréées. « Nous appliquons à la lettre les nouvelles réglementations en matière de traitement des déchets. Et ce d'autant plus facilement que nous suivons les discussions relatives aux nouvelles dispositions en amont, et que nous n'hésitons pas à faire des suggestions », explique Patrick Lemay, directeur QHSSE Roquette Europe à Lestrem.

Mais le groupe ne se contente pas d'un respect de la réglementation (les arrêtés préfectoraux, par exemple) en matière de gestion des déchets. Il cherche aussi à rendre chaque type de déchet profitable dans la mesure du possible. Ainsi, les déchets de process trouvent une valorisation directement sur site. « Nous produisons du biogaz à partir de ces déchets, grâce à une filière anaérobie », explique Patrick Lemay. Ce biogaz est ensuite utilisé dans les chaudières sur site pour produire notamment de la vapeur d'eau. Les déchets issus de la production assurent ainsi quelques pourcentages de la consommation de biogaz du site et deviennent donc un élément de rentabilité.

Objectif zéro déchet

Le site de Lestrem possède sa propre station d'épuration qui traite une quantité d'effluents « de l'ordre de 650 équivalents habitants », explique Anne Lambin. Ces effluents subissent un double traitement anaérobie et aérobie. La biomasse produite est stabilisée à la chaux vive, ce qui la rend utilisable pour l'épandage. C'est l'équivalent de 12 tonnes de biomasse sèche qui sont ainsi produites chaque jour. Elle est ensuite répartie annuellement sur 5 000 hectares de cultures, via un partenariat avec les agriculteurs locaux. « Cette biomasse est appréciée pour sa valeur agronomique mais aussi pour sa basicité.

Elle apporte un vrai plus en compensant l'acidité des terres cultivées de la région », précise Patrick Lemay. Les déchets banals, à hauteur de 4 000 tonnes par an, font l'objet d'un tri sélectif sur le site. Une soixantaine de bennes dédiées sont réparties sur les 150 hectares de la bioraffinerie. Une personne est chargée de superviser le processus de collecte des déchets et de faire circuler les informations concernant les bonnes pratiques dans les différents services du site. Les déchets bois proviennent principalement des palettes détériorées par manipulation. Ils sont valorisés par un atelier qui emploie des personnes handicapées, en partenariat avec un établissement et service d'aide par le travail (ESAT) à Hazebrouck (Nord). « A l'aspect économique du traitement des déchets s'ajoute un aspect social », confirme Anne Lambin.

Le bois non recyclé est broyé et transformé par un prestataire extérieur pour d'autres applications. Quant aux autres déchets bois, ils rejoignent la filière nationale de récupération de ce matériau.

Au niveau des laboratoires, les produits chimiques utilisés, par exemple, pour les analyses constituent une catégorie à part. Ils sont confiés à un prestataire extérieur puis incinérés. Quant aux autres déchets spéciaux, comme les DEEE (déchets d'équipements électriques et électroniques), c'est là encore une entreprise qui emploie des personnes handicapées qui les démantèlent et en extraient les métaux qu'ils contiennent.

La collecte spécifique des plastiques a été mise en place sur le site en 2005. Les piles de toutes sortes utilisées par le personnel ainsi que le verre font aussi l'objet d'un tri sur site. En tout, ce sont une quinzaine de prestataires extérieurs qui traitent les différents types de déchets générés à Lestrem.

Au-delà de la collecte, le transport des déchets est également une préoccupation environnementale de Roquette. Ainsi, le site de Lestrem est équipé de sept compacteurs dédiés à ses déchets banals. Un compacteur spécifique est dédié aux déchets plastique, qui représentent près de 50 tonnes par an. « Réduire le volume des déchets permet de réduire le nombre de trajets des camions pour les transporter, et donc de rejeter moins de CO2 », explique Patrick Lemay.

La gestion des déchets à Lestrem profite aussi des expériences des autres sites du groupe. « Les responsables environnement des sites de Roquette à travers le monde se réunissent au moins une fois par an. C'est une occasion d'échanger sur les bonnes pratiques adoptées par les uns et les autres, qui peuvent varier selon les pays », détaille Anne Lambin.

Bien que l'activité de l'usine augmente chaque année, la quantité de déchets banals reste stable. « A Lestrem, bien que la gestion des déchets ait atteint un haut niveau, Roquette recherche en permanence de nouvelles pistes de valorisation, et en particulier pour la biomasse issue de la station d'épuration », conclut Patrick Lemay.

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