Nous suivre Info chimie

S-Oil muscle ses aromatiques et se diversifie dans le polysilicium

Julien Cottineau

Sujets relatifs :

, ,
Spécialiste sud-coréen du raffinage, S-Oil vient d'annoncer des avancées majeures dans deux segments chimiques distincts : le doublement de ses capacités d'aromatiques et une entrée surprenante sur le marché du polysilicium.

Entre la mise en service d'un complexe d'aromatiques et l'entrée au capital d'un spécialiste du polysilicium, S-Oil n'hésite pas à investir dans ses activités chimiques. Lesquelles n'ont pourtant compté que pour 7,5 % de son chiffre d'affaires total de 20 530 milliards de wons en 2010 (13 Mrds €). Détenu majoritairement par le Saoudien Aramco Overseas Company (35 %) aux côtés de Hanjin Energy (28,4 %), ce groupe essentiellement focalisé sur le raffinage prouve qu'il veut diversifier son portefeuille. Sur le site de sa raffinerie d'Onsan, en Corée du Sud, S-Oil a inauguré son complexe d'aromatiques n°2, qui a démarré ses productions en mai. Les capacités ont du coup plus que doublé à Onsan. La nouvelle unité de paraxylène dispose de capacités de 900 000 tonnes par an, contre 700 000 t/an pour celle du complexe n°1. Les capacités de benzène ont été doublées, avec une unité de 300 000 t/an, similaire à celle du complexe n°1. Au total, S-Oil a porté ses capacités d'aromatiques à Onsan à 1,6 Mt/an de paraxylène et 600 000 t/an de benzène. En Corée du Sud, le groupe dispose d'un autre complexe plus modeste avec des unités de benzène (100 000 t/an), de toluène (350 000 t/an) et de xylènes (450 000 t/an). Le complexe n°2 à Onsan devrait augmenter les ventes pétrochimiques du groupe d'environ 3 500 Mrds de wons par an. Les exportations pétrochimiques devraient générer un chiffre d'affaires additionnel de 3,2 Mrds $ (2,2 Mrds €). Actuellement, seuls 47 % des ventes pétrochimiques sont générées à l'export, essentiellement sur les marchés chinois (19 % du total des ventes pétrochimiques), japonais (18 %) et américain (10 %). Avec le démarrage du complexe n°2, qui a nécessité un investissement de 1 300 Mrds de wons, l'objectif du groupe est de clairement se positionner comme le « plus influent fournisseur de paraxylène dans la région Asie-Pacifique » mais aussi « d'émerger comme l'un des leaders mondiaux de la pétrochimie ». Pour soutenir l'augmentation de ses besoins en naphta pour ses productions d'aromatiques, S-Oil a par ailleurs construit une unité additionnelle de fractionnement à Onsan, et augmenté ses capacités de raffinage de 580 000 à 669 000 barils/jour.

 

« Objectif : devenir le plus influent fournisseur de paraxylène dans la région Asie-Pacifique »

 

Une entrée dans le photovoltaïque

Autre décor, autre stratégie. S-Oil a acquis 33,4 % du capital du Sud-Coréen Hankook Silicon, pour 265 Mrds de wons (168 M€). Il devient ainsi, derrière Osung LST, le second actionnaire principal de Hankook Silicon. Cette société est un concurrent direct du groupe Sud-Coréen OCI, un des géants mondiaux du polysilicium dont les ambitions ne cessent d'augmenter (CPH n°549). Actuellement, Hankook Silicon ne dispose que d'une seule unité de polysilicium, d'une capacité de 3 500 t/an. Des unités en cours de construction devraient lui permettre d'atteindre 12 000 t/an dès 2012. Cette entrée dans le polysilicium est évidemment loin des activités pétrochimiques de S-Oil, et encore plus éloignée du raffinage. Pourtant elle correspond à la volonté du groupe d'investir sans attendre dans les énergies renouvelables, destinées à devenir « le moteur de croissance de S-Oil », estime Ahmed Subaey, p-dg du groupe, qui souhaite investir désormais dans de petites et moyennes sociétés positionnées dans les énergies renouvelables. En l'occurrence, avec Hankook Silicon, c'est une ouverture directe sur le marché photovoltaïque. Avec les catastrophes naturelles au Japon au printemps dernier, qui ont conduit à un accident nucléaire majeur, S-Oil juge que la réduction de l'utilisation de l'énergie nucléaire dans le monde est inéluctable, et que l'énergie solaire devrait bénéficier très largement de cette situation. Prudent, S-Oil a réduit toutefois les risques pour cette incursion dans le polysilicium puisqu'il ne s'agit pour l'heure que d'une participation capitalistique et pas d'une entrée directement industrielle.

Les activités de S-Oil en du CA 2010 - Source : S-Oil

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

Chimie en France : Des résultats 2020 à la baisse, sauf pour l’emploi

Chimie en France : Des résultats 2020 à la baisse, sauf pour l’emploi

Avec près de 3 000 entreprises et plus de 168 000 salariés en France, la chimie a pu quasiment stabiliser ses effectifs totaux (production, recherche et sièges sociaux) en 2020. Et ce, malgré la crise[…]

25/06/2021 | PanoramaFrance-Chimie
Chimie mondiale : La Chine gagne du terrain sur l'Europe et les États-Unis

Chimie mondiale : La Chine gagne du terrain sur l'Europe et les États-Unis

[Édito] : Pari digital réussi pour le 18e Village de la Chimie

[Édito] : Pari digital réussi pour le 18e Village de la Chimie

France Relance : Douze chimistes portés par la 3e vague

France Relance : Douze chimistes portés par la 3e vague

Plus d'articles