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« Safic-Alcan investit énormément en ressources humaines »

Propos recueillis par Sylvie Latieule

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« Safic-Alcan investit énormément en ressources humaines »

© Safic-Alcan

Fort d'une croissance annuelle à deux chiffres depuis plus d'une décennie, Safic-Alcan enchaîne les acquisitions et investit dans le recrutement de nouveaux collaborateurs pour soutenir son développement. Si l'humain reste au coeur de sa stratégie, le distributeur français mise aussi sur le développement durable et la transformation digitale. Détails avec Philippe Combette, président de Safic-Alcan.

InfoChimie magazine : Safic-Alcan est un distributeur français de produits chimiques. Comment décrire son activité ?

Philippe Combette : Safic-Alcan était connu historiquement pour la distribution de produits de spécialités dans le domaine du caoutchouc. Depuis les années 90, notre stratégie est de réduire la part de cette activité qui reste toutefois en forte croissance et représente aujourd'hui 30 % de notre chiffre d'affaires. Nous avons acquis dans ce domaine une taille critique et de plus en plus de commettants souhaitent travailler avec nous. Safic-Alcan est néanmoins présent sur d'autres marchés, comme ceux des plastiques, des peintures, des adhésifs, de la cosmétique et de la pharmacie. Nous investissons énormément en ressources humaines en installant des équipes dans quasiment tous les pays d'Europe ainsi que dans nos filiales à l'international. De tous les marchés, celui de la cosmétique est probablement le plus dynamique. C'est un secteur en renouvellement permanent avec une demande très forte en matières premières innovantes, en particulier sur le segment des produits naturels.

Pouvez-vous donner quelques chiffres clés de votre entreprise ?

Ph.C. : Safic-Alcan est une entreprise en forte croissance. Sur les douze dernières années, nous avons enregistré une croissance annuelle supérieure à 10 %, avec un pic à 14 % en 2017. Cette année nous devrions atteindre les 610 millions d'euros de chiffre d'affaires avec un effectif de plus de 600 personnes. Une des explications du succès de notre entreprise est sans doute liée à notre actionnariat atypique. En 2007, nous avons ouvert le capital aux salariés de l'entreprise et cela l'a métamorphosée. 100 % des managers et 80 % des salariés sont aujourd'hui actionnaires de Safic-Alcan. Ensemble, nous contrôlons 53 % de l'entreprise.

Que faut-il retenir de votre stratégie sur vos différents marchés ?

Ph.C. : Sur un marché clé, par exemple celui de la cosmétique ou des peintures, il est important d'avoir une couverture européenne, au minimum, afin de fidéliser nos commettants et de pouvoir suivre nos clients dans leur développement géographique. Aujourd'hui, nous sommes bien implantés en Europe ainsi que dans d'autres régions du monde, tels que les États-Unis où nous réalisons déjà 60 M$ de chiffre d'affaires. En revanche, notre stratégie consiste à compléter notre couverture de marchés dans les pays où l'on n'a pas encore atteint la maturité souhaitée. Pour reprendre l'exemple des États Unis, nous investissons actuellement dans les coatings et la cosmétique afin d'atteindre la taille critique sur ces marchés.

Que signifie « investir » dans votre métier, alors que vous n'opérez pas de sites de production ?

Ph.C. : Cela signifie augmenter nos ressources humaines sur le terrain. C'est ainsi que sur les cinq dernières années, nous avons embauché en moyenne une trentaine de personnes supplémentaires par an, principalement des ingénieurs technico-commerciaux. Nous allons passer à une quarantaine d'embauches par an dès 2019. En parallèle, nous procédons à des acquisitions ciblées de petites et moyennes sociétés familiales ayant une culture entrepreneuriale voisine de la nôtre. Mais nous étudions également des dossiers d'acquisition d'entreprises supérieurs à 100 ME de chiffre d'affaires.

Comment identifiez-vous ces entreprises que vous proposez de racheter ?

Ph.C. : Nous ne travaillons pas avec des banques d'affaires ni avec des professionnels des fusions/acquisitions. En revanche, nous avons des centaines de « têtes chercheuses » dans notre groupe et parmi nos commettants qui nous aident dans notre prospection. Notre approche de ces entreprises est fondée sur la pérennité des emplois car dans notre métier de la distribution, nos actifs sont nos collaborateurs. Sur l'année 2018, nous avons fait une pause afin de pouvoir intégrer les 4 acquisitions que nous avions réalisées en 2017. Plusieurs discussions sont actuellement en cours et devraient aboutir en 2019.

En octobre dernier, vous inauguriez de nouveaux locaux dans le quartier de la Défense, près de la Grande Arche. Pourquoi avoir choisi de déménager après plusieurs décennies passées dans le quartier Bellini ?

Ph.C. : Notre philosophie a longtemps été : « pour vivre heureux, vivons cachés ». Mais depuis 2015, notre stratégie a changé. Nous avons créé un poste de communication, nous avons rajeuni notre logo et notre charte graphique, que nous déclinons dans toutes nos filiales, et nous avons refait notre site Internet. La dernière étape était de changer de locaux pour investir des lieux plus modernes et plus conformes à notre nouvelle image. Nous avons saisi l'opportunité de la transformation du quartier de Bellini et des nuisances qui en découlaient, pour nous installer « Cours Valmy », près de la Grande Arche. Nous tenions à rester dans le quartier de la Défense pour ne pas perturber nos collaborateurs qui sont très importants pour nous.

Safic-Alcan est aussi une entreprise « responsable » si l'on en croit son adhésion au programme UN Global Compact. Pourquoi cet engagement ?

Ph.C. : S'engager dans le développement durable est devenu un passage obligé, en particulier dans le monde de la cosmétique. Précédemment, nous avions entamé une démarche auprès d'EcoVadis qui est une plateforme de notation de la performance sociale et environnementale des chaînes d'approvisionnement mondiales. Nous franchissons une étape supplémentaire en rejoignant le programme UN Global Compact. Pour le moment, nous en sommes au stade pilote, mais notre ambition est de déployer la démarche dans l'ensemble du groupe

En tant que distributeur de produits chimiques, êtes-vous touchés par la vague de la digitalisation ?

Ph.C. : La digitalisation a toujours été au coeur de nos préoccupations. Cela fait une vingtaine d'années que nous numérisons et archivons tous nos documents commerciaux, à commencer par nos bulletins d'analyse que nous avons numérisés dès 1995. Depuis quelques mois, nous travaillons avec un cabinet chargé d'évaluer la maturité digitale de notre entreprise et de nous proposer un plan stratégique pour plus de digitalisation. C'est un projet au long cours, et nous travaillons d'ores et déjà à créer plus de contenus et plus de visibilité sur nos sites Internet et sur les réseaux sociaux car nos clients recherchent de plus en plus d'informations par eux-mêmes. Néanmoins, cela ne remplacera pas le contact humain ni les visites chez les clients.

Est-ce que ces nouveaux comportements pourraient constituer une menace pour votre profession ?

Ph.C. : Je pense que notre profession a encore un bel avenir devant elle. Les producteurs auront toujours besoin de distributeurs et peut-être même plus encore que par le passé. Le monde est en train de changer et le monde de la distribution n'échappera pas à cette transformation. Mais il faudra faire attention à ne pas oublier les fondamentaux de notre métier : visiter les clients, créer du relationnel et de la confiance, et surtout avoir du stock dans nos entrepôts. Pour des raisons d'optimisation des coûts, nos fournisseurs et nos clients ont de moins en moins de stocks. De notre côté, nous devons veiller à ne pas sacrifier la qualité du service et la capacité à livrer rapidement nos clients à des considérations purement financières. Le fait d'être un groupe indépendant nous permet de conserver cet équilibre.

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