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Safic-Alcan reprend son destin en main

Propos recueillis par Sylvie Latieule

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Safic-Alcan reprend son destin en main

De gauche à droite : Martial Lecat, président et Philippe Combette, directeur général.

Le management et les salariés de Safic-Alcan ont saisi l'opportunité de la sortie du fonds Parquest Capital pour prendre la majorité du capital. La société a désormais les coudées franches pour poursuivre sa croissance en toute indépendance. Explications de Martial Lecat, président, et Philippe Combette, directeur général.

Safic-Alcan est un distributeur français de produits chimiques. Pouvez-vous nous décrire sa spécificité ?
 

Martial Lecat : Safic-Alcan est une société de distribution de spécialités chimiques à destination des industries de formulation : le caoutchouc, les peintures, les adhésifs, la pharmacie, la cosmétique, les nutraceutiques. Historiquement, Safic-Alcan a démarré ses activités en 1847 dans le domaine du caoutchouc. Cependant aujourd'hui, sur un chiffre d'affaires total de 410 millions d'euros, la distribution de produits chimiques pour le caoutchouc ne représente plus que 140 millions d'euros, contre 120 M€ pour le coating et les adhésifs et 100 M€ pour les sciences de la vie. Nous possédons une vingtaine de filiales, principalement en Europe. Nous réalisons ainsi 74 % de notre chiffre d'affaires hors de France. Safic-Alcan est la seule société de distribution à capitaux français à avoir une couverture européenne.

 

Comment s'est déroulé l'exercice 2014 ?
 

Philippe Combette : Nous avons démarré l'année très fort, avec un bon 1er semestre. Mais il y a eu une érosion de l'activité en novembre. Et décembre n'a pas été un très bon mois. Néanmoins, nous avons continué d'investir sur nos marchés les plus récents que sont le coating, la cosmétique et la pharmacie. Nous avons par exemple créé une nouvelle gamme de produits pour la cosmétique lancée sur le salon In-Cosmetics à Barcelone et sera vendue sous la marque Safic-Alcan. Par ailleurs, nous avons continué notre maillage en Europe. Dans le domaine du caoutchouc, nous sommes présents dans tous les pays d'Europe. En revanche, dans les autres métiers, nous ne sommes pas encore partout, cela demande du temps.

 

M.L. : Nous souhaitons avoir une taille critique dans tous les pays d'Europe. Nous avons de bonnes positions en France, au Royaume-Uni, en Espagne et au Benelux. Nous souhaitons une couverture de ce type sur tous les marchés. Aujourd'hui, un distributeur se doit d'être multipays et multimarchés. Nous considérons que les acteurs qui sont monomarchés et monopays sont condamnés.

 

En janvier, vous avez annoncé un changement de l'actionnariat de la société. Pouvez-vous donner davantage de détails ?
 

M.L. : Depuis sept ans, notre actionnaire majoritaire était le fonds Parquest Capital, et le management et 120 employés possédaient 20 % du capital. Cette association a bien fonctionné et sur la période la société a enregistré une forte croissance puisque que le chiffre d'affaires est passé de 220 M€ en 2007 à 410 M€ en 2014. Cependant avec ces systèmes de LBO, on change périodiquement d'actionnaire et il y a toujours un risque d'être revendu à un autre distributeur. Pour être sûr de garder son indépendance, il faut contrôler son capital. C'est pourquoi, à l'occasion de la sortie de Parquest Capital, nous avons élaboré un projet avec les fonds Euromezzanine et Sagard. Désormais, avec le management et 320 salariés sur les 400 que compte le groupe, nous détenons 53 % du capital.

 

Que comptez-vous faire maintenant que vous avez votre destin en main ?
 

P.C. : Nous allons poursuivre notre stratégie et notre maillage avec le démarrage d'activités de coating en Pologne et en Italie. Et l'on vient d'annoncer la création d'une filiale : Safic-Alcan America.

 

M.L. : Historiquement, nous avons une participation de 25 % dans une société de distribution de caoutchouc aux États-Unis, mais nous démarrons de zéro une activité de distribution de produits pour la cosmétique. Nous espérons que cela facilitera notre homologation auprès de grandes sociétés comme Procter et Gamble et Coty qui ont aussi des implantations en Europe.

 

Depuis le rachat de Laserson en 2013, vous n'avez pas réalisé d'autres acquisitions...
 

M.L. : Nous avons juste fait une pause en 2014 car nous avions un gros sujet à boucler avec la vente de la société par Parquest Capital. Cette année, nous allons pouvoir poursuivre les acquisitions. Dans les semaines qui viennent, nous annoncerons l'acquisition d'un « petit bijou » en Angleterre. Le chiffre d'affaires n'est que d'un million de livres. Mais cette société est très complémentaire de nos activités. Elle contribuera à doper le chiffre d'affaires en Angleterre. Nous avons également deux dossiers en cours dans les pays de l'Est. Dans le montage de notre nouveau LBO, nous avons négocié une ligne de Capex et une ligne de dette qui nous donnent des munitions pour des acquisitions jusqu'à plusieurs dizaines de millions d'euros. C'est ce que nous ferons si cela fait sens. À travers les acquisitions, nous ne cherchons pas du chiffre d'affaires mais des produits ou de l'implantation géographique.

 

Pouvez-vous nous parler de vos commettants qui sont vos fournisseurs de produits chimiques ?
 

P.C. : Nous voulons être leader sur nos marchés donc nous devons travailler avec des leaders qui sont soit de grands groupes chimiques, soit des sociétés capables d'apporter les bons produits à nos clients. Nous avons des relations d'exclusivité réciproque avec nos commettants. L'Europe n'autorise pas la signature de contrats de plus de cinq ans. En revanche, nous sommes très fidèles et nous aimons travailler sur le long terme. Par exemple, nous travaillons avec DuPont depuis 1920. C'est notre plus ancien commettant.

 

Vous avez un pied en Chine au travers de Bim Sifram. Que vous apporte-t-elle ?
 

M.L. : Safic-Alcan a acquis Bim Sifram en 2005. Cette société emploie 50 personnes en Chine qui sont chargées de sourcer des produits pour notre compte. Elles visitent des fournisseurs, auditent des usines. Nous avons même un laboratoire de contrôle. Cette société nous permet de réaliser un chiffre d'affaires supplémentaire de 12 M€. Au départ, elle était à 100 % pharma. Aujourd'hui, la répartition est de 70/30 entre les produits pour la pharmacie et les produits de performance.

 

Vous êtes-vous fixé un objectif de croissance pour les prochaines années ?
 

M.L. : Nous nous sommes fixé un objectif de croissance de l'ordre de 5 à 6 % par an. Ceci est en ligne avec la performance que nous avons enregistrée ces sept dernières années.

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