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Saltigo offre une nouvelle jeunesse à son ZeTO

La rédaction

Saltigo a récemment étendu son site ZeTO de Leverkusen dédié à la synthèse à façon. La filiale de Lanxess souhaite ainsi s'offrir une plus grande flexibilité et « booster » ses capacités de production sur le secteur de l'agrochimie.

Sur le Chempark de Leverkusen, la nuit, on ne voit qu'elle à des kilomètres à la ronde. La croix-logo de Bayer, l'ancienne maison-mère de Lanxess, est toujours omniprésente, sous la forme d'une installation lumineuse imposante, perchée à une vingtaine de mètres du sol. Elle semble veiller comme un totem familier sur le site ZeTO de Saltigo. ZeTO pour Zentrales Technikum Organisch, un acronyme derrière lequel se cache un site de production pilote entièrement dédié à la synthèse à façon. Saltigo, la filiale de Lanxess dédiée à la chimie fine, a inaugurée le 28 novembre 2017, l'extension de ce site pilote qui fêtait également à cette occasion ces 50 ans d'existence. Dès janvier 2018, Saltigo verra ainsi ses capacités de production boostées, comme s'en félicite Torsten Derr, son p-dg : « Précédemment, notre carnet de commandes était si bien rempli qu'il y avait peu d'espace pour produire de plus larges volumes de pesticides ». Le site sera désormais capable de fabriquer davantage de substances actives chimiques ou de composés intermédiaires. « Nous produisons à 10 % pour la pharmacie, 15 % pour la chimie fine et à 75 % pour l'agrochimie », précise Torsten Derr, qui ne détaillera pas davantage les types de produits sortant du ZeTO, secret industriel oblige. « Nous observons à la fois une augmentation des volumes de production et l'arrivée de molécules de plus en plus complexes », souligne cependant le dirigeant qui résume la façon dont le marché a évolué : « Nous produisons des pesticides ultra-modernes qui fonctionnent de manière extrêmement sélective, à la manière des médicaments. Jusqu'à 20 étapes sont nécessaires pour produire ces molécules high-tech dans des process personnalisés. C'est pour cela que nous avons besoin de cette nouvelle unité ». 60 millions d'euros auront été investis pour transformer le site quinquagénaire en usine adaptée aux évolutions du marché de la chimie. La clé de son évolution réside dans la flexibilité, une qualité indispensable pour s'adapter à la diversité des commandes et à la sophistication galopante des produits.

 

Une flexibilité totale de la production

 

ZeTO est en fait constitué de deux bâtiments, ZeTO 1 et ZeTO 2, des faux jumeaux, nés en même temps, au coeur des années 60, mais avec une différence de taille à l'avantage du ZeTO 2. La flexibilité est présente dès la réception des marchandises avec le nouveau hangar de stockage. Au lieu de réservoirs fixes, les matières premières sont acheminées par des citernes mobiles au format container, auxquelles sont raccordés les conduits qui vont alimenter l'usine et ses 75 réacteurs, capables de fournir des lots de l'échelle pilote à la production industrielle, pour un volume total de 470 mètres cubes. Parmi ces réacteurs, un équipement de 16 mètre cubes a été installé dans ZeTO 1, monté sur des cellules de chargement sensibles à la pression, ce qui permet un contrôle précis des phases de dosage et de déchargement. Mais la vraie originalité de l'extension du ZeTO réside dans son réseau de conduits. Sur le papier, un vrai labyrinthe de connectiques et de tuyaux, et à la clef, la possibilité d'interconnecter l'ensemble des équipements nécessaires au process. Chaque réacteur peut être couplé, combiné pour additionner les synthèses et produire des molécules complexes. « Nous disposons d'un permis qui nous autorise à produire quasiment toutes les substances chimiques », précise Torsten Derr. Les produits radioactifs et les OGM faisant partie des quelques exceptions de ce permis à spectre large. Le ZeTO compte ainsi une grande diversité de technologies dans son portfolio : amination, cyanation, halogenation, alkylation et acylation, méthylation, nitrilation, etc. La manipulation de composés carcinogènes est également possible, de même que la synthèse de fluor-aromatiques. Il bénéficie aussi de compétences dans les réactions à basse température, puisqu'il peut produire jusqu'à 12 mètres cubes, jusqu'à -100 °C. Le site comprend enfin une plateforme cGMP pour la production d'actifs pharmaceutiques. S'il se défend de ne développer que la filière de l'agrochimie, se présentant comme ouvert à toutes possibilités de production de synthèse, Torsten Derr reconnaît tout de même que le secteur des pesticides est « plus fiable et plus prévisible dans son évolution que le marché de la pharma ».

 

Le « made in Germany » face à la concurrence chinoise

 

Bien loin des polémiques sur le glyphosate et du récent imbroglio sur le vote allemand, le dirigeant de Saltigo se veut très optimiste pour le marché des pesticides. « Avec la réduction constante des terres arables, nous estimons que l'agrochimie sera indispensable, à l'avenir, pour maintenir la productivité », souligne Torsten Derr. Avec cet investissement, Saltigo souhaite également surfer sur la tendance actuelle de défiance vis-à-vis de la production chinoise, pour récupérer des commandes, en mettant en avant son « made in Germany ». Et Torsten Derr d'insister, lors de son discours inaugural, sur les actions développées par les industriels du Chempark pour réduire les risques de pollution du site. Une forme de clin d'oeil appuyé à l'actuel casse-tête chinois de gestion des déchets qui a occasionné de nombreux arrêts et ruptures d'approvisionnement. Station d'épuration XXL, incinérateur, site d'enfouissement des déchets prévus pour des dizaines d'années, les entreprises du Chempark ont fait les choses en grand pour montrer patte blanche sur l'impact environnemental. Une façon également de rassurer le voisinage immédiat du site. Avec les cessions de Bayer et la création de nouvelles entreprises, le plan du Chempark de Leverkusen, qui matérialise les différentes entreprises présentes sur le site, a des faux airs de puzzle coloré, signe du bouleversement survenu dans ce secteur, ces dernières années. Depuis 2006, année de sa création, Saltigo a su se faire un nom dans ce paysage en investissant 300 ME sur son seul site de Leverkusen. L'entreprise possède également un site de production à Dormagen, à une vingtaine de kilomètres de Leverkusen. Saltigo est une filiale du groupe Lanxess, spin-off lancé en 2004 de l'activité chimie de Bayer. Elle emploie 1 200 personnes dans le monde et a généré 1,72 milliard d'euros de ventes en 2016. ?

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