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Saudi Aramco avance ses pions

Julien Cottineau
Saudi Aramco avance ses pions

Le géant saoudien enchaîne les annonces en ce début 2019. Ce qui n'est pas non plus étonnant au regard de l'envergure des ambitions de Saudi Aramco pour développer ses productions chimiques. Le groupe a annoncé, fin 2018, des investissements de l'ordre de 100 Mrds $ au cours des dix prochaines années, hors acquisition, pour muscler ses activités en aval (CPH n°866). Parmi toutes les annonces égrenées ces dernières semaines, deux sont directement liées à deux projets majeurs sur ses terres, en Arabie Saoudite. La première dans le cadre du projet Almiral, mené avec le géant pétrochimique français Total, pour un second complexe pétrochimique à Jubail (CPH n°860). La seconde dans le cadre du projet mené avec son compatriote Sabic pour un complexe crude oil-to-chemicals (COTC).

Dans le premier cas, il ne s'agit pas d'un développement au sujet du complexe Almiral en lui-même, mais du projet connexe d'implantations d'unités de dérivés, en aval. Ce versant, pour lequel 4 Mrds d'investissements sont envisagés, doit être mené par des partenaires tiers. Le 31 janvier, Saudi Aramco et Total ont ainsi signé un protocole d'accord avec le pétrochimiste sud-coréen Daelim. Ce dernier planche sur la construction d'une unité de polyisobutylène d'une capacité de 80 000 tonnes par an. Daelim prévoit de démarrer les études d'ingénierie d'avant-projet détaillé (FEED) en ce mois de février, et de les finaliser au quatrième trimestre 2019. L'objectif serait un démarrage commercial en 2024. L'unité serait alimentée en matières premières par le complexe Almiral et permettrait de produire à la fois du polyisobutylène conventionnel et du polyisobutylène hautement réactif. Les applications se retrouvent notamment dans les adhésifs, les lubrifiants et les additifs pour carburant. Le projet correspond en tout point à la stratégie de diversification industrielle de l'Arabie Saoudite puisqu'une telle unité n'existe tout simplement pas à ce jour dans le pays.

La seconde avancée notable est donc reliée au projet de complexe COTC mené avec Sabic. Annoncé fin 2017, il est estimé à près de 20 Mrds $ et permettrait d'implanter à Yanbu, sur la côte ouest de l'Arabie Saoudite, des capacités de 9 Mt/an de dérivés chimiques directement produits à partir de pétrole brut. Dans ce cadre, Saudi Aramco Technologies, filiale du géant saoudien, a signé, le 29 janvier, un accord de développement et de collaboration avec Axens et TechnipFMC. L'objectif est d'accélérer le développement et la commercialisation de la technologie Catalytic crude to chemicals (CC2C) de Saudi Aramco. Les partenaires visent une disponibilité commerciale pour 2021, soit bien en amont de la finalisation du complexe COTC, ambitionné pour 2025.La technologie CC2C permettrait de convertir plus de 60 % d'un baril de pétrole brut directement en dérivés chimiques, ce qui améliorerait sensiblement l'efficacité des procédés actuellement disponibles. En parallèle, le groupe a aussi signé une lettre d'intention avec Sabic pour développer un parc industriel et logistique à Yanbu, en aval de leur futur complexe COTC. Par ailleurs, Saudi Aramco s'affaire sur un tout autre dossier : la prise de contrôle de son compatriote et partenaire Sabic, dévoilée cet été (CPH n°862). Aucune annonce officielle n'a encore été publiée, mais les dirigeants laissent filtrer de plus en plus d'informations dans la presse internationale. Saudi Aramco négocierait ainsi de quoi lever plusieurs milliards de dollars, soit auprès de banques, soit sur les marchés financiers. Le dossier Sabic pourrait s'accélérer dans les prochaines semaines, des échos faisant état de décisions à venir dès le deuxième trimestre.

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