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Saudi Aramco engagé à 50% à Pengerang

Julien Cottineau

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Le géant saoudien est donc décidé à partager les risques. Via sa filiale Aramco Overseas Holding Cooperatif (AOHC), Saudi Aramco a conclu un accord avec Petronas Chemical pour s'impliquer à hauteur de 50 % dans le Pengerang Integrated Complex (PIC), le gigantesque projet pétrochimique du groupe malaisien dans l'État de Johor, en Malaisie. Le montant de l'investissement avoisine 900 millions de dollars (environ 769 M€). Il fait suite à l'entrée de Saudi Aramco, en février 2017, dans le capital du projet Refinery et Petrochemical Integrated Development (RAPID) de Petronas, la partie raffinage et vapocraquage du complexe de Pengerang. Là aussi, le groupe saoudien avait acquis 50 % des parts, mais pour un montant plus conséquent, de l'ordre de 7 Mrds $, selon Chemical Week. Ce qui correspond à l'envergure des investissements entrevus pour PIC, estimé à 2,6 Mrds $, et RAPID, qui nécessiterait un effort de 16 Mrds $. Au total, avec d'autres unités de production et infrastructures associées, Petronas estime toujours l'effort global d'investissement à 27 Mrds $. Soit une « légère » revalorisation par rapport aux 20 Mrds $ envisagés initialement en 2011 (CPH n°551). À l'époque, Petronas tablait aussi sur une mise en service beaucoup plus précoce, en 2016, et non pas, comme actuellement, en 2019 pour la partie raffinage-vapocraquage et en 2020 pour l'ensemble des dérivés. Le projet a connu des modifications depuis son origine, car la donne a parfois bien changé avec des prix du pétrole qui se sont effondrés entre-temps. La révolution des gaz de schiste aux États-Unis a aussi ralenti ou éliminé certains projets pétrochimiques en Asie et a peut-être eu des conséquences pour celui de Petronas. Certains partenaires initiaux se sont aussi désistés, les plans ont dû être réaménagés (CPH n°719). Mais Petronas n'a jamais jeté l'éponge sur ce dossier, et se trouve désormais bien soutenu par Saudi Aramco.
 

« Le montant de l'investissement avoisine 900 M$ »
 

L'accord pour PIC devrait être finalisé le 15 mars 2018. Le complexe de dérivés comprendra des capacités de 3,15 millions de tonnes par an. Ce qui n'est pas loin des 4,9 Mt/an de capacités combinées des seuls complexes intégrés existants de Petronas en Malaisie, à Kerteh et Gebeng. La partie la plus importante de PIC reviendra aux unités de polyoléfines (polyéthylène et polypropylène), dont les capacités devraient atteindre 1,75 Mt/an. La seconde sera dédiée aux dérivés d'éthylène (oxyde d'éthylène et éthylène glycols), avec des capacités prévues de 1,4 Mt/an. Dans le cadre de l'accord, Saudi Aramco s'est engagé à fournir 70 % du pétrole brut pour alimenter la raffinerie (300 000 barils par jour) et en aval le vapocraqueur.
 

Le groupe saoudien se félicite de cette implication et des positions fortes qu'il va ainsi obtenir en Asie du Sud-Est. Saudi Aramco se réjouit aussi de renforcer encore son positionnement dans les dérivés. Mieux, il entend profiter de PIC pour se muscler dans les spécialités chimiques. Au-delà de 2020, quand l'ensemble sera fonctionnel, le groupe songe déjà à s'impliquer un peu plus avec Petronas. À Pengerang évidemment, mais aussi sur les complexes de Kerteh et Gebeng. D'ici là, Saudi Aramco poursuit également d'autres projets à l'international. Il vient ainsi, le 5 octobre, dans le cadre d'une visite à Moscou (Russie) du Roi Salman, dirigeant de l'Arabie Saoudite, de parapher un protocole d'accord avec le géant russe Sibur pour de potentielles coopérations pétrochimiques en Russie et en Arabie Saoudite. Un autre sujet est aussi brûlant : une introduction limitée en Bourse. Selon Reuters, cette opération attendue depuis plusieurs mois pourrait avoir lieu en 2018. Il s'agirait de céder seulement 5 % du capital, mais pour un montant colossal, de l'ordre de 100 Mrds $.

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