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Saudi Aramco vise 100 Mrds $ d'investissements en chimie en dix ans

Julien Cottineau

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Saudi Aramco vise 100 Mrds $ d'investissements en chimie en dix ans

Le géant saoudien a dévoilé une forte volonté de développer ses activités en aval et entend investir 100 milliards de dollars au cours des dix prochaines années pour ses activités chimiques, hors acquisitions ! Cette stratégie lui permettra à la fois de trouver des débouchés pour ses productions pétrolières et également pour diversifier son portefeuille de produits.

Le forum annuel de la Gulf Petrochemicals and Chemicals Association (GPCA) qui se tient, chaque année, à Dubaï (Émirats Arabes Unis) est connu pour dévoiler de grands projets. Dans le cadre de la 13e édition, qui s'est déroulée du 26 au 28 novembre, Saudi Aramco a probablement fait l'annonce la plus fracassante. Le géant saoudien a annoncé qu'il entendait investir plus de 100 milliards de dollars (environ 88 Mrds €) au cours des dix prochaines années pour ses activités chimiques ! Hors acquisition ! Une enveloppe colossale qui en dit long sur les volontés de Saudi Aramco. Un des objectifs clés du groupe, géant du pétrole et du gaz, est d'amener ses activités aval à hauteur de l'amont. Rien de moins. Et le tout, dans une approche d'intégration des productions. Un peu comme la stratégie du Français Total, centrée sur les plateformes intégrées raffinage-chimie, avec lequel Saudi Aramco détient déjà une plateforme à Jubail, en Arabie Saoudite, et avec qui il projette d'ajouter un complexe pétrochimique adjacent (CPH n°860).

Selon Amin Nasser, président et p-dg de Saudi Aramco, ces investissements dans l'aval « offriront un débouché fiable pour les productions pétrolières futures de Saudi Aramco et diversifieront à la fois le portefeuille du groupe et l'économie du Royaume ». Cette diversification du portefeuille est perçue comme le meilleur moyen « d'atténuer la volatilité des prix du pétrole, de générer des revenus additionnels, et d'étendre les opportunités pour les industries de conversion, pour les producteurs locaux et les fournisseurs de service, un ensemble qui nourrira la croissance des emplois et de la création de valeur », ajoute encore Amin Nasser.

Parmi les activités en aval, bien plus que le raffinage, c'est la chimie qui semble le filon le plus prometteur. Selon le patron de Saudi Aramco, les productions chimiques vont représenter environ le tiers de la demande mondiale en pétrole entre aujourd'hui et 2030, et près de la moitié d'ici à 2050. Ces chiffres proviennent sans doute du rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), publié au début de l'automne (CPH n°860). Avec l'accroissement de la population mondiale et la montée en puissance des classes moyennes, la pétrochimie devrait nécessiter 7 millions de barils par jour de pétrole d'ici à 2050, atteignant ainsi un total de 20 millions de barils/jour. L'objectif de Saudi Aramco est d'atteindre un taux de conversion de 2 millions de b/j de ses productions de pétrole en matières pétrochimiques, voire même de pousser jusqu'à 3 millions de b/j. Pour cela, le groupe entend investir largement à domicile, en Arabie saoudite, mais vise aussi l'Inde et la Chine. Fin juin, le groupe avait d'ailleurs rejoint un projet de complexe de raffinage/chimie en Inde, aux côtés d'Abu Dhabi National Oil Company (Adnoc) et de fleurons indiens comme Indian Oil (CPH n°849). Et fin octobre, Saudi Aramco avait noué des liens avec le Chinois Norinco pour étudier des projets de raffinage-chimie en Chine (CPH n°862).

Sur le front des acquisitions, Saudi Aramco n'a rien dévoilé, si ce n'est qu'il poursuit les discussions avec son compatriote pétrochimique Sabic pour s'emparer d'une grande partie de son capital (CPH n°860).

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