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Sherwin-Williams offre 11,3 Mrds $ pour s'emparer de Valspar

Julien Cottineau

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L'Américain Sherwin-Williams se lance dans l'acquisition de son compatriote Valspar. L'opération de 11,3 Mrds $ pourrait déboucher sur la création du n°1 mondial devant PPG.

La transaction est massive. Surtout dans les spécialités. Et, à l'inverse de certains raids en cours outre-Atlantique, comme celui entre Westlake et Axiall, les deux protagonistes semblent parfaitement enclins à se marier. Les deux conseils d'administration ont rendu un avis favorable. Il faut dire que Sherwin-Williams emploie les grands moyens pour s'emparer de Valspar. Le groupe de Cleveland lance une offre valorisant son concurrent de Minneapolis à 11,3 milliards de dollars (environ 10,1 Mrds €). L'offre, entièrement en numéraire, se porte à 113 $ par action, soit un premium de 41 %, au 18 mars 2016, par rapport au cours de l'action de Valspar sur les 30 derniers jours. Le nouvel ensemble pèserait pour un chiffre d'affaires pro-forma de 15,6 Mrds $ et un Ebidta de 2,8 Mrds $. Ce qui en ferait un leader mondial, en termes de ventes, dans les domaines des revêtements et des peintures, devant l'actuel n°1, l'Américain PPG (voir graphique). Avec les 11 000 salariés de Valspar, le futur Sherwin-Williams recenserait alors 58 000 employés dans le monde.
 

Prévue pour se finaliser au premier trimestre 2017, cette opération doit permettre de dégager des synergies de coûts de 280 M$ par an d'ici deux ans, et de 320 M$ par an au-delà. Les deux acteurs ne s'inquiètent que peu des soucis que pourrait poser leur projet de fusion aux autorités de concurrence. « Compte tenu de la nature complémentaire des activités et des bénéfices de cette transaction pour les clients, Sherwin-Williams et Valspar estime qu'il ne devrait pas y avoir, ou de manière minimale, de cessions requises pour finaliser l'opération », indiquent les deux groupes. Sherwin-Williams a toutefois pris ses précautions. Si les cessions requises pour obtenir l'approbation des autorités de concurrence devaient représenter plus de 650 M$ du chiffre d'affaires 2015 de Valspar (4,4 Mrds $ de ventes l'an dernier), la valeur de l'offre serait réduite de 113 à 105 $ par action. Si les cessions requises devaient dépasser 1,5 Mrd $, Sherwin-Williams aurait alors le droit de retirer purement et simplement son offre selon l'accord conclu entre les deux conseils d'administration.
 

Valspar moins américano-dépendant
 

L'acquisition de Valspar permettrait à Sherwin-Williams de consolider ses positions et ses gammes en Amérique du Nord, mais surtout de se muscler à l'international. 16 % seulement de son chiffre d'affaires 2015, de 11,3 Mrds $, a été généré hors des États-Unis. Avec Valspar, cette part passerait à 24 %, sur un total de 15,6 Mrds $. Le groupe de Minneapolis est bien moins américano-dépendant. Il occupe notamment de bonnes positions dans la zone Europe-Moyen-Orient-Afrique (EMEA) et en Asie, qui ont compté respectivement pour 17 % et 16 % de ses ventes totales l'an dernier. L'Océanie a aussi compté pour 7 % et l'Amérique latine pour 5 %.
 

Dans le domaine des revêtements, Valspar se revendique n°1 mondial pour l'emballage devant AkzoNobel et PPG, n°2 pour le bois et les coil coatings, et n°3 pour l'industrie. Sur ces segments, Sherwin-Williams n'obtient qu'un podium, pour le bois, à la 3e position. Le groupe de Cleveland est surtout positionné dans les marchés des peintures en Amérique du Nord, où il est n°1 devant PPG. Valspar revendique de son côté des positions de n°2 en Océanie et de n°3 en Chine pour les peintures.
 

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