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SIAP Prociner valorise les déchets industriels depuis 30 ans

À Bassens, Dinhill On

La filiale de Sarp Industries a célébré les 30 ans de son implantation sur le site de Bassens en Gironde. Un événement qui a permis de retracer l'évolution des installations et du traitement des déchets sur le site.

« Notre métier est de permettre de concilier développement industriel et maîtrise des risques de pollution pour l'environnement et la santé ». Voici comment le directeur général de Sarp Industries (Sarpi, groupe Veolia), Cédric L'Echlat, décrit l'activité de son entreprise lors de la célébration des 30 ans de son site de Bassens (Gironde), le 29 septembre dernier. À cette occasion, partenaires industriels et acteurs institutionnels de la région girondine ont été conviés à découvrir ou redécouvrir l'ensemble des activités du traitement des déchets spéciaux sur le site exploité par la filiale de Veolia, SIAP Prociner. Installée sur un terrain de 10 hectares, cette usine qui emploie actuellement 140 salariés est scindée en trois zones distinctes : Est, Ouest et zone dite « Prociner ». Ces installations aident les industriels de la région dans le traitement et la valorisation des déchets industriels dangereux (DID), déchets d'activité de soins à risques infectieux (DASRI). « L'arrivée des sociétés SIAP (Sarp Industries Aquitaine Pyrénées) et Prociner à Bassens ne s'est pas faite sans embûches. Mais devant l'intérêt environnemental et social de l'activité de ces groupes, l'opinion publique a fini par accepter cette implantation », affirme Jean-Pierre Turon, maire de la commune de Bassens. Installée depuis 1986, l'usine a contribué au développement économique du bassin industriel du Grand Port maritime de Bordeaux, comme l'indique Pascal Lefèvre, directeur général de SIAP Prociner, les deux sociétés (SIAP et Prociner) ayant fusionné depuis 2017 : « Depuis l'installation effective de SIAP Prociner, le site a triplé son activité et son nombre de collaborateurs ».

SIAP Prociner a développé son activité au travers d'une politique axée sur trois piliers afin de préserver au maximum l'environnement : la traçabilité des déchets ; la non dilution ; et la décontamination de la boucle de recyclage. Ainsi, le site de Bassens peut prendre en charge tous les types de déchets spéciaux de toutes origines industrielles : solides, liquides, pâteux, gazeux, pulvérulents, en vrac ou conditionnés. « Seuls les déchets explosifs, radioactifs et extrêmement inflammables ne peuvent pas être recyclés. Cependant, Veolia dispose de filiales spécifiques à l'élimination de ce type de déchets interdits », explique Sandra Vedel, directrice de la communication de Sarpi.

 

Bien caractériser pour bien orienter le déchet

 

Le site de Bassens est capable de traiter 120 000 tonnes de déchets dangereux par an, dont 90 % proviennent du Grand Sud-Ouest. Tout commence dans la zone Est par l'analyse des déchets lors de l'arrivée des déchets. Ainsi, le site de SIAP Prociner réceptionne une cinquantaine de camions par jour et réalise 55 000 analyses par an (sachant qu'un échantillon nécessite 8 tests minimum). Le laboratoire du site, qui regroupe une dizaine de chimistes, caractérise chaque échantillon par plusieurs tests (spectrométrie de masse, ICP-MS, etc.). Les déchets sont alors déchargés et stockés en fonction de leur nature. Les liquides vrac sont entreposés dans des cuves, tandis que les déchets solides sont déchargés dans des fosses, en attente d'un premier broyage pour obtenir un mélange pâteux. Enfin, les déchets conditionnés sont triés et regroupés par type et par risque. Les analyses effectuées permettent aux opérateurs de prévenir des incompatibilités lors du tri. La zone Est du site héberge également une unité de traitement biologique des eaux (Step) pour les déchets aqueux, les eaux de procédés et de laboratoire. Cette Step s'appuie sur une technologie de bioréacteur à membrane et présente la particularité d'être équipée d'un système d'ultrafiltration de 260 m3/jour.

 

Traiter et valoriser les déchets

 

Dans la zone Ouest de son site de Bassens, SIAP Prociner abrite différentes unités de traitements en fonction du déchet : le procédé physico-chimique minéral, l'évapo-condensation et l'incinération. L'unité physico-chimique minérale d'une capacité de 16 000 t par an, est notamment adaptée aux produits contaminés en métaux lourds. Le traitement consiste en une étape de neutralisation des déchets par du lait de chaux, et de précipitation des métaux. Les déchets entrent alors dans un réacteur puis subissent une étape de filtration-déshydratation, ce qui permet d'obtenir des boues d'oxydes métalliques. Ces gâteaux sont orientés vers un centre de stockage de déchets ultimes (CSDU), tandis que les eaux issues de la filtration sont réutilisées en station biologique.

Pour le traitement des déchets liquides peu pollués, SIAP Prociner a développé une unité d'évapo-condensation de 20 000 t/an pour réduire le recours à l'incinération. Elle consiste en une étape d'évaporation des composés volatils et de l'eau suivie d'une étape de refroidissement brutal des gaz (condensation) au sein d'un échangeur thermique. Les condensats partent alors vers la Step, tandis que les concentrats issus du four de l'unité sont orientés vers la ligne d'incinération. Cette dernière est capable de traiter 72 000 t de déchets par an, qu'ils soient liquides, gazeux, solides ou conditionnés. Cette unité permet également de la valorisation énergétique, via la production de 30 000 t de vapeur. En matière de déchets ultimes, la ligne d'incinération produit 8 000 t de mâchefers ainsi que 2 300 tonnes de cendres et de résidus d'épuration des fumées d'incinération des déchets industriels (Refidis). Les mâchefers sont orientés vers une unité de déferraillage, ce qui aide à valoriser 1 500 tonnes de ferrailles par an. Les résidus de mâchefers non valorisables sont envoyés en CSDU, en compagnie des cendres et des Refidis. La zone Ouest du site comprend également une unité de valorisation de l'iode, issu des effluents de l'industrie pharmaceutique.

Au sein de la zone « Prociner », l'usine abrite également une installation exclusivement dédiée à l'incinération des DASRI et des DID d'une capacité de 40 000 t par an. SIAP Prociner a investi 20 millions d'euros en 2008 pour entièrement automatiser l'unité, somme pour laquelle il a déboursé 3 ME supplémentaires en 2015 pour le convoyage des DID pâteux et l'injection directe des DID conditionnés. Cette ligne d'incinération offre également la possibilité de valoriser 20 000 t de vapeur par an. En outre, la zone « Prociner » abrite une ligne de traitement des bacs DASRI.

En conclusion, le site de SIAP Prociner à Bassens reflète tout le savoir-faire de l'entreprise dans le domaine du traitement des déchets industriels spéciaux. Et cela tout en étant lui même un acteur de l'écologie industrielle et de l'économie circulaire par le biais de ses démarches de recyclage (iode, huiles, piles, etc.), de valorisation énergétique (vapeur), de réduction des émissions (COV, poussières) ou encore d'économie d'eau. Incontestablement un exemple à suivre pour les industries souhaitant « concilier développement industriel et maîtrise des risques de pollution ». ?

SIAP PROCINER EN CHIFFRES

Un effectif de 140 salariés Traitement de 120 000 t/an de déchets dangereux Environ 55 000 analyses effectuées par an Valorisation de 50 000 t/an de vapeur Economie de 15 000 m3/an d'eau Près de 11 000 t/an d'émissions de CO2 évitées

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