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Soigner les compétences

Julien Cottineau

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Préparer l'avenir ne consiste pas seulement à s'inquiéter de ses finances, de son outil industriel et de ses marchés. Comme toute industrie, la chimie doit aussi s'interroger sur les compétences de ses employés. A l'heure des profonds bouleversements industriels, technologiques ou encore réglementaires qui agitent le secteur, l'UIC a signé un accord-cadre sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) avec quatre fédérations associées (FNCG, Febea, Fipec, Fnieec) ainsi qu'avec les syndicats FCE-CFDT et CFE-CGC. Seuls les syndicats FO et CGT n'ont pas signé. Ce qui ne remet pas en question l'entrée en vigueur de cet accord, premier du genre pour l'industrie chimique en France. En 2008, un premier projet était en négociation. Mais les démarches « avaient été mises entre parenthèses lorsque la crise est arrivée car il était extrêmement important de se pencher d'abord sur les problèmes de chômage partiel », relate Ithier d'Avout, directeur des affaires sociales, de l'emploi et de la formation à l'UIC. Avec une conjoncture aujourd'hui plus favorable, le processus est cette fois allé au bout. Obligatoire pour toute entreprise de plus de 300 employés, le GPEC demeure une option pour les PME et TPE. Toutefois, l'UIC a estimé que s'il était indispensable pour les groupes chimiques, il devait l'être pour les plus petites sociétés. D'où cet accord de branche. Dès lors, toute entreprise chimique en France sera tenue « d'organiser chaque année une réflexion sur l'évolution de l'emploi dans les entreprises et les actions à mettre en œuvre », souligne l'UIC.

Mettre en place un GPEC requiert de définir la stratégie de l'entreprise, d'apprécier les compétences disponibles, d'analyser les besoins en ressources humaines et en formation, d'examiner l'évolution des métiers, ou encore de s'adapter à la pyramide des âges. Pour s'organiser, les entreprises peuvent s'appuyer sur des outils collectifs offerts par l'UIC (répertoire des métiers, contrat d'études prospectives, les kits réseau-emploi compétences), et des outils individuels : bilans d'étape professionnels ou de compétences, passeport orientation/formation, tutorat, ou encore validation des acquis de l'expérience. Si l'objectif est bien de sensibiliser les entreprises à leurs besoins et ceux de leurs employés pour mieux se développer, le GPEC a pourtant du mal à convaincre. « Il fait peur », déplore Ithier d'Avout. « Les entreprises craignent que cela introduise une obligation de justifier les créations d'emploi et de réfléchir à l'avenir avec les partenaires sociaux. Les syndicats, eux, confondent le GPEC avec un plan de sauvegarde de l'emploi. Il y a un formidable quiproquo ! ». En réalité, l'accord poursuit un objectif similaire à celui signé avec l'État l'été dernier pour le développement de l'emploi et des compétences des salariés de la chimie (CPH n°475). C'est-à-dire de mieux adapter le secteur aux défis de demain. Si l'importance des besoins de formation est ainsi mieux perçue en aval, ces accords ne permettent pourtant pas d'examiner la situation en amont. L'UIC a donc lancé une étude sur les certifications des branches. L'objectif est d'établir un diagnostic sur les diplômes et les qualifications existantes dans l'enseignement. Il s'agit de « s'assurer que les compétences dont ont besoin les entreprises sont bien couvertes en termes de formation initiale », reprend Ithier d'Avout. Selon lui, il y a « probablement des manques à combler ». Face à la concurrence internationale toujours plus féroce, la chimie en France ne peut trouver que des atouts à soigner ses compétences.

 

« Mieux adapter le secteur aux défis de demain »

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