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Solvay accélère aux USA, freiné en Europe

Julien Cottineau

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D'une rive à l'autre de l'Atlantique, le géant belge de la chimie ne se développe pas à la même vitesse.

Ces dernières semaines, Solvay avance à grands pas sur le sol nord-américain, entre l'acquisition de Chemlogics et un projet d'usine d'alcoxylation. Tandis qu'en Europe son projet de coentreprise avec Ineos pour former un géant des chloro-vinyles peine à se concrétiser. Au paradis des gaz de schiste, et suite au feu vert des autorités de la concurrence, Solvay vient donc de boucler avec succès l'acquisition de Chemlogics pour 1,3 Mrd $ (1 Mrd €). La filiale Solvay Novecare peut désormais offrir en Amérique du Nord « un large portefeuille de spécialités chimiques sur-mesure pour répondre aux besoins croissants du marché de l'extraction du pétrole et gaz », et dispose pour ce faire de trois usines de production, d'une capacité totale de 300 000 tonnes par an, de huit centres de formulation et de six centres de recherche.

Début novembre, Solvay a par ailleurs annoncé avoir lancé la construction d'une vaste usine d'alcoxylation à Pasadena, au Texas, via un investissement de 40 millions d'euros. Suite à l'annonce au printemps dernier de la construction d'une usine similaire à Singapour, il s'agira ainsi de la huitième usine de ce type dans le monde pour Solvay Novecare. L'usine sera implantée sur le site d'Equistar Chemicals. Cette filiale du pétrochimiste LyondellBasell alimentera directement l'usine de Solvay en oxyde d'éthylène par pipeline lors de sa mise en service en 2015. L'usine produira des alcoxylats, utilisés comme agents émulsifiants, détergents ou hydratants de nombreux marchés, allant des cosmétiques aux détergents, des revêtements à l'extraction du pétrole et du gaz, entre autres.

« Le dossier Solvay-Ineos bloqué par la Commission européenne » Pendant que les choses avancent en Amérique, le dossier Solvay-Ineos est bloqué en Europe. La Commission européenne a décidé d'ouvrir une enquête approfondie, suspectant que le projet de fusion de leurs activités chloro-vinyliques ne génère des risques de trop grande concentration dans le domaine des chlorures de vinyle. Une enquête préliminaire a établi des problèmes de concurrence sur deux marchés. Celui du polychlorure de vinyle en suspension (S-PVC) dans l'espace économique communautaire, évalué à 3,2 Mrds €. La coentreprise des deux leaders européens dans ce domaine générerait essentiellement des problèmes de concurrence dans le nord-ouest de l'Europe. La seconde inquiétude est liée à la concentration dans le marché de l'hypocrite de sodium (eau de javel), ce qui concernerait surtout le Benelux. Malgré des propositions et des engagements soumis par Ineos et Solvay à la Commission dès septembre, il est « craint que les autres concurrents présents sur ces deux marchés ne soient pas en mesure d'exercer une pression concurrentielle suffisante sur le comportement de l'entité issue de la concentration », indique la Commission. D'où une enquête approfondie dont les résultats sont attendus dans un délai de 90 jours ouvrables, soit avant le 21 mars 2014. De leur côté, les deux groupes se disent confiants pour la réussite de leur projet, même s'ils auraient espéré avancer plus vite. Surtout Solvay qui souhaite limiter son exposition à ce type de marché cyclique et difficile, voire en sortir complètement sous quatre à six ans via la cession totale de ces activités à Ineos. Mais en Europe, c'est un peu comme pour la croissance, le géant belge va devoir patienter pour achever sa transformation.

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