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Solvay et Ineos forment Inovyn

Julien Cottineau

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Nom de baptême : Inovyn. La coentreprise destinée à réunir les activités et actifs chlorovinyliques de Solvay et d'Ineos émerge enfin.

Après plus d'un an de tractations, et à la suite du feu vert de la Commission européenne en mai, les deux chimistes sont tout proches de constituer leur géant européen des chlorovinyliques. Certes, il reste quelques étapes avant une finalisation attendue désormais au quatrième trimestre. Finalisation qui repose notamment sur la cession requise par l'UE d'actifs d'Ineos en Belgique, Allemagne, Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et en France (Mazingarbe).

Solvay et Ineos, qui poursuivront leurs opérations de manière indépendante en attendant, ont mis à jour les contours du projet. Les termes de l'accord définitif de coentreprise ont été « simplifiés et adaptés aux remèdes et aux conditions de marché difficiles », soulignent-ils. À l'origine, le chimiste belge avait indiqué qu'il prévoyait de sortir de la coentreprise d'ici quatre à six ans. Solvay précise désormais qu'il sortira d'Inovyn après seulement trois ans. Les modalités financières ont elles aussi été dévoilées. Solvay recevra un paiement initial de 175 millions d'euros lors de la constitution d'Inovyn. En parallèle il transférera des passifs pour un montant total de 250 M€. Lors de sa sortie, Solvay pourrait également recevoir un montant de 250 M€. Montant toutefois conditionné par la « performance opérationnelle (Rebitda) moyenne annuelle de la coentreprise pendant ces trois années », explique le groupe belge. Un minimum de 75 M€ lui est toutefois garanti. Financièrement, Solvay a indiqué que la transaction se traduira par une dépréciation comptable d'environ 420 M€ dès le quatrième trimestre 2014. « Cette dépréciation, majoritairement non-cash, comprend l'annulation du goodwill de Rhodia à hauteur de -142 millions d'euros alloué à cette activité, des charges de dépréciation différées de -60 millions d'euros, des impôts et autres coûts liés à la mise en oeuvre de cet accord pour un total de -70 millions d'euros », détaille Solvay.
 

« Ce géant européen devrait peser 3 Mrds € »


Inovyn sera basé à Londres (Royaume-Uni). Ce géant européen devrait peser pour un chiffre d'affaires annuel d'environ 3 Mrds €, et non plus de 4 Mrds € comme cela avait été annoncé il y a un an en raison des remèdes imposés par l'UE et probablement des difficiles conditions de marché. Inovyn rassemblera les activités Chlor Chemicals de Solvay, les activités PVC de SolVin, coentreprise entre Solvay (75 %) et BASF (25 %), et celles de la société Kerling, filiale d'Ineos et n° 1 du PVC en Europe. L'apport du groupe belge comporte des unités intégrées sur sept sites en Europe, dotés de cinq électrolyses à membrane. Ineos versera lui ses unités, dont trois dotées d'électrolyse à membrane, réparties aujourd'hui sur six sites européens. Au total, Inovyn exploitera 14 sites dans 8 pays en Europe.

Au cours des trois premières années, la gouvernance sera égalitaire. Côté Ineos, Chris Tane, Mike Maher et Julie Taylorson seront nommés respectivement directeur général, directeur financier et directrice des achats. Côté Solvay, Filipe Constant, Jean-Michel Mesland et Otto Grolig deviendront respectivement directeur commercial, directeur opérationnel et secrétaire général. Selon Jean-Pierre Clamadieu, président du comité exécutif de Solvay, « nous pouvons désormais créer un acteur compétitif de taille mondiale qui, fort de ses actifs industriels de très bonne qualité et de ses nombreuses synergies, sera mieux armé pour faire face à un environnement difficile en Europe ».

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