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Solvay optimise son carbonate de soude

Julien Cottineau

La fin du monde n'est pas au menu. Mais le leader mondial du carbonate de soude veut très vite renforcer ses positions et améliorer sa compétitivité. Solvay lance ainsi un plan stratégique pour augmenter ses capacités en Amérique du Nord mais pour les réduire en Europe. « Nous devons prendre en compte le contexte macro-économique de chaque région du monde et nous adapter en conséquence », explique Pascal Juéry, le nouveau président de la business unit Essential Chemicals. Le groupe estime que la demande « demeure satisfaisante » en Amérique du Nord, en Europe de l'Est, au Moyen-Orient et dans les marchés émergents. En revanche, la donne est plus complexe en Europe de l'Ouest et en Europe du Sud, où la demande est toujours affaiblie alors que la concurrence se durcit. Solvay se met donc en ordre de bataille avec différents axes de travail.

 

Sur son site américain de Green River, dans le Wyoming, le groupe augmentera ses capacités de 12 %. Les investissements seront limités, et l’objectif sera d’entreprendre des «actions d'excellence opérationnelle », comme le dégoulottage des capacités mais sans ajout de lignes. A Green River, Solvay dispose à ce jour de capacités de 2 millions de tonnes par an et sert les marchés nord et sud-américains. L'usine est implantée à proximité de l'un des plus grands gisements mondiaux de trona (carbonate de soude hydraté), un minerai naturel riche en carbonate de sodium.

« Une inquiétante montée en puissance du producteur turc ETI Soda »

Sur le versant européen et méditerranéen, où ses capacités installées de carbonate de soude atteignent un total de 5 Mt/an, l’heure sera à l’ajustement. Solvay déplore des «conditions de marché difficiles du fait d'une baisse structurelle de la demande et de surcapacités ». En Europe, ses deux sites allemands, celui en Bulgarie, et celui de Dombasle, en Meurthe-et-Moselle, devront renforcer leur compétitivité et réduire leur base de coûts. Ce qui ne devrait pas passer par des réductions de capacités ou de personnel mais simplement par l'amélioration de l'excellence opérationnelle, via la maintenance et l'efficacité énergétique. En revanche, réduire la voilure en Europe du Sud et dans le bassin méditerranéen se pose en priorité. Toutes les options seraient sur la table, mais rien n'a encore été acté. Reste à savoir où, et dans quelle mesure. Les quatre usines basées en Égypte, en Italie, en Espagne et au Portugal seront fixées mi-2013, date à laquelle Solvay compte annoncer un plan d'actions spécifique. La menace principale dans cette région est la montée en puissance du producteur turc ETI Soda. Fondé en 1998 pour exploiter du carbonate de soude à partir des gigantesques réserves de trona en Turquie, les plus importantes au monde avec celles que l'on trouve dans le Wyoming, ETI Soda dispose de capacités de 1,1 Mt/an de carbonate de soude depuis trois ans. Et des extensions de capacités jusqu'à 1,6 Mt/an sont entrevues pour 2014. Ce qui ne manque pas d'inquiéter aussi Ciech, n°2 européen derrière Solvay. Le Polonais évoque même un projet d'ETI Soda qui ajouterait 2,7 Mt/an de capacités en 2016. En plus des volumes, les prix de revient et les moindres coûts logistiques depuis les bases d'ETI Soda dans l'ensemble du bassin méditerranéen rendraient ce carbonate de soude très compétitif. Pour les producteurs européens de ce marché, contrairement à la fumeuse fin du monde attribuée aux Mayas, le péril turc, lui, semble bien plus grand.

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