Nous suivre Info chimie

Solvay s'envole aux Emirats

Julien Cottineau

Sujets relatifs :

, ,

Le chimiste belge continue de prendre l'air. Pas seulement à bord de Solar Impulse, lequel n'est plus qu'à une étape de boucler son tour du monde sans la moindre goutte de carburant. Après son atterrissage au Caire (Égypte) le 13 juillet, ne reste à l'avion solaire qu'un seul vol sur sa feuille de route, jusqu'à Abu Dhabi. Coïncidence heureuse, c'est précisément aux Émirats Arabes Unis que Solvay se lance un nouveau défi. Dans le cadre du 50e Salon international aéronautique de Farnborough (Royaume-Uni), le groupe belge a officialisé deux projets stratégiques : le premier avec le fonds local d'investissement Mubadala, le second avec l'Américain Boeing.


« Deux projets avec Mubadala et Boeing »


L'accord conclu avec Mubadala découle de l'héritage de Cytec, le spécialiste américain des matériaux composites pour l'aéronautique acquis en 2015. Dès 2013, Cytec avait initié un partenariat aux Émirats pour étudier avec Mubadala la possibilité de construire sur place des capacités de matériaux pré-imprégnés et d'aider au développement d'une industrie aéronautique locale. Solvay franchira le cap. Il va constituer avec Mubadala une coentreprise à parts égales dont l'objectif est de construire une usine de pré-imprégnés en fibres de carbone dans le parc aérospatial Nibras Al Ain, à Abu Dhabi. Elle sera opérationnelle en 2021. Il s'agira de la toute première usine de ce type aux Émirats. Les détails financiers et capacitaires n'ont pas été divulgués. Ce projet s'accompagne d'un accord avec Boeing dans le cadre du programme 777X, version modernisée de l'actuel long-courrier 777, en particulier avec une présence accrue des matériaux composites. Ce qui répond à l'une des problématiques primordiales de l'aéronautique : l'allégement des appareils, via des matériaux plus légers. Solvay et Mubadala se sont ainsi engagés à fournir des pré-imprégnés à Boeing, qui devient ainsi le premier client de la coentreprise. L'avionneur américain les utilisera pour l'empennage et les traverses de support de plancher du 777X.
 

Le 777 était déjà le premier avion commercial à intégrer des matériaux composites. Depuis, Boeing a misé sur cette tendance, en premier lieu avec son long-courrier 787, dont plus de la moitié de la structure est en composites. Le 777X devrait, lui, présenter la plus vaste surface de voilure en composites dans l'aviation commerciale. Face à Boeing, son principal concurrent Airbus a fait lui aussi des composites un axe stratégique. Introduits dès le milieu des années 80 dans ses structures d'avions, ils sont montés en puissance dans tous les appareils du constructeur européen, et comptent pour plus de la moitié des structures primaires dans le gros-porteur A350 dont l'exploitation commerciale a démarré en 2015.
 

Cette année, Solvay avait déjà reconduit avec Boeing un accord de Cytec pour la fourniture d'adhésifs et de composites structuraux. Le chimiste belge, devenu avec Cytec le n°2 mondial des matériaux composites pour l'aéronautique, mise gros sur le secteur. D'ailleurs, ses ventes dans les marchés de l'aéronautique et de l'automobile sont passées d'environ 6 % à 25 % après acquisition. Hors composites, le groupe dispose aussi de nombreuses spécialités. Au printemps, Airbus avait accordé son agrément pour des mousses PPSU de Solvay, toujours dans le cadre de la problématique d'allégement. Des spécialités du groupe belge sont aussi déjà utilisées dans les intérieurs, pour l'isolation thermique ou acoustique, jusque même dans certains moteurs d'avions. Avant Cytec, les spécialités de Solvay pour l'aéronautique étaient surtout limitées aux structures secondaires aéronautiques. Or l'un des axes stratégiques de développement du groupe dans le secteur est de se renforcer dans les structures primaires. Avec les composites, c'est une voie royale.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

[Édito] : Le CIR à double tranchant ?

[Édito] : Le CIR à double tranchant ?

Finalement, le CIR n’a-t-il pas fait plus de mal que de bien ? Ce dispositif de crédit d’impôt recherche, loué par tous les industriels du pays et par les laboratoires académiques[…]

23/11/2020 | Innovation
[Édito] : Le double agenda de Thierry Le Hénaff

[Édito] : Le double agenda de Thierry Le Hénaff

[Édito] : Total garde (pour le moment) Cray Valley

[Édito] : Total garde (pour le moment) Cray Valley

[Édito] : Quand l’industrie chimique craint un Reach bis…

[Édito] : Quand l’industrie chimique craint un Reach bis…

Plus d'articles