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Stratégie : Les grandes manœuvres de Mitsubishi Chemical

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Stratégie : Les grandes manœuvres de Mitsubishi Chemical

Depuis le début de l'année, le groupe japonais réorganise sa chimie de base. Dernièrement, Mitsubishi Chemical a annoncé son retrait du caprolactame et du styrène monomère, le transfert de ses activités polyamide à DSM en échange de polycarbonates, et une possible coentreprise avec Asahi Kasei pour une mutualisation de vapocraqueurs.
Depuis le début de l'année, le groupe japonais réorganise sa chimie de base. Dernièrement, Mitsubishi Chemical a annoncé son retrait du caprolactame et du styrène monomère, le transfert de ses activités polyamide à DSM en échange de polycarbonates, et une possible coentreprise avec Asahi Kasei pour une mutualisation de vapocraqueurs. Fin février, la décision était prise de cesser les productions d'acide téréphtalique au Japon et de ne produire qu'à l'étranger (CPH n°457). Et mi-avril, la presse japonaise évoquait des réflexions engagées sur un possible retrait du polystyrène et du PVC (CPH n°463). La semaine dernière, Mitsubishi Chemical a de nouveau enfoncé le clou avec trois nouvelles annonces qui visent à restructurer sa chimie de base. Dans un premier temps, la firme japonaise a annoncé son retrait de deux segments d'activités : le caprolactame et le styrène monomère. Une décision motivée par la perspective d'une compétition « de plus en plus intense » avec les productions bon marché issues du Moyen-Orient, et une baisse de la demande pour les produits pétrochimiques au Japon, selon le groupe. Mitsubishi Chemical envisage de fermer en mars 2010 deux usines japonaises dédiées à la production de caprolactame, matière première du nylon 6, sur les sites industriels de Kurosaki, près de Fukuoka et de Mizushima, près de Okayama. Au total, ces deux unités disposent de capacités de 60 000 tonnes par an de caprolactame, de 110 000 t/an de cyclohexanone et de 120 000 t/an de cyclohexane, pour un chiffre d'affaires global de 14 milliards de yens (102,4 M€). En mars 2011, Mitsubishi se retirera aussi de la production de styrène monomère, utilisé comme matériau de base pour les résines de polystyrène et ABS (acrylonitrile-butadiène-styrène), pour la mousse de polystyrène expansé, ou pour le caoutchouc synthétique. Le groupe fermera donc dans moins de deux ans son unité de production de Kashima, près d'Ibaraki (Japon), dont les capacités de production atteignent 371 000 t/an, pour un chiffre d'affaires de 47 Mrds ¥. Accord avec DSM d'ici à la fin de l'année Dans un second temps, Mitsubishi vient de s'engager avec DSM pour un échange d'activités. Le projet vise à céder son activité polyamide en échange de l'activité polycarbonate du groupe néerlandais. Pour l'heure, l'accord se limite à une lettre d'intention, mais un accord définitif est attendu avant la fin de l'année. Les deux activités échangées représenteraient chacune un chiffre d'affaires annuel de 90 M€. Mitsubishi Chemical y gagnerait des capacités additionnelles de polycarbonate et une présence accrue en Europe, où DSM produirait pour le groupe japonais des compounds de polycarbonate sur son site de Genk, en Belgique. En contrepartie, Mistubishi produirait pour le compte de DSM des compounds de polyamide sur son site japonais de Kurosaki. Par la suite, cette production pourrait être fusionnée avec la filiale DSM Japan Engineering Plastics du groupe néerlandais. “Le Japonais envisage la fermeture de deux usines de production de coprolactame en mars 2010.” Enfin, le rapprochement entre Asahi Kasei et Mitsubishi Chemical a bien été officialisé (CPH n°467) la semaine dernière. L'objectif est d'unifier et d'optimiser dans les trois ans à venir les opérations de leurs vapocraqueurs implantés à Mizushima. Selon les deux partenaires, « seule une unification des opérations de craquage du naphta permettrait de sécuriser une production optimum et efficace », et offrirait une « configuration managériale capable d'améliorer la compétitivité et la profitabilité ». Ce rapprochement est perçu par les deux groupes comme un « impératif » pour l'industrie pétrochimique japonaise. Laquelle doit prendre des mesures pour faire face au « déclin de la demande mondiale » et à la mise en route de « grandes unités pétrochimiques au Moyen-Orient ». Mitsubishi Chemical et Asahi Kasei réfléchissent ainsi à constituer à Mizushima une coentreprise pour la gestion de leurs deux vapocraqueurs, lesquels disposent de capacités respectives de 470 000 t/an et 450 000 t/an d'éthylène. La consolidation de ces deux vapocraqueurs est envisagée mais n'est pas encore décidée. En revanche, l'utilisation des dérivés de ces productions serait exclue de l'accord. Asahi Kasei utilise notamment le propylène pour produire de l'acrylonitrile, quand Mitsubishi Chemical le destine à la production de polypropylène. Julien Cottineau

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