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Stratégie/Les rumeurs de fusion entre Hoechst et Rhône-Poulenc s'accentuent

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Le domaine des sciences de la vie qui a vu ces derniers mois capoter plusieurs projets de fusion comme celui d'AHP/Monsanto ou Glaxo/SmithKine est de nouveau en effervescence. Les rumeurs de fusion entre Hoechst et Rhône-Poulenc, lancées au départ par le quotidien anglais Sunday Times, ont été confirmées, à demi-mot par les deux groupes. Premier effet de ces rumeurs : les deux titres qui étaient tombés très bas ont remonté. Le 16 novembre, l'action Hoechst cotait 79,10 DM (après être descendue jusqu'à 60 DM le mois dernier) et celle de Rhône-Poulenc 264,8 F (contre moins de 200 F au plus bas du mois d'octobre). Le nouvel ensemble pèserait (hors Rhodia et sans les activités chimiques d'Hoechst encore à vendre) environ 120 Mrds F sur la base des chiffres d'affaires 1997.
Soit le leader incontesté des sciences de la vie. La santé humaine représenterait environ 67 % de l'ensemble, la santé végétale 22 % et la santé animale 11 % (en comptant 100 % de Merial). En santé humaine, un tel ensemble se positionnerait, avec environ 80,5 Mrds F de CA (47,2 Mrds F pour Hoechst Marion Roussel et 33,3 Mrds F pour RP) au premier rang mondial,
au coude à coude avec Merck (79 Mrds F) et devant Glaxo Wellcome (76 Mrds F). Il prendrait, avec un CA de 26,5 Mrds F environ (13,9 Mrds F pour AgrEvo et 12,8 pour RP Agro) la place de numéro deux en santé végétale derrière Novartis
(29,8 Mrds F). En santé animale l'apport de Hoechst
(3 Mrds F) renforcerait la place de numéro un mondial de Merial, joint-venture 50/50 avec Merck (10,1 Mrds F). Les négociations en cours devront prendre en compte la position des deux principaux partenaires : Schering qui détient 40 % d'AgrEvo et Merck, actionnaire à 50 % de Merial. Ce qui pourrait entraîner quelques difficultés au niveau des discussions. Parmi les autres obstacles, figurent le siège social de l'ensemble, à choisir entre Paris et Francfort. Plus fondamental :
les cultures managériales des deux groupes sont sensiblement différentes des deux côtés du Rhin. HMR, filiale pharmaceutique du groupe allemand qui peine toujours à intégrer l'ancien Roussel-Uclaf s'en est déjà apercu. Enfin, pour être rentable, une telle fusion devrait réduire coûts et effectifs, ce qui pourrait poser certains problèmes d'ordre politique. L'opération pourrait en revanche être facilitée par le fait que les deux groupes sont, dans les sciences de la vie de taille comparable. Au niveau des activités, l'ensemble n'a pas franchement un profil idéal, certaines faiblesses risquant de s'additionner.
En santé humaine, les deux groupes ne sont pas assez présents en Amérique du Nord (24 % du CA de HMR et
30 % pour la pharmacie de Rhône-Poulenc). Le président de Hoechst avait d'ailleurs toujours indiqué qu'un éventuel partenaire devait apporter une forte présence dans cette région.
Le fait qu'HMR commence à peine à sortir d'une importante restructuration, liée à l'intégration des activités de l'américain Marion et de Roussel n'est pas non plus un élément favorable. HMR a en effet réduit le nombre de ses axes thérapeuthiques et concentré sa recherche et développement sur quelques sites. Au niveau des pipelines, les deux groupes ont également quelques faiblesses. Cependant Hoechst prévoit le lancement de six nouveaux produits d'ici à trois ans et vient de lancer aux Etats-Unis l'Arava pour le traitement de l'arthrite rhumatoide et l'Actonel contre l'ostéoporose. Parmi les produits existants, les deux groupes n'ont pratiquement aucun produit dépassant les 400 M$, à l'exception du Cardizem de Hoechst (ventes d'environ 5 Mrds F), un produit ancien, et du cardiovasculaire Lovenox/Clexane de Rhône-Poulenc (2,7 Mrds F en 1997). Au niveau des axes thérapeuthiques, on peut noter la force de Rhône-Poulenc dans l'oncologie avec notamment le Taxotère (1,5 Mrd F) et les nouveaux Campto et Granocyte. R-P est également
le leader mondial des vaccins (4,4 Mrd F). En asthme-allergologie, Rhône-Poulenc qui a hérité des produits de Fisons subit d'importants reculs (Azmacort, Intal, Tilade).
En revanche, le Nasacort marche mieux et surtout le
nouveau anti-allergique Allegra de HMR (plus de 2 Mrds F ( + 97 %) sur les neuf premiers mois de 1998. Dans le diagnostic, Hoechst devrait prendre le contrôle de Dade-Behring (8,5 Mrds F de CA), dont il ne détient actuellement que 32,5 %. Autre élément positif : les deux groupes réuniraient en revanche à eux deux une importante puissance de frappe au niveau du marketing. En santé végétale, les deux groupes ont des atouts comme la forte présence de R-P Agro dans les insecticides (32 % de ses ventes) avec son produit vedette le Fipronil. AgrEvo est bien placé dans les biotechnologies végétales avec le développement de plantes résistantes au glufosinate (herbicide). En revanche les deux groupes ne sont pas assez présents dans les fongicides (13 % du portefeuille d'AgrEvo et 21 % pour R-P Agro). Autre déséquilibre commun : les deux groupes sont trop faiblement présent aux Etats-Unis (20 % des ventes d'AgrEvo et 26 % pour R-P). n

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