Nous suivre Info chimie

Succès du Plant Based Summit

Avec près de 600 participants et une cinquantaine d'exposants, la conférence-exposition Plant Based Summit (PBS) qui s'est tenue à Lille les 8 et 9 avril a rencontré un grand succès. Cette manifestation à l'initiative de l'Association Chimie du Végétal (ACDV), en partenariat avec le groupe Infopro Digital, avait en effet choisi la région Nord-Pas-de-Calais pour organiser une troisième édition d'un rendez-vous bisannuel. COP21 oblige, PBS a été placée sous le signe de la bioéconomie. Des tables rondes ont été consacrées au sujet avec la venue d'intervenants internationaux. Il est clair qu'aux États-Unis, Barack Obama a fait de la bioéconomie une des priorités de son administration dès 2012, compte tenu du potentiel de croissance et de création d'emplois qui se cache derrière. Une des actions emblématiques est le Biopreferred Program du ministère de l'Agriculture qui favorise les produits biosourcés dans les achats publics. Plus récemment, l'Agricultural Act of 2014, plus connu sous le nom de Farm Bill, prévoit une aide de près d'un milliard de dollars aux agriculteurs américains. Au Brésil, l'économie repose déjà en grande partie sur l'exploitation de la biomasse, en particulier de la canne à sucre. Le gouvernement veut développer encore des territoires disponibles sans toucher à la forêt amazonienne (de quoi multiplier par six les surfaces exploitées). Du côté du Canada, on a estimé que « le sucre sera le brut du futur ». De par ses vastes étendues, le pays possède une très grande capacité de production de biomasse, assez diversifiée. Mais il travaille également sur la compétitivité de ses clusters industriels pour attirer des investissements étrangers.

 

 

« Les marques joueront un rôle essentiel dans le développement de la chimie du végétal »

 

En Europe, on retiendra que la Commission européenne a identifié ce gisement de croissance qu'est la bioéconomie. Elle a estimé que ce secteur représentait déjà plus de 2 000 Mrds € de chiffre d'affaires, employant plus de 22 millions de personnes, soit 9 % de l'emploi en Europe. Depuis 2012, une stratégie européenne pour une bioéconomie a été mise en place. Parmi les nombreuses initiatives, un partenariat public-privé européen, le Bio-Based Industries PPP, va permettre de financer des unités industrielles innovantes. Au niveau national, des pays comme l'Allemagne, la Finlande, les Pays-Bas ou le Royaume-Uni, ont déjà rédigé leurs stratégies. La France est un peu à la traîne. Un représentant du gouvernement a cependant confirmé qu'une feuille de route sur la bioéconomie était en cours d'élaboration. Puis, la question de l'impact de la baisse brutale des cours du pétrole sur le développement de la chimie du végétal a été largement discutée. Manifestement, en Europe, les commodités biosourcées auront peu de chance de s'imposer lorsqu'il s'agit de solutions drop-in pour lesquelles il existe déjà une version fossile (cas de l'éthylène ou de l'acide acrylique). Quelques commodités pourraient faire exception si leurs alternatives fossiles venaient à se raréfier (cas des C4). D'où l'intérêt de se tourner vers des spécialités apportant de nouvelles fonctionnalités.

Enfin, il est ressorti que les détenteurs de marques joueront un rôle essentiel dans le développement de la chimie du végétal. C'est le « market pull » (par opposition à la « technology push »). Coca-Cola, qui joue un rôle moteur depuis 5 ans avec ses Plant Bottle, aurait augmenté ses ventes de 12 % la première année de lancement. L'Oréal puise désormais 47 % de sa matière première dans le pool végétal. Tetrapack veut des emballages à 100 % biosourcés en 2020. Lego veut remplacer 100 % de son ABS en 2030. Et l'on pourrait citer Eiffage, Unilever, Ikea, Wallmart, Mitsubishi, Toyota... la liste des sociétés intéressées par le biosourcé ne fait que s'allonger.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

[Édito] : Chimie, la mal-aimée de l’Europe

[Édito] : Chimie, la mal-aimée de l’Europe

L’initiative n’est pas si courante pour qu’elle mérite d’être soulignée. France Chimie, l’organisation professionnelle qui représente les entreprises de la chimie en France, et son[…]

[Édito] : Pari digital réussi pour le 18e Village de la Chimie

[Édito] : Pari digital réussi pour le 18e Village de la Chimie

[Édito] : Grandes manoeuvres dans la chimie/pharma

[Édito] : Grandes manoeuvres dans la chimie/pharma

[Édito] : Le club fermé des chimistes producteurs de biotech

[Édito] : Le club fermé des chimistes producteurs de biotech

Plus d'articles