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Syngenta dans le viseur d'une ONG suisse

L.H.

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C'est une véritable crise médiatique pour le groupe phytopharmaceutique suisse. L'ONG helvète Public Eye accuse l'un de ses produits, l'insecticide Polo, d'avoir empoisonné pas moins de 800 ouvriers agricoles, entre juillet et octobre 2017, dans les champs de coton du district de Yavatmal (Inde). Plus de vingt d'entre eux seraient décédés, tandis que « bon nombre » auraient perdu la vue de manière temporaire. À l'échelle de la région de Vidarbha (Inde), Public Eye dénombre un total s'élevant à plus de cinquante morts. L'ancienne Déclaration de Berne reproche à Syngenta d'exporter vers les pays du Sud cet insecticide « interdit en Suisse depuis 2009 », mais aussi dans l'Union européenne. Sa substance active, le Diafenthiuron, serait en effet déclarée comme étant « toxique en cas d'inhalation » et pouvant « causer des dommages aux organes, suite à une exposition prolongée ou répétée » par l'Agence européenne des produits chimiques, rapporte l'ONG suisse. Cette dernière indique également qu'en octobre 2017, le ministre de l'Agriculture de l'État de Maharashtra (Inde) a annoncé qu'une enquête pour homicide volontaire avait été lancée contre Syngenta.

Aucun incident signalé en 14 ans

Face à cette série d'accusations, Syngenta se déclare tout d'abord être « profondément attristé et préoccupé par le décès et l'hospitalisation regrettables de travailleurs agricoles dans la région de Yavatmal, dans l'État du Maharashtra, à la suite de l'exposition présumée à des produits phytosanitaires », mais condamne « fermement les divers rapports incorrects et mensongers qui prétendent que notre produit de protection des cultures Polo serait responsable de ces incidents malheureux ». La société indique que l'insecticide « n'est pas interdit en Suisse - il n'est ni enregistré ni vendu dans le pays ». Il est en revanche enregistré en Inde par le Comité central d'homologation et de contrôle des insecticides. Aucun incident ni décès liés à son utilisation n'auraient été signalés au cours des 14 dernières années. Le groupe souligne cependant que des produits de plus de 30 fabricants autochtones et plus de 200 déclarants de formulation « Me Too » de la même composition sont également vendus sur le marché indien, souvent sous le même nom de Polo. Syngenta déplore que ces sociétés ne tiennent pas les mêmes engagements qu'elle. La société souligne qu'elle a été la première à réagir à l'incident, mettant à disposition des équipements de protection, dispensant des formations pour la manipulation sécurisée des produits et fournissant des traitements médicaux aux victimes. Des efforts reconnus par le rapport du groupe spécial d'investigation mis en place par le gouvernement du Maharashtra, suite à ces incidents. Syngenta déclare également avoir mené des programmes de formation de médecins et installé des cliniques de santé mobiles pour soutenir le traitement des agriculteurs touchés.

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