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Syngulon optimise le fonctionnement des micro-organismes

Aurélie Dureuil

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Syngulon optimise le fonctionnement des micro-organismes

Guy Hélin, p-dg et cofondateur de Syngulon

La société Syngulon, créée en 2013, développe des technologies pour améliorer la fermentation microbienne et se positionne sur le marché de la chimie du végétal et des biotechnologies industrielles.

« Mettre à disposition de l'industrie des souches efficaces et sûres », tel est l'objectif de la jeune société belge Syngulon. Créée en mars 2013, la société a attendu de sécuriser sa technologie par un brevet américain pour sortir de l'ombre. « La création de Syngulon nous a permis de déposer une demande de brevet auprès de l'USPTO. Le brevet a été publié en février 2015 », confirme Guy Hélin, p-dg de Syngulon. Car la technologie développée est présentée comme cruciale pour les procédés de biotechnologies industrielles. « Nous avons développé des technologies de sélection des micro-organismes dans les fermentations microbiennes. Nous voulons que seuls ceux qui font exactement ce qu'on veut survivent dans le milieu réactionnel », précise le dirigeant. La société entend ainsi mettre à profit les progrès faits dans le domaine de la santé et les adapter aux contraintes de la biologie de synthèse. « Tout ce qui a été développé pour améliorer la santé humaine est aujourd'hui abordable, comme le séquençage du génome. Cependant, dans le domaine de la pharmacie on travaille dans des conditions complètement stériles, ce qui limite les risques de contamination et d'échappement des micro-organismes », souligne Guy Hélin. Ce sont notamment ces différences auxquelles Syngulon apporte des réponses. « Nous recensons quatre problèmes auxquels nous allons répondre avec une seule technologie. Deux sont liés au milieu non fermé. Le premier est d'éviter que le micro-organisme mis au point ne puisse être pris par un concurrent et le deuxième concerne l'aspect de sûreté dans le cas où le micro-organisme sortirait de la zone. Les deux autres problèmes sont liés à la nécessité d'augmenter les rendements et de prévenir les contaminations par d'autres micro-organismes. Nous proposons un pare-feu génétique qui va tuer les micro-organismes dès qu'ils sortent de la zone de contrôle et lutter contre les contaminants, augmentant ainsi les rendements », détaille le p-dg.

 

Armer les micro-organismes

 

Le nom de ce pare-feu : bactériocine. « Ces gènes existent dans la nature. C'est une manière naturelle des bactéries de se défendre, de se protéger. On connaît ces bactériocines depuis longtemps. Elles sont notamment utilisées dans l'agroalimentaire », précise Guy Hélin. Syngulon propose ainsi « d'armer le micro-organisme du gène de bactériocine ». Pour cela, la société doit, dans un premier temps, connaître le besoin du client : augmentation de rendement, lutte contre des contaminants, sûreté, puis effectuer une analyse du milieu pour connaître les nutriments et les contaminants. « Pour éviter que la souche sorte du milieu réactionnel, nous allons rendre le micro-organisme dépendant d'un nutriment présent exclusivement dans la zone de contrôle. Si la bactériocine ne détecte plus cet élément, le micro-organisme perd son immunité et est détruit », cite Guy Hélin. À l'inverse, pour les contaminants, la société effectue une analyse des contaminants auxquels est confronté le micro-organisme en fonction des régions du monde, notamment. « Pour pouvoir lutter contre les contaminants, il faut les connaître. Nous effectuons une analyse fine qui dépend du lieu de production, de la saison... Les bactériocines vont ensuite aller tuer ces contaminants », explique le dirigeant. S'il n'a pas encore d'exemple de technologies déjà implémentées, il rappelle les travaux de George Church de l'université d'Harvard (Boston) dans ce domaine et qui font état d'amélioration de rendement jusqu'à 30 fois.
 

Après un an à améliorer sa technologie tout en attendant d'avoir sécurisé sa propriété intellectuelle, l'entreprise belge propose aujourd'hui son offre de services et de licences non exclusives afin de « moduler l'immunité des micro-organismes en fonction de l'objectif industriel », selon le dirigeant. Si aucun contrat n'a encore été signé, Guy Hélin confie être en contact avec « différents industriels de toutes tailles ». Et la société composée de ses deux cofondateurs cherche maintenant à lever des fonds afin de poursuivre son développement. Ces fonds permettraient de « financer un certain nombre d'activités de recherche, avoir notre propre laboratoire pour faire de la construction génétique et continuer la prospection », conclut Guy Hélin.

Syngulon en bref
  • Mars 2013 : création de Syngulon
  • Août 2013 : demande de brevet aux États-Unis
  • Effectif : 2 (les cofondateurs : Guy Hélin et Philippe Gabant)
  • Financement : environ 150 000 € en fonds propres

 

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