Nous suivre Info chimie

Terres rares: consolidation chinoise

Julien Cottineau

Sujets relatifs :

, ,
La Chine poursuit sa marche en avant dans le domaine des terres rares. Le gouvernement chinois continue de consolider un marché local jugé trop disparate et éparpillé, et vient de constituer un nouveau géant, dans la province du Jiangxi, dans le sud-est du pays.

Baptisé Ganzhou Rare Earth Group et détenu par l'État, il regroupe le principal acteur local, Ganzhou Rare Earth Mineral Industry, avec l'ensemble des sociétés de la région impliquées dans les terres rares. De quoi composer un acteur de poids. En 2012, le chiffre d'affaires de l'ensemble de cette industrie dans la région avait atteint 34 milliards de yuans (4,3 Mrds €). Soit environ le tiers des ventes de l'ensemble de l'industrie chinoise des terres rares l'an passé. La région de la ville de Ganzhou, où est basé le nouveau géant, représente 36 % des réserves en Chine, exploitées de façon massive depuis la fin des années 70. Désormais, Ganzhou Rare Earth est seul en charge dans la région de toutes les opérations de forage, de récupération, de traitement et de commerce des terres rares.

« Le second géant chinois des terres rares »

Il s'agit du second géant chinois du secteur. Il y a un an, la Chine avait démarré cette phase de consolidation avec la création d'un mastodonte, basé en Mongolie intérieure, au nord du pays. Inner Mongolia Baotou Steel Rare-Earth Hi-Tech, déjà n°1 avant l'opération, avait absorbé d'abord 14 sociétés locales. Puis 12 autres avaient rejoint son périmètre fin 2012. Ces 26 sociétés ont accepté de céder chacune 51 % de leur capital gratuitement, le géant offrant la gestion des productions et de l'ensemble des opérations. Et ce ne serait pas fini car il pourrait aussi englober les sociétés implantées dans des régions voisines comme le Gansu, le Sichuan ou le Shandong. Selon le ministère chinois du Commerce, Inner Mongolia Baotou Steel Rare-Earth Hi-Tech compte déjà à lui seul pour la moitié des productions mondiales annuelles de terres rares légères, en l'occurrence les moins rares parmi les 17 éléments compris sous l'appellation terres rares.
 

Cette consolidation est stratégique pour la Chine. Ces dernières années, elle fait la pluie et le beau temps sur ce marché mondial. Avec seulement 23 % des réserves mondiales connues, le pays détient 95 % de la production de terres rares, utilisées dans des secteurs high-tech et stratégiques (électronique, défense, automobile, énergies renouvelables... ). Grande consommatrice elle-même pour son industrie manufacturière, la Chine n'a cessé ces dernières années de réduire ses quotas de terres rares à l'export, tombés de plus de 65 000 tonnes en 2005 à environ 30 000 t/an depuis 2010. Pour 2013, la première salve de quotas annoncés s'élève à 15 501 t/an. Ces dernières années, grâce à une demande mondiale exponentielle faisant bondir les prix, la production chinoise s'est emballée et les acteurs locaux se sont multipliés. Jusqu'à faire chuter les prix, d'où la limitation des quotas et même des productions, pour reprendre la main sur le marché et les bénéfices. Fâchant au passage les grands consommateurs internationaux comme le Japon, les États-Unis et l'UE qui ont, l'an dernier, engagé une action auprès de l'OMC. La consolidation du secteur a ainsi pour objectif principal de mieux contrôler et réguler cette industrie chinoise. Et également de faire un sérieux ménage parmi les acteurs et les modes de production. Car, face à des procédés souvent très polluants, le gouvernement a pris la mesure des dégâts sur l'environnement qu'a déjà causé une exploitation excessive et peu coordonnée.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

[Édito] : Cap sur le vapocraquage neutre en carbone

[Édito] : Cap sur le vapocraquage neutre en carbone

Comme tout grand acteur mondial de la pétrochimie, Dow doit se placer sur la bonne trajectoire pour atteindre la neutralité carbone en 2050, tout en délivrant de la croissance et de la valeur à ses actionnaires.[…]

[Édito] : Fin de mois surbookée pour la chimie du végétal

[Édito] : Fin de mois surbookée pour la chimie du végétal

[Édito] : Les prémices d’une réindustrialisation

[Édito] : Les prémices d’une réindustrialisation

[Edito] Décarbonation : A chacun son chemin

[Edito] Décarbonation : A chacun son chemin

Plus d'articles