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THIERRY LE HÉNAFF, P-DG D'ARKEMA « L'avenir est dans une chimie régionale et intégrée. »

Juliette Badina
THIERRY LE HÉNAFF, P-DG D'ARKEMA « L'avenir est dans une chimie régionale et intégrée. »

© © Arkema

L'Europe se désindustrialise lentement au profit des zones de croissance. Les grands industriels de la chimie y contribuent. Seules des activités très innovantes qui vont dans le sens du développement durable ont des chances de se maintenir.

« Il est clair qu'il n'y aura pas de délocalisation massive de la chimie vers l'Asie, mais plutôt un développement régulier des implantations dans cette zone géographique pour servir le marché local. Je ne crois pas non plus à un départ massif de toute la pétrochimie vers le Moyen-Orient, qui représenterait trop de contraintes en termes de logistique, et donc d'accès à certains marchés. La chimie a encore toute sa place en Europe, la pétrochimie également à condition qu'elle soit compétitive. Il n'y a pas d'économie forte sans industrie forte. Et pas d'industrie forte sans chimie forte. Je crois en une chimie régionale et intégrée de la pétrochimie à la chimie de spécialités. Chaque zone doit produire pour son propre marché. Faire voyager les produits chimiques à travers le monde n'est pas une fatalité. Il est préférable de maintenir des implantations là où il y a des besoins. Tous les pays européens ont leur carte à jouer dans cette évolution, mais il n'y aura pas que des gagnants. Quelques pays vont se dégager et la concentration de la chimie se fera vers les meilleurs sites européens. Concernant la France, plusieurs grands facteurs sont à prendre en compte. Des réglementations franco-françaises, comme la taxe carbone, et les différences de taxation avec d'autres pays européens, rendent la compétition plus difficile. Dans le concert chimique européen la France doit s'étalonner notamment par rapport à l'Allemagne qui tire son épingle du jeu, avec de grandes plateformes, et de bonnes infrastructures. Mais la France a sa carte à jouer, l'innovation (le Crédit Impôt Recherche et les pôles de compétitivité), une recherche orientée développement durable et la qualité de nos réseaux universitaires sont nos forces. Encore faut-il se donner les moyens de réussir le passage à l'industrialisation et d'accompagner les évolutions de l'industrie chimique. Pour percer, il faut être innovant, mettre en place une réglementation favorable, et investir dans la logistique, avec la création de pipelines et de réseaux efficaces de transport. »


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