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THIERRY STADLER, DIRECTEUR GÉNÉRAL DU PÔLE IAR «Je ne pense pas que les pôles de compétitivité soient des outils éphémères.»

Sylvie Latieule
THIERRY STADLER, DIRECTEUR GÉNÉRAL DU PÔLE IAR «Je ne pense pas que les pôles de compétitivité soient des outils éphémères.»

© © I. A. R.

Ils ont ouvert la voie d'une meilleure coopération entre différents mondes qui ne se côtoyaient pas. Prochaine étape, un accompagnement à l'international des projets qui ne doivent pas rester au stade franco-français.

« Ce qui fait aujourd'hui le succès d'un pôle de compétitivité comme Industries et Agroressources (IAR) c'est d'avoir réussi à entrer dans une logique de filière autour de la chimie du végétal. Nous avons réussi à proposer un décloisonnement entre les producteurs de biomasse, les premiers transformateurs, les chimistes et les utilisateurs aval. Ce sont des acteurs qui ne se connaissaient pas et qui ne souhaitaient pas forcément collaborer. En effet, les projets de pôles, comme dans le cas du projet Futurol de biocarburant de 2e génération, mettent souvent en présence des sociétés concurrentes sur leurs marchés. Mais compte tenu de l'enjeu stratégique et de la compétition internationale, ils se sont rendu compte qu'il valait mieux se mettre ensemble. C'est une nouvelle culture pour la France. Et à ce titre, je ne pense pas que les pôles de compétitivité soient des outils éphémères. C'est un concept durable. Certes, les pôles de compétitivité n'auront peut-être pas le même format dans le futur. Des ajustements seront à prévoir. Mais je reste optimiste. Il est probable, par exemple, que des pôles vont se regrouper pour essayer de lancer des actions sur de nouveaux marchés sur le plan national ou à l'international. IAR s'est d'ailleurs déjà engagé dans cette voie. Nous souhaitons avoir la taille suffisante pour entraîner les acteurs du pôle à l'international et jouer la carte de l'attractivité territoriale. Nous jouons la carte d'États-Unis et du Canada. Des entreprises de ces deux pays peuvent chercher des têtes de pont en France pour développer leurs activités. Dans un pôle, la dimension de projet est la plus visible, mais il y a aussi une dimension d'aménagement du territoire et une réflexion sur la relocalisation d'entreprises et d'outils qui vont permettre de promouvoir et stimuler la recherche française. Dans le cas de la chimie du végétal, nous sommes sur un marché en émergence. Il faudra donc attendre un horizon de trois à cinq ans pour voir les premières retombées industrielles. Il existe déjà une forte demande en produits issus du végétal du côté des utilisateurs dans le domaine de la construction et du bâtiment. D'où une plus grande maturité dans le développement des projets sur les agromatériaux. Mais dans un deuxième temps, nous verrons émerger des applications dans la chimie à travers la production de nouveaux synthons ou intermédiaires chimiques. Toutes ces nouvelles productions se feront au cœur de bioraffineries qui associeront des outils de biotransformation de la matière végétale et des outils de production chimique. Reste que la prise de risque est importante dans ce secteur de la chimie du végétal. On croise de nouvelles technologies avec de nouveaux marchés et les industriels de la chimie peuvent se montrer réticents à investir massivement. Heureusement, la poussée sociétale va amener à la mise sur le marché de nouveaux produits d'origine végétale. De son côté, la recherche avance, en particulier dans les biotechnologies industrielles, et la biologie synthétique nous ouvre de nouveaux horizons. Le grand emprunt devrait apporter le coup de pouce supplémentaire pour faire émerger des projets de très grande dimension sur la chimie du végétal, apportant ce volet démonstration qui concourra au développement de cette nouvelle filière de croissance verte. »


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