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Toray étudie des investissements à Lacq

Julien Cottineau

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La société Soficar est maintenant contrôlée à 100 % par le groupe japonais. Seul site européen de Toray pour les fibres de carbone, l'usine pourrait bénéficier d'investissements, comme une potentielle unité de polyacrylonitrile.

Le chimiste japonais avance doucement ses pions dans le bassin de Lacq (Pyrénées Atlantiques). Même si, pour l'heure, rien n'est définitivement acté, et que les rumeurs de très larges investissements parues dans la presse fin 2011 seraient « farfelues », selon un porte-parole du groupe. Début janvier, Toray a fait toutefois un premier pas en s'octroyant la totalité du capital de Soficar. Fondée en 1982 dans le cadre d'une coentreprise détenue à 65 % par Elf Aquitaine et 35 % par Toray, cette société était passée en 1988 sous le contrôle du groupe japonais, jusqu'à 70 %. Aujourd'hui, Toray a acquis les 30 % restants qui étaient aux mains d'Arkema, dans le cadre d'une transaction dont le montant n'a pas été divulgué. Implanté à Abidos, dans le bassin de Lacq, Soficar sera renommé Toray Carbon Fibers Europe et servira de plateforme européenne pour les fibres de carbone et matériaux composites du groupe. Celui-ci étudie actuellement la possibilité d'investir sur ce site, le seul de ce genre qu'il possède en Europe, via la construction d'une unité de polyacrylonitrile, matériau précurseur pour les productions de fibres de carbones de Soficar. « Le premier projet concerne une intégration de l'amont, donc de la production de polyacrylonitrile qui est aujourd'hui importé du Japon pour nos productions », explique la direction, qui évoque un investissement éventuel « d'une centaine de millions d'euros ». Avec à la clé, d'éventuelles créations d'emplois, de l'ordre de plusieurs dizaines. Cette potentielle unité de polyacrylonitrile pourrait être construite sur la plateforme IndusLacq, en raison du classement Seveso de ce type de production, et non directement sur le site de Soficar, qui est distant de seulement 1 kilomètre. Aucun calendrier n'est fixé puisque que le projet n'est pas encore acté. Au-delà, les potentiels investissements de Toray dans le bassin de Lacq sont plus flous.

Les applications dans l'aéronautique


Soficar recense 330 salariés, et estime à 184 millions d'euros son chiffre d'affaires 2011, contre environ 130 M€ en 2010. Une progression qui serait due à la reprise du marché post-crise et à de nouveaux débouchés sur des marchés, en particulier dans l'aéronautique, selon un porte-parole de Soficar. Actuellement, l'usine dispose de capacités de 5 200 tonnes par an de fibres de carbone, réparties en cinq lignes de production. Des composites, comme des profilés pultrudés, sont également produits sur le site. La société commercialise des tissus pré-imprégnés fabriqués au Japon et destinés notamment au secteur aéronautique. Avec la demande de plus en plus forte de matériaux composites dans les avions de nouvelle génération, Toray perçoit des débouchés très prometteurs. Comme notamment avec le dernier-né des Boeing, le 787, premier avion commercial au monde dont les matériaux composites représentent 50 % du poids. A proximité de Lacq, la présence d'Airbus, qui a largement garni son carnet de commandes en 2011, est également très attractive. En 2010, Toray avait d'ailleurs signé un accord sur une durée de 15 ans avec EADS pour fournir à Airbus des tissus pré-imprégnés (CPH n°508). Les applications aéronautiques ont représenté 27,7 % des ventes de la division Fibres de carbone et matériaux composites de Toray lors de son dernier exercice fiscal (clos fin mars 2011). Soit le plus important débouché devant les applications industrielles (25,5 %) et celles dans le domaine des équipements sportifs (13,8 %). Cette division devrait afficher des ventes de 80 milliards de yens (environ 820 M€) sur la période 2011-2012, contre 67,7 Mrds ¥ l'an passé, selon Toray. Stratégiquement, Soficar tient une place de choix dans le dispositif industriel du groupe japonais pour cette division puisque c'est sa seule implantation industrielle en Europe. Toray détient des unités similaires (voir graphique) aux États-Unis et au Japon, où une augmentation des capacités de 1 000 t/an sera mise en service en septembre prochain. Enfin, le chimiste construit une unité de 2 200 t/an à Gumi, en Corée du Sud, qui doit démarrer ses productions début 2013.



Les capacités mondiales en fibres de carbone de Toray, en tonnes par an.

Source : Toray

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