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Total acquiert Saft et veut se séparer d'Atotech

Par Julien Cottineau

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Le géant français a annoncé le rachat du producteur français de batteries Saft, pour un potentiel de 950 M€. Dans la foulée, Total s'apprête à se désengager d'avec Atotech, un de ses derniers fleurons et actifs de la chimie de spécialités.

Total s'engage dans deux opérations distinctes. D'une part, il acquiert le producteur de batteries français Saft. D'autre part, il s'apprête à mettre en vente sa filiale Atotech. Cette seconde information a été révélée lors de l'annonce du projet de rapprochement avec Saft, même si les deux opérations ne seraient pas liées, l'une n'empêchant pas l'autre.

Avec la cession d'Atotech, Total continue son désengagement de la chimie de spécialités. Selon la presse française et internationale, le projet de mise en vente est en cours pour la filiale du groupe centrée sur les systèmes de production intégrés, de produits chimiques, d'équipements, d'expertise et de services pour le traitement de surfaces fonctionnel et décoratif, les semi-conducteurs et la fabrication des circuits imprimés. Une cession pourrait intervenir dans les prochains mois, voire même avant la fin de l'année. Comme pour Bostik, qui a intégré Arkema début 2015, « nous aurons le souci de trouver pour Atotech un acquéreur qui s'engage à pérenniser sa trajectoire », a précisé Patrick Pouyanné, le p-dg de Total, dans un entretien au Figaro.

 

Atotech sert une multitude de marchés

 

Atotech est une entité de 4 000 salariés, présente dans 40 pays avec des sièges régionaux à Berlin (Allemagne), Yokohama (Japon) et Rock Hill (États-Unis). Elle dénombre 15 sites de production dans le monde, en Europe (Allemagne, République tchèque, Slovénie, Espagne), en Asie (Japon, Chine, Taïwan, Corée du Sud, Inde et Singapour) et aux Amériques (États-Unis, Canada, Brésil et Mexique), ainsi que 12 centres de R&D sur ces trois continents. Atotech, qui a généré un chiffre d'affaires de 1,09 milliard de dollars (environ 1 milliard d'euros) en 2015, sert une multitude de marchés, de l'automobile à l'électronique grand public, de la construction au pétrole et gaz, de l'aérospatial à l'électroménager, entre autres.

Depuis le spin-off d'Arkema en 2004, à qui il a cédé Bostik, l'an dernier, mais aussi des résines de revêtement et des acrylates pour la photoréticulation en 2011, Total n'a cessé de se désengager de tout ce qui n'était pas pétrochimique et donc non intégré à ses activités en amont. Comme avec la cession de CCP Composites (résines polyester insaturé, esters de vinyle) à Polynt en 2014, ou de GPN (engrais) à Borealis en 2013. Une fois Atotech cédé, il ne restera à Total, hors pétrochimie, que sa filiale Hutchinson, centrée sur les systèmes d'isolation, l'étanchéité, le transfert des fluides, la transmission et la mobilité (4,26 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2015). Mais la société Hutchinson continuerait d'être considéré comme stratégique par le géant français.

 

Total, leader des batteries de haute technologie

 

En parallèle, Total poursuit sa diversification vers les énergies renouvelables et l'électricité, un virage récemment entamé, notamment avec l'acquisition du fabricant de panneaux solaires Sunpower en 2011. Ainsi, le groupe français est engagé dans l'acquisition de son compatriote, Saft Groupe. Une offre publique d'achat a été menée auprès de l'Autorité des marchés financiers pour l'acquisition de la totalité du capital, au prix de 36,50 € par action. Ce qui représente un potentiel de 950 millions d'euros. Soit un premium de 38,3 % sur le cours de l'action le 6 mai, et de 41,9 % sur les six derniers mois. Au terme de cette OPA, Total a acquis 97,12 % du capital du groupe Saft. « L'adossement de Saft Groupe à Total permettra à Saft de devenir le fer de lance du groupe dans le secteur du stockage d'électricité », selon Patrick Pouyanné.

L'acquisition doit permettre à Total, toujours selon son dirigeant : « d'intégrer dans notre portefeuille d'activités des solutions de stockage d'électricité, compléments indispensables à l'essor des énergies renouvelables ».

Le groupe Saft, qui a généré un chiffre d'affaires de 759 millions d'euros en 2015, se présente comme le leader mondial des batteries de haute technologie, notamment pour les secteurs de la défense et de l'espace. Il produit des batteries à base de nickel, au lithium primaire, des batteries lithium rechargeables et des systèmes batteries. Saft recense 4 100 salariés au total dans le monde et est présent dans 19 pays.

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